Info+ :
Informations pratiques, horaires d'ouverture, programmation associée : rendez-vous sur le site des musées de Dijon

Du 22 mai au 20 septembre 2026, le musée des Beaux-Arts et le musée Magnin proposent un parcours d’exposition commun. « Djamel Tatah, répéter - muter » invite les spectateurs novices autant que les amateurs d’art avisés à (re)découvrir le travail de l’artiste et son dialogue avec les collections permanentes, grâce à une expérience avant tout sensorielle.
Des figures humaines à échelle réelle sur des fonds colorés. Qui tantôt vous regardent, tantôt lèvent les yeux vers le ciel, tantôt les ferment ou se les cachent. Qui se tiennent debout, parfois couchés, sans vie, ou bien en chute libre. Qui s’affichent en entier ou ne dévoilent qu’un fragment, et s’offrent sous différents angles. Les oeuvres du peintre contemporain Djamel Tatah sont saisissantes. Par leur répétition et par tout ce qu’elles racontent du monde, de sa violence, sans avoir besoin de mots. Installées à la fois au sein du musée des Beaux-Arts et du musée Magnin à Dijon, dans le cadre d’une nouvelle exposition temporaire commune, les oeuvres de l’artiste nous font vivre une expérience immersive. Elles se font écho entre elles et résonnent avec les collections permanentes des deux musées. Nul besoin de passer de longues minutes à lire des cartons explicatifs pour comprendre. Ici, on appréhende l’exposition comme un jeu de piste : on repère les oeuvres de Djamel Tatah, puis on observe celles alentour pour mettre à jour les relations. On prend du recul, on se questionne, on interprète. Le décalage entre art contemporain et art ancien ne choque jamais le regard. « Les figures du passé et d’aujourd’hui correspondent alors au même univers », souligne Sophie Harent, directrice du musée Magnin. Cet écho donne plutôt à voir que tout n’est que répétition et mutation. « L’humain radote son rapport au monde. » « Les tragédies, la guerre, la paix, l’amour, la haine se répètent mais leurs formes mutent, leurs représentations se renouvellent », explique l’artiste.

Une co-construction empirique
L’exposition a été pensée et construite comme un projet commun : entre les deux institutions culturelles dijonnaises, avec l’artiste, et la co-commissaire de l’exposition Caroline Fournillon-Courant. Grâce à un dialogue constant, des visites de l’un dans les musées, des autres dans l’atelier. Illustrant cette méthode, Djamel Tatah a notamment élaboré un « mur-constellation » au sein du musée des Beaux-Arts, directement lié au processus de création de l’artiste qui se nourrit d’autres travaux, d’autres époques, d’autres styles, d’autres arts (de cinéma, de musique). Certaines oeuvres issues d’anciennes collections du musée des Beaux-Arts, qui ne sont plus exposées depuis de nombreuses années, ont été remontées pour l’occasion. « J’ai fait des liens improbables pour un historien de l’art », sourit Djamel Tatah. « C’est avant tout un mur sensible ».

Ce projet marque notamment une nouvelle étape dans la collaboration entre les deux musées (qui a déjà proposé une exposition en écho, consacrée à Marc Desgrandchamps en 2023) via un catalogue d’exposition commun, des échanges permanents entre les équipes et une programmation culturelle pensée à l’échelle des deux musées (voir info +).
Une exposition accessible
« Nous souhaitons développer l’accessibilité universelle à l’art, c’est notre mission de service public », insiste Frédérique Goerig-Hergott, directrice du musée des Beaux-Arts. Afin d’offrir à chacun les moyens d’apprécier l’exposition, de nombreux outils de médiation ont ainsi été mis en place : un parcours-jeu adapté au jeune public et aux familles, des contenus faciles à lire et à comprendre adaptés aux personnes en situation de handicap mental, des stations ludiques intégrées à la scénographie… Au musée des Beaux-Arts, c’est tout un exploratoire qui a été installé : le décor immersif donne à voir l’atelier de l’artiste et son mur d’image. Un dispositif de pratique du dessin sur table lumineuse invite à dessiner-décalquer des silhouettes de personnages à la manière de l’artiste. Enfin, un fond de toile a également été installé afin que les visiteurs puissent donner vie à leur propre composition artistique. Pour que chacun s’approprie l’art en le pratiquant.

Déborah Vital
Quelques oeuvres qui ont marqué notre expérience...
Représentation d'une femme palestinienne qui se désole de la destruction de sa maison

"La mer Méditerranée qui devient cimetière", Djamel Tatah

Vois là, la seule oeuvre nommée, installée dans l'escalier du musée Magnin. Une prouesse technique de 7,5m de long.

