Les maires de Bourgogne Franche-Comté encore loin de la parité et de la diversité sociale

Les maires de Bourgogne Franche-Comté encore loin de la parité et de la diversité sociale

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Institut National de la Statistique et Etudes Economiques

2 r Hoche

BP 1509

21000 Dijon

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12 février 2026

Tous les six ans, les élections municipales redessinent le paysage politique local. A j-43 jours des élections municipales de 2026, qui sont les maires des communes de Bourgogne-Franche-Comté en 2025 ? Combien de femmes et d’hommes à l’heure de la parité dans les conseils municipaux ? Qu’en est-il de la représentation démocratique dans notre région ? Des questions auxquelles répond l’INSEE lors d’une conférence de presse dédiée à ce sujet prégnant !

Acteurs essentiels de la vie locale, les maires sont des représentants locaux élus incarnant l’autorité publique tout en assumant la gestion communale. Leurs fonctions ont profondément évolué, marquées par une gestion technique et juridique croissante, une responsabilité personnelle accrue et une disponibilité permanente face à des citoyens exigeants. Dans ce contexte, les démissions sont en hausse et une crise des vocations augmente la difficulté de trouver un successeur.

3 671 maires sous le contrôle des conseils municipaux, soit 13 maires pour 10 000 habitants ont administré les communes de la région BFC, le plus important taux parmi les régions françaises. Une singularité liée au caractère très rural de la Bourgogne-Franche-Comté où les espaces peu denses structurent le  paysage communal. 86 % d'entre eux administrent une commune de moins de 1 000 habitants. soit 15 points au-dessus de la moyenne de France métropolitaine. Et 71 % dirigent une commune de moins de 500 habitants.

En cinq ans, 7 % des maires ont démissionné de leur mandat.

En mai 2025, soit cinq ans après les élections municipales de 2020, la majorité des maires, initialement élus, sont toujours en exercice. Près des deux tiers ont été désignés dès l’issue du premier tour, tandis que le quart l’a été suite au second tour, repoussé trois mois plus tard pour cause de pandémie de Covid-19. Un maire sur dix a accédé à la fonction suite à la vacance du poste.  Dans les deux tiers des cas, la cause de cette vacance est la démission qui concerne 7 % des communes de Bourgogne-Franche-Comté figurant parmi les régions un peu plus affectées. Les raisons invoquées sont multiples et témoignent de la complexité croissante du rôle d’élu local. 31 %  relèvent de tensions politiques ou  relationnelles locales, 18 % sont liées à des problèmes de santé et 14 % s’inscrivent dans des passations de pouvoir anticipées, chiffres auxquels s’ajoutent les décès de maires Les départements les plus concernés de la région sont ceux de la Nièvre et de la Haute-Saône (2,6 %) tandis que l’Yonne et le Jura présentent des taux plus faibles, proches de 1,4 %.

Deux tiers des maires ont plus de 60 ans.

Bien que les conditions d’éligibilité permettent de se présenter aux élections municipales et d’accéder à la fonction de maire dès l’âge de 18 ans, le mandat est dans les faits assuré majoritairement par des personnes d’âge mûr. En Bourgogne-Franche-Comté, l’âge moyen des maires en 2025 est de 63 ans, identique à la moyenne nationale, et 82 % d’entre eux ont entre 45 ans et 74 ans. Une petite vingtaine d’édiles a moins de 35 ans.

Six maires sur dix sont retraités ou cadres. Leur parcours professionnel antérieur constitue un atout  pour faire face à la complexité des responsabilités locales, notamment dès leur prise de fonction en 2020 dans le contexte de la crise sanitaire. Les cadres arrivent en deuxième proportion avec deux maires sur dix. Dans les plus grandes communes, l’exercice du mandat devient alors un véritable travail de réseau, mobilisant des compétences exigeantes de compétences en management, en gestion de projet, en négociation ou encore en pilotage d’équipes administratives spécialisées.

Leur surreprésentation dans les petites communes rurales tient à la fois à leur implantation durable dans le territoire et à leur familiarité avec les réalités locales. Toutefois, la part d’agriculteurs parmi les maires diminue nettement à mesure que a taille de la commune augmente.  14 % des maires de communes de moins de 500 habitants sont agriculteurs, 8 % pour celles de 500 à 1 000 habitants, 4 % entre 1 000 et 3 500 habitants, puis aucun dans les communes de plus de 3 500 habitants.

Par ailleurs, le profil socioprofessionnel des maires est souvent éloigné de celui de la population et se distingue nettement de celui de la population majeure de la région. Les agriculteurs exploitants, qui ne représentent qu’environ 1 % de la population majeure, constituent plus de 11 % des maires. De même, les cadres et professions intellectuelles, présents à hauteur de 7 % dans la population, représentent près de 19 % des responsables municipaux. Les retraités ainsi que les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont également un peu plus nombreux.

Un maire sur cinq est une femme en BFC…soit au 8ème rang national !

Avec 21 % de femmes parmi les maires, la Bourgogne-Franche-Comté se situe en termes de parité au 8ème rang des 13 régions de la France métropolitaine. La part de femmes a peu évolué, gagnant 4 points en 17 ans. Le mandat de maire demeure difficile d’accès pour les femmes, dans la région comme ailleurs en France. Au sein des conseils municipaux, la part de femmes est plus importante, 38 %. 2013 imposait une alternance stricte  femme-homme sur les listes électorales, et uniquement pour les communes de 1 000 habitants et plus. Elle a abouti à une quasi-parité (48 % de femmes) dans les conseils municipaux où elle s’appliquait, mais également parmi les adjoints désignés en leur sein.

A noter qu'en revanche, les femmes y sont plus rarement premiers adjoints (39 %) et encore moins maires (23 %). Parmi les 23 communes de plus de 10 000 habitants, quatre sont dirigées par des femmes, dont Dijon et Besançon. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, l’absence de contraintes légales aux élections de 2020 les éloigne de la parité. Les femmes représentent 35 % des conseillers municipaux, et sont, là aussi, moins présentes à mesure que le poste gagne en responsabilité. Toutefois, un changement important intervient à partir des élections municipales de mars 2026. Les règles d’alternance femme-homme sur les listes électorales vont s’appliquer à l’ensemble des communes.

La proportion de femmes au sein des conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants devrait se rapprocher de la parité, même si la constitution de listes paritaires pourrait s’avérer difficile dans certaines communes. Mais elle décroît à mesure que les responsabilités augmentent. Les femmes représentent 36 % des adjoints, 30 % des premiers adjoints et 21 % des maires ce qui  s’explique par le mode de désignation interne des adjoints et des maires, élus par les conseillers municipaux sans obligation de parité. Les dispositifs législatifs favorisant la parité ne portent pas sur les fonctions de maire et d’adjoints, mais sur l’élection des conseillers municipaux !

Le profil des conseillers municipaux est plus proche de celui de la population !

Le profil de l’ensemble des conseillers municipaux est plus diversifié se rapprochant davantage de celui des habitants. Les ouvriers représentent ainsi 10 % des conseillers, les  employés 13 % des effectifs, les professions intermédiaires, très présentes 18 % Les fonctions délibératives, moins prenantes au quotidien que les responsabilités exécutives, restent plus accessibles aux actifs.  Les jeunes conseillers municipaux, potentiels maires de demain, sont, dans l’ensemble, plus jeunes que les maires.   35 % d’entre eux ont moins de 50 ans, contre seulement 13 % des maires. Un peu plus de 2 000 conseillers ont moins de 35 ans, soit 5 % de l’ensemble des élus. S’engager localement jeune permet d’acquérir de l’expérience, voire susciter le souhait de devenir maire.

Mais même chez les jeunes générations, les femmes restent sous-représentées et ne constituent que 36 % des jeunes conseillers municipaux. En parallèle de leur mandat, un élu de moins de 35 ans sur dix poursuit encore des études. Les autres sont le plus souvent en début de carrière professionnelle. Leurs profils diffèrent toutefois selon que les  communes sont très denses en habitants ou non. Les communes à forte densité comprennent parmi leurs jeunes élus, 28 % d’étudiants et 22 % de cadres, contre 12 % et 8 % pour les communes moins denses, où les ouvriers et agriculteurs sont plus présents.

De la repréentation des femmes  face au scrutin de liste paritaire proportionnel !

Jusqu'à présent, avec le scrutin majoritaire plurinominal, les conseillers municipaux des communes de moins de 1 000 habitants étaient élus au scrutin majoritaire, plurinominal, à deux tours. Les candidats se présentaient par candidatures isolées ou groupées. Dans ce dernier cas, le panachage était autorisé, c’est-à-dire la possibilité de rayer le nom de certains candidats et de les remplacer par d’autres. Ce système ne permettait pas d'imposer le respect de la parité.

Si aujourd’hui, le mode de scrutin est identique dans les 25 000 communes de moins de 1 000 habitants et les autre, les listes doivent être paritaires et respecter une alternance femme/homme. Le passage à ce mode de scrutin implique le dépôt de listes complètes de candidats et la suppression du panachage. Il n’est donc plus possible d’ajouter / supprimer des noms et de modifier l'ordre de présentation possible lors du vote. Cependant, on peut se poser la question de la représentation des femmes dans les très petites communes et sur la pérennisation de ces communes face à un souhait (non exprimé) de l’état de voir fusionner lesdites communes !?!

 

 ©Marie Quiquemelle - source et shémas INSEE de Bourgogne Franche-Comté

 

 

 

 

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