Mercredi 27 mai, la police municipale dijonnaise a fêté ses 50 ans. Si l’institution a bien évolué en un demi-siècle, et ambitionne d’élargir son cadre d’intervention, elle s’attache à respecter ses valeurs d’autorité et de proximité.
« Le 24 mai 1976, la ville de Dijon se dotait de sa police municipale, poursuivant l’action menée jusque-là par le corps des gardes-champêtres. Une évolution née de la nécessité, pour notre ville, de mobiliser des moyens adaptés à son développement et de demeurer en phase avec les enjeux de son temps », déclare Nathalie Koenders, maire de Dijon. Mercredi 27 mai, elle a célébré les 50 ans de l’institution, aux côtés de son adjoint délégué à la tranquillité publique, à la prévention, à la protection des populations et à la police sanitaire, Stéphane Chevalier ; de Samid El Ouahidi, directeur de la tranquillité publique ; ainsi que l’ensemble des agents de terrain. En 50 ans, beaucoup de choses ont changé. Samid El Ouahidi explique l’évolution du métier, depuis les bases posées par la loi de 1999 : « Nous faisons face à des phénomènes de plus en plus complexes, donc notre cadre d’intervention et nos compétences se sont élargis. »
À Dijon, la police municipale s’est ainsi petit à petit étoffée pour atteindre 103 agents de terrain aujourd’hui (150 sur l’ensemble du service de tranquillité publique) et s’organise autour de plusieurs unités. La majorité des agents assurent une présence quotidienne de proximité de 6h45 à 20h, tandis qu’une équipe de nuit agit de 18h30 à 3h du matin. Un groupe de soutien et d’intervention a été créé en 2022 afin d’intervenir sur des problématiques de plus forte intensité. En parallèle, la vidéoprotection s’est développée. Dernière évolution en date : la création d’une brigade cynophile, qui vise à renforcer la capacité d’intervention nocturne et à accroitre l’effet dissuasif sur le terrain. Samid El Ouahidi souligne également l’investissement de la municipalité pour former les agents aux nouveaux équipements, à la déontologie. « Nous avons fait le choix d’une politique ambitieuse pour donner à notre police municipale tous les moyens d’agir, efficacement et pleinement », assume Nathalie Koenders.

Quelques jeunes élus du conseil municipal d'enfants étaient présents lors de la cérémonie © Younès Hamdoune-Ville de Dijon
Autorité et proximité
Samid El Ouahidi rappelle le rôle du policier municipal : « Nous répondons aux demandes sociales de tranquillité. Nous analysons les problématiques avant de mobiliser les équipes opérationnelles en fonction des besoins, pour les résoudre ». L’an dernier, la police municipale s’est d’ailleurs rassemblée sous un nouvel étendard, et deux grandes valeurs : l’autorité, afin de garantir la tranquillité publique ; et la proximité avec les habitants. « Votre mission ne se limite pas à la sanction, elle consiste aussi à prévenir, dialoguer, expliquer, rappeler le sens des règles communes, car faire progresser le civisme et la tranquillité au sein de notre société serait tout simplement vain sans le recours à la pédagogie », souligne Nathalie Koenders. Elle insiste sur la nécessaire prévention auprès des plus jeunes notamment. À l’école, dans les espaces culturels et sportifs, « tous les lieux qui leur permettent de s’émanciper ».
Lutte contre le narcotrafic
Si la police municipale travaille aux côtés des services de l’État dans la lutte contre le narcotrafic, elle est encore, selon Nathalie Koenders, trop limitée dans son cadre d’intervention. Elle exprime regretter le report de l’examen parlementaire du projet de loi de réforme des polices municipales à l’automne prochain. Ce projet de loi vise notamment à autoriser les policiers municipaux à dresser des amendes forfaitaires délictuelles (en cas de consommation de stupéfiants sur la voie publique ou d’occupation d’immeuble) ou à procéder à des contrôles d’identité. La maire de Dijon souligne aussi le fléau actuel que représente l’usage détourné du protoxyde d’azote. « C’est un enjeu de santé et de sécurité publique, mais aussi environnemental, qui concerne tous les maires, de petites et grandes communes ». Elle conclut : « Nous sommes au bout du bout. J’attends beaucoup des mesures prises au niveau de l’État pour que la police municipale puisse agir ».

Aux côtés de Samid El Ouahidi, Nathalie Koenders a remis à chaque agent un pin's des 50 ans © Younès Hamdoune-Ville de Dijon

Quelques anciens de la police municipale sont venus célébrer le cinquantième anniversaire