Dans le cadre de son programme biodiversité et des actions menées dans le cadre de « Dijon c’est ma nature ! J’agis pour la biodiversité », la ville de dijon et le Grand Dijon, via le Jardin des sciences et le service des espaces verts ainsi que l'Unité Mixte de Recherche Agroécologie INRA/Agrosup/uBourgogne/CNRS conduisent depuis 2014 une expérimentation innovante sur de nouvelles modalités de végétalisation des linéaires du tramway, en alternative aux gazons de graminées conventionnels.
© Jardin des sciences
Une première phase d’expérimentation a débuté au printemps 2014 par des essais portant notamment sur la mycorhization du couvert végétal. En effet, l'association symbiotique des plantes avec des champignons mycorhiziens
décuple le volume d'exploration du sol par les racines de la plante, facilite son accès à l'eau, optimise l’absorption d'éléments nutritifs et apporte une résistance accrue aux maladies.
Nouvelle expérimentation, sur une plus grande échelle, programmée en juin 2016 :
L’objectif global est de minimiser l'impact environnemental lié à l'entretien des plates-formes engazonnées (fréquence des tontes, optimisation de la ressource en eau par la diminution significative de l’arrosage…) et de favoriser ainsi la biodiversité urbaine (en lien avec les corridors écologiques de la trame verte urbaine).
L’ensemencement sera composé d’un mélange comportant des proportions variables de trèfles « micro-nains ».
Pourquoi du trèfle ? Outre ses qualités esthétiques, il est utile aux insectes pollinisateurs. De plus il apporte une « auto-nutrition » azotée : le trèfle fixe l’azote de l’air et le restitue à l’espace végétalisé par les racines pouvant ainsi améliorer la qualité du sol dans les espaces cloisonnés de la plate-forme de roulement du Tram.
Et pourquoi le choix d’une variété « micro-naine » ? Sa taille extrêmement réduite devrait permettre de laisser la plante effectuer son cycle de vie sans dépasser les hauteurs maximales de végétation autorisées afin d’assurer le bon roulement du Tram. De plus, ses racines sont bien adaptées à la faible profondeur de sol au niveau des voies du tramway.
Concrètement, l’expérimentation portera sur l’évolution de cette plantation sur une zone déterminée (environ 800 m2), en comparaison aux autres espaces gérés traditionnellement.
Sur ce tronçon d’expérimentation, l’arrosage et la tonte seront très limités.
Seront observés « à la loupe », à partir d’un protocole de suivi : la vitesse de croissance, la profondeur d’enracinement, l’association avec des champignons bénéfiques du sol et le bon état général de la végétation…
Déroulé de l’expérimentation 2016 :
Ce travail expérimental, scientifique et technique, ne peut s’effectuer que de nuit, lorsque le Tram ne circule pas.
Après une 1ère phase de décapage nocturne de la végétation actuellement en place sur la zone expérimentale, les ensemencements vont se dérouler début juin et seront réalisés par les équipes scientifiques et techniques du l'Unité Mixte de Recherche Agroécologie INRA/Agrosup/uBourgogne/CNRS, du Jardin des sciences et du service des espaces
verts.
Le suivi portera sur 2 à 3 années afin de dégager les premiers résultats.
Avec 15 km engazonnés soit 140 000 m2… l’enjeu de ces expérimentations est écologique mais aussi économique.
© Jardin des sciences