Réserves naturelles de France et Alterre Bourgogne, deux associations oeuvrant en faveur de la protection de la nature et du développement soutenable, s'installent dans l'immeuble de « La Bourdonnerie », situé dans l'écoquartier Heudelet 26.
« Notre volonté, à travers cette démarche de regroupement sur un même site, est de mutualiser nos moyens dans un objectif de bonne gestion, et de favoriser les synergies », expliquent Vincent Santune, président de Réserves Naturelles de France et Jean-Patrick Masson, président d’Alterre Bourgogne.
Le bâtiment est situé au coeur de l’éco-quartier Heudelet 26 à quelques pas du centre-ville de Dijon. Il se distingue par ses nombreuses caractéristiques environnementales qui en font une réalisation ambitieuse et innovante. Projet lauréat de l’Appel à projet de la Région Bourgogne, La Bourdonnerie s’inscrit dans la politique menée par la grande région, de construction de bâtiments répondant aux critères de performance énergétique, d’utilisation de matériaux bio-sourcés et d’intégration environnementale.
Situé à 2 Allée Pierre Lacroute, les travaux de construction de cet immeuble tertiaire en copropriété d’une surface de plancher totale de 1.160 m² (soit 1.070 m² de surface utile) ont démarré en mai 2014.
Un hôtel à insectes de 6 m. de hauteur intégré au bâtiment fait de ce projet de grande envergure une première en France. La Bourdonnerie et l’éco-quartier sont aussi des réalisations exemplaires pour la sensibilisation à la biodiversité, au moment où Dijon, le Grand Dijon et la région Bourgogne Franche-Comté s’engagent durablement en faveur de la protection de la nature.
Pourquoi un hôtel à insectes, à quoi ça sert ?
Un hôtel à insectes est une zone refuge dans un environnement généralement très artificialisé et très minéral. Il joue, vis-à-vis des insectes, un rôle quasiment aussi important qu’un espace vert ou du bois mort dans une forêt.
Dans les villes, l’artificialisation, l’usage de pesticides, la pollution, le manque de végétalisation, les façades lisses des nouvelles constructions sont autant de facteurs défavorables à la biodiversité, à la survie et à la reproduction des espèces, qu’elles soient végétales ou animales.
L’intérêt de l’hôtel à insectes est de favoriser le développement de populations d’insectes, dont les pollinisateurs, pour permettre la reproduction des végétaux.
Le fait de rendre la ville habitable et « traversable » pour les différentes espèces animales permet de recréer des continuités écologiques (c’est ce qu’on appelle la Trame verte et bleue), grâce auxquelles les espèces se déplacent, ce dont elles ont besoin pour survivre.
Les modalités techniques et pratiques
Structure de 6m de hauteur constituée de 61 casiers ("casiers tiroirs" que l'on peut enfiler et retirer à volonté notamment pour renouveler la composition) formant un ensemble d’abris et de nichoirs.
Matériaux de remplissage des casiers choisis en fonction des espèces attendues : terre, plantes, sable, tiges creuses (de type bambou ou bois de chêne, de bouleau, de charme qui a été percé), fagots de branches, planchettes de bois, bûches percées de trous, briques creuses.
Construit avec du bois imputrescible provenant du Morvan.
Qu’en pense la population ?
Les habitants du voisinage peuvent avoir des appréhensions. C’est pourquoi il est important de leur expliquer qu’un hôtel à insectes ne représente pas un danger et ne présente pas particulièrement de risques pour leur santé. Cela constitue un bon support pédagogique pour sensibiliser et réconcilier avec la biodiversité.
D’autres initiatives connues ?
A Dijon : un hôtel à insectes a été construit avec les habitants du quartier des Grésilles et Latitude21
sur le site de la coursive Boutaric
Cinq informations clés à retenir
1. La réalisation d’un hôtel à insectes de cette ampleur, intégré à un bâtiment, est une première en France.
2. Il s’agit d’une démarche en faveur de la biodiversité ordinaire en ville. Initiée par Réserves naturelles de France et Alterre Bourgogne, la démarche s’inscrit dans la politique de préservation de la biodiversité de la ville de Dijon et plus particulièrement dans la volonté de restaurer les continuités écologiques en ville (pour permettre aux espèces de se déplacer).
3. Différentes espèces de pollinisateurs vont occuper l’hôtel : des abeilles sauvages mais aussi des papillons et des coléoptères. Les abris et casiers vont se remplir progressivement sur une période de trois ans, à mesure que l’éco quartier va se végétaliser.
4. Un suivi scientifique sera effectué par Réserves Naturelles de France.
5. S’agissant d’un projet à forte visée pédagogique, des animations sont prévues à terme auprès des enfants, des écoles et des habitants de l’éco-quartier Heudelet 26.