Dans une commune rurale, la présence d’un commerce se remarque autant par sa présence que par son absence. Plus qu’un lieu où l’on vend un produit, il s’agit d’un service parfois indispensable, d'un point de rendez-vous, d'un endroit où l’on trouve une oreille attentive, où le lien social se crée comme c’est le cas à Courtivron.
Au bord de la route principale qui traverse le village de Courtivron, plusieurs voitures s’arrêtent sur le parking devant la mairie. Si certains viennent y chercher une information ou saluer les élus ou même la secrétaire de mairie, nombreux sont ceux qui poussent la porte du Fournil de Courtivron. Depuis neuf ans, Catherine Gaucherot, dite Cathy, y accueille les clients avec son sourire. « Il n’y avait plus de commerce à Courtivron, alors le maire (Luc Baudry, ndlr) a eu l’idée de transformer une partie du local de la mairie pour en ramener un. » À quelques kilomètres du CEA Valduc, sur la route de Châtillon-sur-Seine, dans cette commune d’environ 165 habitants, la responsable de la boutique rend service à la population à plus d’un titre. Tous les jours de la semaine, sauf le mercredi, le fournil propose du pain, bien sûr, des viennoiseries, des pâtisseries, mais aussi du snacking, des confiseries, du café, des boissons fraîches, sans oublier quelques journaux. Des services complémentaires à la Poste installée dans la mairie voisine. « Quand la Poste est fermée, je récupère les colis. Il arrive aussi qu’un habitant(e) ait oublié ses clés, alors son ou sa conjoint(e) me les confie », s’amuse Cathy.

Un commerce, pour tous
Alors que le magasin ouvre dès 6h30 du matin, les jeunes Courtenonais viennent saluer la boulangère avant de partir à l’école et, avant de rentrer, certains viennent dépenser quelques euros pour s’acheter des bonbons. Les travailleurs s’arrêtent en rentrant pour chercher un peu de pain pour le dîner, et ne s’offusquent pas quand il n’y a pas la baguette qu’ils espéraient. « Les gens sont moins compliqués qu’en ville où j’ai aussi eu l’occasion de travailler. Ils sont plus bienveillants et savent se contenter de ce que l’on peut leur donner. » Moins de choix, sans doute, mais une reconnaissance quant au service de proximité apporté.
Loin de certains clichés, Cathy insiste : « En milieu rural, on ne s’ennuie pas. Les gens sont agréables et viennent discuter. » Prête à papoter avec les personnes âgées aussi bien qu’avec les touristes de passage qui logent dans l’un des gîtes du territoire ou les routiers qui s’arrêtent boire un café en bonne compagnie, Cathy voit passer une centaine de clients chaque jour, pour son plus grand bonheur.
Nadège Hubert