Une métropole tournée vers ses élus et ses voisins

14 mai 2026

Réélu président de Dijon Métropole pour un nouveau mandat, François Rebsamen entend poursuivre la transformation du territoire en misant sur les collaborations avec les différents maires, en privilégiant l’intérêt commun plutôt que les oppositions politiques, et en s’ouvrant aux autres territoires.

« C’est un long chemin parcouru depuis 2001 », introduit François Rebsamen en faisant référence à l’état d’esprit qu’il a souhaité insuffler. Élu il y a 25 ans sur un projet qu’il avait présenté aux maires de l’époque, membres de ce que l’on appelait alors la COMADI, il vient d’être reconduit pour un nouveau mandat de six ans à la tête de Dijon Métropole à 64 voix contre 11. À l’époque, il parlait déjà d’une communauté de destin. « Les maires ont une part importante dans la transformation de la métropole par leur prise de décision qui doit dépasser les clivages partisans. »

Pour montrer sa bonne volonté dans la démarche et mettre en place les premières pierres de sa stratégie, il avait nommé des élus de l’opposition politique à des fonctions de vice-présidents, « alors que la loi ne m’y obligeait pas encore », précise-t-il avant de regretter que certains élus dijonnais de l’opposition, contrairement aux maires du territoire, « ne se soient pas comportés dans l’intérêt communautaire. »

Une coopération intelligente

À titre d’exemple des bonnes coopérations que les élus conduisent, François Rebsamen évoque la décision prise à l’unanimité de racheter le centre de formation du DFCO ou encore le souhait de certains d’envisager une voirie intercommunale. « Les relations se construisent dans le temps en donnant du pouvoir aux maires. C’est pour ça que les décisions importantes sont prises pendant la conférence des maires qui se réunit deux à trois fois par trimestre. » Lors de ces échanges, une commune dispose d’une voix, qu’elle compte moins de 250 habitants comme Flavignerot ou près de 160 000 comme Dijon. Depuis sa réélection, François Rebsamen a déjà réuni les élus locaux dans un souci « d’intégration de tous. On traite tout le monde de la même manière. »

Mobilité, eau, déchets… « Il n’y a pas de politique politicienne au sein de la Métropole. Nous ne sommes pas sectaires dans le fonctionnement », insiste l’ancien ministre qui évoque notamment un aménagement routier prévu à l’entrée de Daix qui nécessitera un investissement de 600 000 euros.

François Rebsamen, président de Dijon Métropole ©Nadège Hubert

Faire tomber les frontières

En parallèle de l’entente qui semble régner entre les 23 maires et le président de la collectivité, plusieurs communes toquent à la porte pour rejoindre la métropole. Sans écarter l’idée d’élargir un jour les limites de Dijon Métropole, François Rebsamen préfère repenser les collaborations existantes avec les territoires voisins, dans un rayon de 20 kilomètres environ. « Mon idée consiste à réunir les présidents des communautés de communes, comme celle de la Plaine dijonnaise ou de Norge-et-Tille, en s’appuyant sur le SCOT, pour réfléchir ensemble à des investissements pour des transports multimodaux. » Chaque jour, environ 100 000 véhicules opèrent des flux pendulaires dans la métropole, souvent en autosolisme.

François Rebsamen souhaite influer sur ce chiffre en trouvant d’autres solutions pour les habitants des territoires voisins qui viennent travailler dans la métropole en imaginant des plateformes multimodales et des trajets combinant voiture, stationnement puis train et bus. Le président cite par exemple la commune de Genlis comme un exemple des réflexions à engager. « Il faut que les autres moyens de transport restent plus rapides que la voiture aux heures de pointe pour convaincre les usagers », rappelle François Rebsamen qui regrette que la Région ait conçu son plan de transport sans se coordonner avec les territoires. « Il y a beaucoup de choses en dehors de la métropole et nous devons apporter des solutions de mobilité quand le prix de l’essence flambe. » François Rebsamen milite donc pour une alliance des territoires métropolitains et périurbains tandis qu’il rêve à la création d’un syndicat mixte avec une compétence transport pour aboutir, au fil du temps, à une véritable coopération.

Nadège Hubert

 

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