Venu écouter la filière sylvicole à l’occasion d’une visite à Agey, le ministre délégué chargé de la transition écologique, Mathieu Lefèvre, a plaidé pour une simplification des procédures et un plus grand discernement dans les contrôles.
Après une sortie en forêt d’Agey pour découvrir une parcelle dans toute sa diversité et sa complexité à travailler, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, a souhaité rencontrer les professionnels de la filière dans un « échange sans tabou » organisé dans la salle municipale. Ce déplacement a été l’occasion de lui présenter le poids de la filière bois en région avec ses 23 500 emplois, son milliard d’euros de chiffre d’affaires, ses 450 entreprises de travaux forestiers ou encore ses 1 600 entreprises de transformation du bois. La filière a surtout profité de cette visite pour mettre en lumière les nombreuses difficultés qu’elle rencontre.

Si l’attractivité des métiers et la nécessité de renouveler les équipes posent problème malgré une offre de formation présente, les professionnels de la sylviculture ont insisté sur le poids des réglementations. « Nous avons besoin de sécuriser les travaux forestiers, ils sont indispensables pour développer la filière. Sans exploitation forestière, on ne pourra pas décarboner notre société », a notamment souligné Anne Duisabeau, présidente de France Bois Forêt. « Les exploitants sont inquiets, la réglementation représente une catastrophe pour les petites structures qui n’ont pas le temps d’aller chercher les nouveaux points réglementaires », a complété Denis d’Herbomez, président adjoint de la fédération nationale du bois.
Les professionnels de la filière ont aussi regretté des différences d’interprétation des textes qui peuvent les mettre en porte-à-faux, tandis que d’autres parts ils sont régulièrement victimes d’écoterrorisme. « Laissez-nous travailler », ont simplement demandé les acteurs de la sylviculture.
Réponse de ministre
« Cet appel ne peut pas rester sourd », a répondu le ministre Mathieu Lefèvre, en charge de la transition écologique. Le représentant de l’État a plaidé pour une simplification afin de lever certains dysfonctionnements. Il a ainsi annoncé un moratoire sur le cahier des charges auquel sont contraints les professionnels, mais aussi la création d’un guide des bonnes pratiques élaboré par l’OFB et le CNPF. « Il pourra être opposable par une entreprise. Si elle a suivi le guide, elle n’aura pas à demander de dérogation pour les espèces protégées. L’enjeu est de rendre les travaux forestiers plus lisibles, plus clairs et mieux proportionnés. » Les mesures seront ainsi standardisées pour faciliter le travail de la filière.

Le ministre souhaite également que les contrôles de l’OFB fassent preuve de plus de discernement. « Productivité et compétitivité ne sont pas des gros mots, mais ils doivent être conciliés avec la biodiversité. Il faut prôner le dialogue plutôt que la verbalisation. » Enfin, Mathieu Lefèvre a profité de sa visite pour signer quatre annexes vertes visant à simplifier l’approbation des documents de gestion de la forêt privée par les CRPF.
Concernant le vandalisme dont sont victimes les acteurs de la forêt, le ministre a précisé qu’il s’agit de délinquants qui ne connaissent pas grand-chose à l’environnement, à l’économie ou à l’agriculture, tandis que la préfète a rappelé qu’elle place la sécurité en haut de ses priorités.
Nadège Hubert
