20 mai 2026
Un village sans café, c’est un peu comme un gâteau sans glaçage : c’est bon, c’est joli, on se régale aussi, mais il peut donner l’impression qu’il manque un petit quelque chose pour que le dessert soit complet. À Missery, les élus ont décidé dès 2020 d’apporter cette cerise sur leur gâteau en cherchant à rouvrir le café fermé de longue date. Cet été, chacun devrait pouvoir s’y retrouver et s’en payer une tranche.
Le charme opère vite en arrivant à Missery Un village fleuri, récompensé de trois fleurs ; des maisons aux murs en pierres apparentes et un château qui contribuent à ce que certains visiteurs comparent la commune à un petit village anglais. Sur la route d’Arnay-le-Duc, les 107 habitants profitent de leur environnement mais regrettent de ne pas pouvoir se retrouver dans un lieu commun pour échanger sur leur cadre de vie… Enfin, pour l’instant.
En effet, depuis 2020, la maire, Rosine Lechaton, et son équipe s’emploient à redonner vie au café du village, fermé depuis 1985. « Nous voulions monter un café-épicerie alors nous sommes allés voir le lieu. Nous avons un peu pris peur en poussant la porte et en évaluant l’investissement pour l’achat et les travaux. » Accompagnée par le CAUE de Côte-d’Or, gratuitement, la mairie s’est sentie épaulée et a pu s’appuyer sur la note d’orientation préparée par l’organisme pour mener ses réflexions.

Savoir s’adapter
« Nous avons ensuite envisagé de transformer la chapelle, jamais consacrée, pour en faire un café. » Une enquête menée auprès des habitants, par écrit pour cause de Covid, a montré que si la majorité était favorable à l’idée, le projet ne séduisait pas complètement. Les élus ont fini par renoncer mais le café n’était pas abandonné pour autant.
En plus du CAUE, toujours présent en soutien, notamment pour choisir un architecte de Saulieu, la commune s’est attaché les services de la CCI de Côte-d’Or afin de mener une étude de faisabilité du projet. En trois mois environ, la chambre consulaire a présenté ses conclusions, faisant ressortir qu’un emploi dans un café-épicerie à Missery convenait en complément d’une autre activité mais restait insuffisant pour un temps plein. « La CCI nous a également aidé pour la recherche de subventions et pour le recrutement d’un gérant. »
En parallèle, le prix de vente de l’ancien café a été revu à la baisse, encourageant le conseil municipal à en faire l’acquisition. Pour financer l’achat, les élus ont décidé de vendre un logement communal qui nécessitait des travaux conséquents.

Tous convaincus de l’intérêt
« L’objectif de ce café, épicerie de dépannage et de produits locaux, dépôt de pain, et relais colis, était non seulement de répondre aux besoins des habitants mais aussi de créer du lien avec un lieu dans lequel la population se retrouve. » Avec les conseils de la CCI, la maire et son équipe ont réussi à réunir 80 % de subventions. Le projet a été majoritairement financé par la DETR et le conseil départemental, mais a aussi reçu le soutien du SICECO, du conseil régional et de l’ANCT. « Nous attendions d’avoir toutes les subventions pour lancer le projet car on voulait être sûrs de pouvoir payer. » Le permis de construire a finalement été déposé en juin 2024 et les travaux initiés en septembre 2025 pour une durée estimée de huit mois. Au cours des travaux, les élus ont dû se confronter à quelques imprévus conduisant à refaire la charpente ou encore la toiture. « Nous avons fait des arbitrages pour réaliser ces travaux, comme renoncer au logement initialement prévu au-dessus », précise Rosine Lechaton qui complète : « On a réduit le projet au maximum. »

Le bout du tunnel
Il restait une dernière étape à franchir : trouver la bonne personne pour gérer l’établissement. Grâce à SOS Village, Missery a reçu plusieurs candidatures venues de toute la France, mais qui n’ont pu aboutir. « Finalement, nous avons reçu une candidature spontanée locale d’une personne qui a entendu parler du projet par le bouche-à-oreille. » Installée dans un village voisin, elle cherchait à compléter ses revenus.
Du mercredi après-midi au dimanche, la future gérante ouvrira Le Comptoir pour accueillir les habitants à l’année et occasionnels, mais aussi les habitants des environs, une clientèle de passage ou encore les randonneurs qui déboucheront du sentier juste en face. Malgré les difficultés à transformer cette volonté en réalité, en raison des délais administratifs, des normes imposées ou encore des imprévus de chantier, Le Comptoir devrait ouvrir au début de l’été 2026.
Nadège Hubert
La question en plus : Et le projet de transformer la chapelle est-il tombé à l'eau Madame la maire ?


