L'égalité mise en lumière à Dijon

17 février 2026

Pour la 5e fois, la Ville de Dijon organise le mois de l’égalité pour mettre en lumière la lutte contre les préjugés et les discriminations. Si la lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes sont au cœur de ce mois de mars, Kildine Bataille, adjointe à la maire déléguée à l’égalité femmes–hommes, à la lutte contre les violences faites aux femmes et à la petite enfance, rappelle que l’évènement concerne aussi les personnes en situation de handicap ou encore la lutte contre le racisme. L’évènement débute le 7 mars prochain et s’animera grâce à 62 évènements.

Pourquoi est-il encore nécessaire d’organiser un mois de l’égalité ?

KB : « Parce qu’en dépit des avancées, en dépit des politiques publiques et des victoires obtenues, l’égalité entre les femmes et les hommes reste un combat de chaque jour. Les violences sexistes et sexuelles, les discriminations, les stéréotypes qui marquent encore trop souvent le quotidien, notamment celui des femmes et des plus jeunes d’entre nous, associations, nous le rappellent. En tant que collectivité, nous n’avons ni le luxe de l’indifférence, ni le droit à la neutralité. Le dernier baromètre « Priorités françaises », qui mesure tous les 3 mois les préoccupations majeures des Françaises et des Français : et pour la première fois, la vie politique arrive en tête des préoccupations avec le pouvoir d’achat — devant la justice, et devant l’immigration ou encore l’environnement.  Ce baromètre montre aussi une réalité inquiétante : des sujets essentiels pour notre vivre ensemble, comme l’éducation, l’égalité, la lutte contre les violences et les discriminations, n’apparaissent pas spontanément comme prioritaires aux yeux d’une grande partie de la population française. Le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité montre que le sexisme — sous ses formes paternalistes et hostiles — continue de s’incruster dans notre société. Les femmes reculent dans l’espace public, l’égalité est qualifiée de “lubie”. Ce rapport signale même une progression des discours masculinistes, qui dépassent désormais l’anecdote et prennent la forme de logiques d’adhésion collective. »

Qu’attendez-vous de ce mois de l’égalité qui débute le 7 mars prochain ?

KB : « Le mois de l’égalité signifie que 62 actions gratuites et ouvertes au public irrigueront la ville, auxquelles s’ajoutent près de 20 actions internes ou dédiées aux professionnel·les. L’évènement vise à convaincre les non-convaincus, les gens qui doutent, qui s’interrogent ou même qui réfutent. Nous créons un espace de débat sous différentes formes. L’an dernier, nous avons fait un bond en allant chercher du public grâce aux associations notamment pour ne pas nous limiter aux personnes convaincues et pour que le public se saisisse du sujet. Nous organisons un évènement festif et coloré autour d’un sujet sérieux. Nous proposons des outils, des réflexes démocratiques, des échanges sur le rapport femmes-hommes. »

Quels sont les temps forts de cette 5e édition ?

KB : « J’ai souhaité mettre l’accent sur deux dates. Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, qui nous rappelle que l’égalité n’est jamais acquise. Il y aura une marche féministe qui s’achèvera place de la République avec un orchestre éphémère et une chorale. Le 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, qui élargit notre regard à toutes les formes d’inégalités. Les 62 événements se déclinent autour de six foyers thématiques : féminismes, culture, histoire - corps, santé et représentations – Jeunesse, éducation, émancipation – Lutte contre les violences sexistes et sexuelles – Discriminations croisées – Espace public et citoyenneté. Ce mois n’est pas un enchaînement de dates : c’est un chemin de compréhension, d’émotions, de débats, de confrontation fertile. Et il raconte une chose essentielle : nous ne faisons rien seuls. J’attire aussi l’attention sur l’ouverture du mois de l’égalité, le 7 mars, pour la première fois à la Minoterie, qui ouvre ses portes au grand public avec deux représentations de « Fille et Soie » autour des diktats de la beauté sur le corps des femmes. En clôture, le 26 mars au cinéma de la Cité de la Gastronomie, la réalisatrice du documentaire sur le magazine Elle ainsi qu’une journaliste de la rédaction viendront parler de l’émancipation des femmes à travers le magazine, depuis 80 ans. Le Bamagotchi accueillera un évènement sur 70 ans de musique et de lutte pour l’émancipation. Je salue aussi l’engagement de la jeunesse. Une expo photo mettra en avant le regard que les ados portent sur l’égalité fille-garçon à la Minoterie, tandis que des étudiants proposeront un spectacle performatif pour sensibiliser au silence entourant le viol. L’université organise une conférence sur la santé des femmes et le contrôle coercitif. Je pense aussi à la conférence d’une personne qui a suivi le procès de Mazan ou encore au spectacle sur la grossophobie. »

Propos recueillis par Nadège Hubert

 

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