28 mars 2026
A Franxault, Emilie Vachet, céréalière, multiplie les activités complémentaires pour garantir des revenus convenables. A partir du mois d’avril, elle se lance dans la location de tiny house avec le soutien de la plateforme Parcel.
Du blé, de l’orge, du colza, du soja ou encore du maïs, Emilie Vachet, céréalière à Franxault, complète ses revenus avec une activité de pension équestre tout au long de l’année. « Les chevaux restent au pré toute l’année. Pour cette activité, le travail est plus important en hiver, lorsqu’ils se mettent sous l’abri, au moment où c’est plus calme dans les champs.» Malgré cette double activité, l’agricultrice a décidé de diversifier encore ses revenus. « J’étais intéressée par l’idée d’un Airbnb ou l’installation d’une roulotte alors quand j’ai vu un post sur les réseaux sociaux qui présentait Parcel Tiny House, j’ai aimé l’idée que ce soit la plateforme qui investisse. Je n’avais pas d’argent à sortir. »
Installée le 6 avril prochain à l’arrière de son exploitation pour l’isoler au plus près de la nature, dans un pré qui se destine à accueillir des chevaux, la tiny house recevra ses premiers visiteurs dès le 10 avril. Dans cette maisonnette de 18 mètres carrés, ils trouveront le confort nécessaire à commencer par des sanitaires intégrant une douche et des toilettes sèches sans sciure, mais aussi un frigo et des plaques électriques. Autonome en eau, le logement sera relié au réseau électrique quand d’autres profitent de panneaux solaires. L’investissement, 50 000 euros, est pris en charge par la plateforme Parcel Tiny House, qui gère également la commercialisation et la communication. « Nos agriculteurs s’occupent du ménage et de la blanchisserie. Nous les formons aux rudiments de l’hôtellerie » précise Géraldine Boyer qui a fondé la plateforme en 2020. L’accueil des visiteurs est quant à lui autonome par l’intermédiaire d’une boite à clés.

Money, money, money …
En échange de cette prestation, les agriculteurs reçoivent une rémunération qui équivaut à un pourcentage des nuitées facturées. « Les revenus varient de 5 000 à 12 000 euros par an selon la localisation et la période » complète Géraldine Boyer tandis que les estimations faites à Emilie Vachet lui laissent espérer une moyenne annuelle comprise entre 7 000 et 8 000 euros avec un contrat de quatre ans. En complément, les exploitants peuvent proposer des extras, que ce soit des repas à base de produits locaux ou des activités. « L’argent n’est pas la seule motivation pour les agriculteurs mais ces revenus complémentaires allègent le risque de l’impact du climat sur leurs récoltes. C’est aussi une façon de les sortir d’un certain isolement » souligne Géraldine Boyer. Pour partager son métier, Emilie Vachet envisage de faire découvrir aussi bien le travail auprès des chevaux que celui des champs. « J’ai bloqué la période de mi-juin à mi-juillet pour ne pas avoir d’extras afin de me consacrer aux moissons » sourit l’agricultrice de Franxault. Seule sur son exploitation, elle reconnait que sa mère, à deux pas, pourra venir lui prêter main forte dans les périodes de rush.

Pas de profil type
Alors que la plateforme Parcel Tiny House a enregistré 5 000 nuitées en 2025 grâce à sa quarantaine de logements répartis dans tous l’Hexagone, Emilie Vachet est la première de Côte-d’Or a tenté l’aventure. « La moitié de nos agriculteurs sont de nouveaux exploitants, l’autre moitié relève plus d’exploitations qui se transmettent de génération en génération. Tous mettent un bout de terrain à disposition. Nous avons des viticulteurs, des éleveurs, mais Emilie est notre première céréalière ! » Bien que la plateforme reçoive près de 150 nouvelles demandes chaque mois, elle recherche toujours de nouveaux agriculteurs désireux d’installer une tiny house. « Malheureusement, certains projets n’aboutissent pas car il faut une autorisation d’urbanisme même si la tiny house reste mobile sur sa remorque pendant toute la période. »
Nadège Hubert