Après un rejet par les élus du conseil régional Bourgogne Franche-Comté en décembre dernier, l’avenant à la convention TER 2018-2025 a de nouveau été présenté vendredi 14 février par la présidente Marie-Guite Dufay qui défend “des avancées”.
Il aura fallu deux mois à la Région pour négocier avec la SNCF un avenant à la convention TER 2018-2025 qui prévoyait notamment la fermeture de guichets de gare dans le cadre d’une politique de réduction. Même si Michel Neugnot, vice-président à la Région confirme qu’il y aura bien d’autres fermetures, pour l’heure, un accord a été trouvé avec la SNCF : aucun guichet ne fermera d’ici un an - sauf pour les communes ayant déjà donné leur accord.
Pas de fermeture des guichets pendant 1 an
“Nous allons laisser un an aux maire pour tester des solutions alternatives “ explique Marie-Guite Dufay. Parmi elles, la vente chez les buralistes ou chez les commerçants mais aussi la plate-forme Allo billet qui fournit au voyageur un code à 12 chiffres par sms qui a valeur de billet, la livraison des billets de train, commandés par téléphone, à domicile par La Poste sous un délai de 48h, la mise à disposition d’agents SNCF pour des permanences de 2 à 3h par semaine dans des lieux publics choisis par les maires. Un dispositif déjà essayé dans plusieurs communes de Burgogne Franche-Comté ou encore des distributeurs installés dans des commerces exigeant des grandes plages d’ouverture comme celui de Travaux, près de Dole. Ou encore, l’achat de billets par la plateforme viamobigo qui sera opérationnel dans le courant de l’année 2020. En attendant les résultats de ces tests, Michel Neugnot le confirme : “Nous allons travailler sur les horaires d’ouverture sur les guichets tant que nous n’aurons pas de solutions valables”.
Ces nouvelles dispositions interviennent peu après le vote par l’Assemblée nationale de la Loi d'Orientation sur les Mobilités et de laquelle la Région veut se faire l’architecte. Outre les dispositions techniques et commerciales, il s’agit aujourd’hui pour l’instance régionale de développer le train auprès de ceux qui ne l'utilisent pas. Une démarche prospective qui va réunir les collectivités mais aussi les entreprises, les usagers. Des disposition prévues par la loi LOM adoptée en décembre dernier : “NOus allons travailler sur la mobilité sur des territoires donnés, dans la globalité des offres routières, autoroutières, ferroviaires le vélo…” explique MIchel Neugnot.
Mais les élus sont bien conscients : pour inciter les usagers à emprunter le train, il faut aussi améliorer les services : modernisation des rames, augmentation des offres ( 3000 place supplémentaires sur le Dijon-Besançon) mais aussi un travail sur l'accueil et l’attente prévu notamment dans l’avenant adopté ce 14 février : ouverture des salles d’attente, travaux de rafraichissement des gares, ouverture des halls du premier au dernier train, ouverture les dimanche, augmentation du nombre d’abris sur les quais ou le développement de l’application Mobigo vers d’autres mobilités comme le covoiturage, les réseaux ferroviaires qui répond à la demande de la loi LOM de mettre à disposition des usagers un système multi-modal.
Plus de tolérance
Deux sujets qui avaient entraîné le rejet de l’avenant par les élus : le surcoût des billets achetés à bord, et les amendes. Concernant les amendes, un barème sera désormais appliqué pour les usagers non munis d’un billet (tableau ci-dessous), se présentant spontanément au contrôleur. En cas d’absence de contrôleur pour les usagers non munis d’un billet : “l’usager verbalisé pourra se faire rembourser l’amende, une fois et nous allons aussi supprimer le compostage qui est une perte de temps” ajoute Marie-Guite Dufay. Concernant ces surcoûts, Hicham Boujlilat, conseiller régional de la majorité souligne l’incohérence : “Le surcoût pour un billet acheté à bord, alors qu’il n’y a aucune offre physique d’achat - comme un distributeur ou un guichet - fait parfois doubler le prix du billet parce qu’il est indexé sur la barême de la SNCF qui ne prend pas en compte les particularités locales” Conséquence : un usager bénéficiant d’une carte de réduction peut se retrouver à payer son billet le double du prix ordinaire. Sur ce point, la présidente se justifie : “SI le prix est le même à bord, les voyageurs n’ont plus aucun intérêt à l’acheter via les plate-formes ou les distributeurs”.
Si cet avenant alourdira la note de la SNCF de 501 000€, soit 0,21% du devis de la SNCF estimé à 229,6 millions d’euros, la présidente “assume parce qu’il s’agira là de renforcer la qualité de l'accueil et ainsi de répondre à la demande de plus en plus forte pour le train” et qu’il s’agit aujourd’hui pour MIchel Neugnot “d’aller séduire ceux qui ne sont pas des usagers réguliers”