À l’invitation du CAUE de Côte-d’Or, une quinzaine d’élus venus des quatre coins du département ont participé à une première journée de formation consacrée au paysage. Une façon pour eux de mieux comprendre et agir dans le cadre de l’évolution de leur territoire.
Chaque jour, les décisions des élus locaux impactent leur territoire et donc leur paysage. « Ce sont les premiers acteurs de l’aménagement du territoire, de la parcelle privée pour laquelle ils donnent une autorisation au grand projet public qu’ils mènent », résume Julie Lestage, directrice adjointe et paysagiste du CAUE de Côte-d’Or. L’organisme départemental a organisé une première journée de formation ouverte à 15 élus locaux autour de la thématique du paysage, qui se déroulait le 4 juin dernier à Leuglay. Une seconde journée s’est tenue le 11 juin à Épagny.
Destinée aux nouveaux élus autant qu’à ceux qui ont été renouvelés dans leur fonction, la formation avait pour but de leur montrer leur rôle sur les enjeux du territoire mais aussi d’avoir une vision transversale de leur politique sur leur environnement, qu’elle concerne l’énergie, l’habitat ou même l’agriculture. « Il faut que les élus aient le réflexe paysage. Nous intervenons pour leur apporter une méthode pour construire leur projet et être accompagnés techniquement ou financièrement. »

Confronter la théorie et la pratique
Première adjointe au maire de Larrey, moins de 100 habitants, où elle occupe son premier mandat, Catherine Miraton faisait partie des 15 élus participants. « J’allais chercher des conseils, des outils, de la connaissance pour accompagner l’évolution et la qualité de notre cadre de vie. » Après avoir défini la notion de paysage, les élus ont étendu leur regard sur le sujet, y intégrant le bruit, les odeurs et les sensations qu’un paysage est capable de susciter. « Le paysage, c’est ce qui fait que l’on se sent bien dans un endroit », selon l’élue locale. « Grâce au CAUE, nous avons reçu des informations importantes pour nous emparer du sujet et trouver l’équilibre et l’harmonie qui font qu’un village est attractif et agréable à vivre tout en s’inscrivant dans son temps. »

Après un travail en atelier, les participants ont suivi les équipes du CAUE dans les rues de Leuglay pour avoir des exemples concrets sur le terrain. « Les élus de la commune ont fait un retour d’expérience sur le réaménagement de la place qui a été pensé avec les habitants. C’était un bon cas d’école », explique Julie Lestage. La directrice adjointe du CAUE insiste sur le rôle de la concertation pour construire un projet et mesurer son impact sur le paysage. Cet échange avec les autres élus a marqué Catherine Miraton qui se souvient d’une phrase prononcée par le maire de Leuglay : « On est bien dans un village quand il est joli. » Et pour y parvenir, rien ne vaut la concertation. « A Larrey, nous avons une demande forte sur le fleurissement et un enjeu de préservation et de valorisation de notre patrimoine. »
La deuxième journée de formation à Épagny a conduit les élus de plus en plus dans le concret. Ils ont pu évaluer le paysage sous le prisme de la biodiversité ou de l’agriculture en observant la transformation de la traversée du village qui s’y opère.
Nadège Hubert
