Un congrès national de l’Association des Maires Ruraux de France accueilli sur les terres côte-d’oriennes, ON EN RÊVAIT ! Avec 13 000 membres au niveau national, dont 305 en Côte-d’Or, l’AMFR a fait carton plein pour un congrès qui a reçu le président du sénat et deux ministres fraîchement nommées… Trois journées de partage, d’échanges et de travail assidu pour des maires en mal de reconnaissance de leur statut, grignotés par un fort sentiment d’abandon mais résolument engagés à faire bouger les lignes… sur fond de transitions plurielles !
Si les maires de communes rurales représentent la gestion de proximité, leur prise directe avec les réalités du terrain semble parfois… souvent oubliée par l’Etat ! Bruno BETHENOD, maire d’Arceau et président AMR21, met ainsi le doigt sur ce sujet qui fâche un peu… beaucoup, les centaines de maires présents. Propos retenu et abondé par Michel FOURNIER, président de l’AMRF, qui martèle que l’administration se montre souvent plus tatillonne qu’aidante, l’imagination administrative étant sans borne. ! Aujourd’hui, le jeu politique national dépite les maires et le pays quand l’État et le gouvernement devraient accorder plus de confiance à cette France des communes, qui regorge de bon sens…
Un congrès national marqué par les transitions de tous les possibles, oui mais voilà… comment et avec quels moyens quand on est écrasé par la norme, toujours la norme.

Si pour madame Vautrin, ministre en charge des territoires « Il est important que nous partagions tout car je crois au dialogue et il faut regarder aussi bien la situation actuelle que celle de demain. C'est travailler en partenaires, partager les données et regarder comment on avance ensemble ». Face à un parterre d’élus qui attendent aujourd’hui des actes, au-delà des belles paroles, force est de constater que le ton est ferme, rassurant et, si d’aucuns ont mis en cause la légitimité de leur ministre de tutelle à occuper ce poste, la parole est posée sur fond de scepticisme pour certains, mais avec force et conviction.
La conviction, la foi dans leur mandat, c’est bien ce qui tient nos maires ruraux face aux transitions de tous poils ! Car entre compétences locales, transferts de compétences, énergies renouvelables, développement durable et soutenable, ressource en eau et respect des sols… les nerfs des « Petits Maires » sont mis à rude épreuve entre économies imposées, recettes en forte diminution, artificialisation (ou pas) des sols, urbanisme contraint, et on en passe de peur d’en oublier, le monde rural vit les transitions en marche rapide ou forcée, au choix ou les deux ! Un monde rural bousculé dans ses valeurs de bon sens, dans son manque de moyen et avec sa grande ingéniosité à trouver des idées, des solutions dans le sens du « faire au mieux pour nos habitants et pour la planète !
Si la ruralité n’est pas seulement ce qui n’est pas urbain, peut-on partir du principe d’égalité sur les partenariats existants entre les collectivités locales et l’Europe, l’Etat, la Région, le Département ou l’EPCI ? La commune étant le premier kilomètre de l’action publique, comme l’a exprimé Françoise GATEL, ministre déléguée chargée de la Ruralité, quid des échelles pertinentes d’intervention entre les communes et leurs partenaires institutionnels ? Quelle évolution de l’organisation territoriale pour plus de reconnaissance, de proximité et d’efficacité ? Un semblant de réponse tombe comme une évidence, une réalité du quotidien pour les maires ruraux, un duo de choc monte en puissance le couple Commune-Département… Un duo qui fonctionne bien grâce à sn échelle de proximité facilitatrice.
Si l’esprit de la loi NOTRé était de respecter le périmètre des bassins de vie, loin s’en faut à ce jour et nos vieux cantons ont perdu sens et âme ! Aujourd’hui, si on veut de l’autonomie en local, il faut un certain poids et c’est là qu’intervient l’échelon supérieur qu’est le Département… qui soutient en termes d’investissement, mais aussi en termes d’ingénierie et d’accompagnement des projets.
Textes et photos © Marie Quiquemelle


