Dix-huit mois après le lancement de la première COP régionale, Etat et Région Bourgogne-Franche-Comté ont présenté lundi 26 mai 2025 leur nouvelle feuille de route en matière de transition écologique et de préservation de la biodiversité. Déclinée en 44 actions, elle appelle à la mobilisation collective et à la coopération pour accélérer et atteindre les objectifs nationaux à l’horizon 2030.
"Ce combat est multinational qui nous dépasse mais qui concerne tout un chacun : du simple citoyen à la puissance publique en passant par les partenaires privés, socio-économiques, associatifs. La mobilitation doit être intégrale" affirme Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté. Accompagnée par François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, elle a présenté l’aboutissement de ce travail mené depuis le lancement de la COP régionale en décembre 2023, co-pilotée par l’Etat et la Région visant à mettre en place les conditions d’une nécessaire transition écologique qui concilie développement des territoires, préservation des ressources et accompagnement social. Elus, collectivités, monde économique, associations, société civile, organismes de recherche et de formation se sont mobilisés, ont débattu, ont réfléchi autour de six grands chantiers thématiques de la planification écologique : mieux se déplacer, mieux produire, mieux se nourrir, mieux se loger, mieux préserver et valoriser nos écosystèmes, mieux consommer. « Ce que nous avons fait pendant 18 mois est pour moi l’illustration de ce que doit être l’efficacité de l’action publique : la coopération de toutes les forces. A l’échelle régionale, elles ont répondu massivement » a salué l’élue. De ces échanges réguliers résulte la construction d’une feuille de route déclinée en 44 actions, adaptées aux spécificités de la Bourgogne-Franche-Comté : fortes contraintes d’accessibilité de certaines zones du territoire, parc immobilier privé ancien à rénover, bassins ruraux affaiblis car peu peuplés, milieux naturels dégradés, forêts fragilisées, ressources en eau confrontées à des déséquilibres quantitatifs et qualitatifs, monde agricole en difficulté, disparités régionales en matière de gestion des déchets… Pensée pour donner un cadre à l’action collective régionale, elle vise à créer et faciliter les conditions du passage à l’acte des acteurs au plus près du terrain, pour accélérer le rythme et atteindre les objectifs 2030 de réduction de gaz à effets de serre, de préservation de la biodiversité et des ressources. « C’est au coeur des territoires, des villages, des villes, des EPCI, des métropoles que naissent et sont réalisés les projets, que les directives posées par l’Europe et l’Etat sont concrétisées » souligne le ministre. Pour déployer l’outil, des forums territoriaux se tiendront dans chaque département pendant l’été 2025.
Un contexte tendu
Si François Rebsamen reconnait la diminution du fonds vert de près de moitié en deux ans (de 2 milliards à 1,150milliards), il rappelle que « ces financements n’existaient pas 3 ans plus tôt. Cette année 2,4milliards d’euros ont été alloués dans le cadre de ma prime rénov. A Dijon, ces subventions s’élèvent à 90 000€ avec 0 reste à charge pour les particuliers. L’engagement du gouvernement est fort mais il y a des contraintes et tout le monde doit faire des efforts ». Malgré ce contexte économiquement tendu, Marie-Guite Dufay insiste et alerte : « La transition écologique et la préservation de la biodiversité ne peuvent pas faire l’objet de restrictions, malgré la dette ». Des décisions économiques qui ont aussi été pointées du doigt par Pascal Blain, membre de l’association France Nature Environnement en BFC. Il s’étonne notamment des investissements sur l’aéroport de Dole, tandis que de petites lignes ferroviaires du territoire sont supprimées. S’il reconnait les efforts faits dans la région, et l’importance de l’action individuelle, il se désole de la démobilisation que peuvent engendrer « des décisions inadaptées à l’urgence ».
Déborah VITAL


