La cité Henry Berger, qui abrite près de 400 collaborateurs du Conseil départemental de Côte-d'Or, accueille désormais des panneaux photovoltaïques. La production d’énergie devrait couvrir environ 12 % des dépenses énergétiques de la collectivité qui entend s’inscrire dans la transition énergétique tout en préservant les deniers publics.
Invisibles depuis la rue, voire même depuis les bâtiments qui l’entourent, les 96 panneaux photovoltaïques de la cité Henry Berger, antenne du Conseil départemental, ont vocation à produire une électricité autoconsommée par la collectivité. « Nous avons investi 120 000 euros pour refaire l’étanchéité du toit et installer les panneaux, tandis que nous devrions réaliser 10 000 euros d’économies par an, soit 12 à 13 % d’économie », détaille François Sauvadet, président du Conseil départemental. L’investissement devrait être amorti en huit à neuf ans tandis que les panneaux affichent une durée de vie d’environ 30 ans.
Du durable avec de l’ancien
Heureux de montrer qu’un bâtiment historique peut accueillir des technologies modernes et s’inscrire dans son époque, l’élu voit dans cette installation un premier pas vers d’autres ambitions. « Nous avons engagé un plan solaire pour réduire notre consommation d’énergie et ainsi faire des économies mais aussi développer les énergies renouvelables. » Concrètement, le Département a étudié son patrimoine réparti en Côte-d’Or, soit une centaine de bâtiments et 47 collèges, pour définir lesquels seraient susceptibles d’accueillir des panneaux solaires. Alors que la moitié ne présente aucune pertinence photovoltaïque, les autres connaissent actuellement des études de faisabilité. « Nous devons nous assurer que la structure pourra accueillir la surcharge de poids. »

Voir plus grand
François Sauvadet, amateur des objectifs chiffrés pour ses équipes, a fixé à 11 000 le nombre de panneaux à installer dans les cinq prochaines années. Outre cette première installation qui donne le coup d’envoi de la démarche, d’autres projets sont d’ores-et-déjà en cours d’installation. La future légumerie ou encore le futur bâtiment Osmose, qui devrait être fonctionnel en fin d’année 2026, profiteront de plus de 300 panneaux, tout comme le site Tissot du département, en pleine rénovation, ou le laboratoire départemental. « Toute dépense d’argent public doit avoir du sens », a insisté le président du département. En complément, une dizaine de bâtiments devraient être équipés dans les trois prochaines années. « Nous priorisons les nouvelles constructions et l’existant de grande taille. » Le Conseil départemental travaille également en concertation avec le SDIS pour faire profiter les différents sites d’une installation similaire. D’ailleurs, inauguré à l’automne prochain, le SDIS de Pagny-le-Château aura lui aussi ses panneaux photovoltaïques. Pour accentuer encore son engagement pour l’énergie solaire, en juin 2024, le Département s’associait au SICECO dans le cadre de la SAS Côte-d’Or Solaire.
Par tous les temps
Pour suivre en temps réel les consommations mais aussi les économies réalisées, le Conseil régional dispose d’une application mise à disposition par Roger Martin Facilities, installateur des panneaux, supervisé par Beee Solaire, le maitre d’œuvre du projet. Les panneaux sont opérationnels depuis la fin du mois de juillet. « On voit qu’au mois d’août, 20 % de l’énergie que nous avons consommée provenaient des panneaux photovoltaïques. Et même quand il pleut comme aujourd’hui, on produit quand même 1 %, ce n’est pas rien du tout », sourit François Sauvadet. Attaché à ancrer le département dans son siècle, le président départemental met également en avant le rôle de l’IA dans l’optimisation des consommations par rapport au temps d’occupation. « Nous utilisons déjà l’IA pour mieux gérer l’eau. Nous avons fait 10 % d’économie. » Face à un budget toujours plus restreint, le Département s’emploie à baisser ses dépenses tout en préservant l’environnement, par tous les temps.
Nadège Hubert
