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Marie-Guite Dufay, Présidente du Conseil Régional place ses vœux sous le signe de la fraternité, en souhaitant à toutes et tous une année « aussi douce que le cassis de Concoeur », formant, pour la Bourgogne-Franche-Comté, qui entre dans sa troisième année, le souhait que l’année lui soit heureuse. Bien sûr, beaucoup de choses dépendront avant tout des événements. Mais Madame Dufay et ses équipes mettent l’enjeu sur les efforts de chacun. Une forte cohésion sera, quoi qu’il arrive, la meilleure garantie pour rendre notre région plus prospère, plus écologique et plus solidaire.
C'est une joie de vous présenter mes vœux, et à travers les miens, ceux de toute mon équipe et de la Région dans son ensemble, ici à Dijon. La Région a désormais deux ans. Je voudrais vous dire quelques mots du travail que nous avons réalisé durant ces deux premières années. Les Régions passent, parfois, pour des collectivités un peu lointaines, il me semble donc naturel de vous rendre compte de son action.
Cette nouvelle collectivité n’est pas seulement l’addition des deux anciennes. Elle compte aujourd’hui plus de 4 000 agents, répartis désormais sur près de 150 sites, si l’on y inclut les 131 lycées dont nous sommes propriétaires et les 8 nouveaux sites des services des transports, que les départements nous ont transférés lors de la dernière rentrée. Ces sites seront demain des antennes de la Région, afin de nous rapprocher des territoires. Conformément aux engagements que nous avions pris, il n’y a eu aucune mobilité forcée. Lors du rapprochement des deux anciens régimes indemnitaires et sociaux, aucun agent n’a perdu un seul euro.
Il y a deux ans, toutes les règles, tous les règlements, différaient entre la Bourgogne et la Franche-Comté, des subventions accordées au particulier souhaitant rénover son logement jusqu’aux aides accordées aux entreprises, en passant par les tarifs à bord des TER.
En deux ans, plus de 2000 délibérations ont été soumises au vote des conseillers régionaux afin d’harmoniser ces règlements, qui sont désormais homogènes et uniformes, du Mâconnais au Sénonnais, de la Nièvre ligérienne à la frontière suisse. Un travail à la fois silencieux et immense.

A chaque fois, même si cela n’a pas toujours été possible, nous avons cherché à prendre le meilleur des deux anciennes Régions. Je pense par exemple au fonds d’appui pour les entreprises qui ont du mal à trouver des compétences. Il s’est vite étendu à l’ensemble de la région. A contrario, je pense aux salons pour le développement de l’apprentissage, beaucoup plus développés en Bourgogne et que nous avons donc étendu à la Franche-Comté.
Grâce à l’implication et à l’engagement des élus, grâce au travail des agents, nous avons posé les fondations de notre nouvelle maison commune, et ces fondations sont solides. Je tiens à remercier chaleureusement tous les agents qui y ont contribué, et aussi, bien sûr, la majorité et l’exécutif qui travaillent à mes côtés. Cet exécutif soudé par le sens de l’intérêt général, a pleinement conscience de la responsabilité historique qui est la nôtre dans la constitution de cette nouvelle collectivité.
Mais durant ces deux années où elle devait se construire, la Région n’est pas restée centrée sur elle-même. Nous avions conscience, en accédant à ces responsabilités, que l’économie de notre région était fragile. Aussi, dès les premières semaines, nous avons lancé deux plans d’urgence pour répondre aux difficultés de secteurs en crise, le BTP, d’une part, l’agriculture, d’autre part. Pour le BTP, les chantiers redémarrent. Pour l’agriculture, nous ne cesserons pas nos efforts.
Ce n’est pas une compétence première de la Région, mais c’est pour nous une grande cause régionale. Nous n’accepterons jamais que les agriculteurs ne vivent pas de leur travail. En deux ans, le budget que nous consacrons à l’agriculture a augmenté de près de 50 %.
J’ai tenu, tout d’abord, à ce que la Région reprenne scrupuleusement toutes les aides qui étaient jusqu’en 2016 versées par les départements mais aussi, à construire une feuille de route partagée avec la profession et les départements pour contribuer, avec les leviers qui sont les nôtres, à la sortie de crise structurelle de notre agriculture, grâce à la recherche, grâce à la formation, notamment la formation des jeunes, grâce à l’alimentation de proximité et à l’aide à la diversification.
Dès les premiers mois de notre arrivée, nous avons aussi lancé, un plan d’urgence pour les demandeurs d’emploi dans le cadre duquel nous avons financé pendant deux ans la formation et la rémunération de 30 000 demandeurs d’emploi.
Avec Mme la Préfète de Région, avec plusieurs vice-présidents, et je remercie spécifiquement Océane Charret-Godard, et les élus référents dans chaque territoire, nous avons lancé un cycle, qui sera désormais annuel, de rencontres territoriales de l’économie, de l’emploi et de la formation, ce qui m’a permis de rencontrer près de 700 professionnels, directeurs d’agence Pôle emploi, de CFA, d’organismes de formation, proviseurs de lycées, élus locaux, syndicalistes, pour rendre l’offre de formation que finance la Région plus réactive et mieux adaptée aux besoins des territoires, tant l’enjeu de la recherche de compétences est devenu un enjeu stratégique sur tous les territoires.
Dans le contexte difficile du retour à la semaine de quatre jours, nous avons dû aussi exercer une nouvelle compétence, le transport scolaire. Malgré les cris des Cassandre, ce transfert de compétences, qui concerne 141 000 élèves transportés chaque jour, s’est bien passé. Je tiens à en remercier Michel Neugnot, mon premier vice-président, et les services.
Nous avons aussi défini notre politique en matière aéroportuaire, en recherchant la complémentarité entre Dijon-Bourgogne et Dole-Jura, j’en remercie aussi le maire de Longvic, José Almeida, comme je le remercie pour le travail considérable qu’il réalise sur l’aménagement du territoire.
Nous avons également établi un plan d’investissement sur 5 ans pour rénover et moderniser nos lycées, pour lesquels nous allons investir 100 millions d’euros par an. Ce demi-milliard, bénéficiera avant tout aux entreprises de notre territoire, mais il permettra aussi de faciliter le retour à l’emploi de celles et ceux qui sont victimes du chômage de longue durée, par le biais des clauses d’insertion. C’est le sens du guide des achats responsables que nous avons adopté en juillet dernier. Près de 80 % de nos achats bénéficient à des entreprises de notre région. Grâce à une situation financière saine et à une gestion rigoureuse, la Région continuera d’agir en faveur de l’emploi local en étant une fois encore, en 2018, le premier investisseur public local du territoire, avec plus de 360 millions d’euros d’investissement.
Alors, quelle feuille de route pour 2018 ?
En abordant 2018, il est normal de faire le point sur nos priorités, dans un contexte qui a changé. La situation économique s’est en effet nettement améliorée. Même s’il est toujours trop haut, le taux de chômage, à 8,4 %, est nettement inférieur à la moyenne nationale. En 2017, le chômage a baissé dans tous les départements de notre région, y compris la Côte-d’Or. Le nombre de créations d’entreprise est supérieur à la moyenne nationale soit + 14 % en un an. C’est un signe de la confiance de nos concitoyens en l’avenir. Les créations d’emploi sont en nette hausse. Notre région a créé en un an 7 000 emplois de plus qu’elle n’en a supprimé. La grande crise de 2008, qui a touché notre région de plein fouet du fait de son caractère industriel est donc derrière nous. Les excellents résultats publiés dernièrement par SEB en sont une illustration. L’amélioration de la situation économique est bien entendu un grand motif de satisfaction, mais c’est aussi une obligation : celle de mieux accompagner les entrepreneurs.
J’ai fait du développement économique et de la création d’emploi ma première priorité. Nous consacrerons, en 2018, 91 millions d’euros à la formation des demandeurs d’emploi. Dans un contexte de reprise de l’activité, il ne serait pas acceptable que celles et ceux qui sont prêts à se former, parfois à se reconvertir complètement, pour trouver du travail, ne soient pas aidés. Nous avons également commencé à travailler avec le Gouvernement pour pouvoir bénéficier du futur Plan Investissement Compétence. Ce plan devrait représenter un investissement d’environ 250 millions d’euros dans la formation, pour la seule Bourgogne-Franche-Comté, entre 2018 et 2022. Je souhaite que les entreprises soient à nos côtés, en 2018, pour prendre en stage les jeunes et les adultes que nous formons, pour recruter des apprentis, pour leur faire découvrir leurs métiers et leurs savoir-faire. Il n’est pas, en effet, de meilleure promotion des métiers que celle que peuvent faire les professionnels eux-mêmes, et c’est pourquoi nous avons besoin d’entreprises apprenantes qui favorisent l’insertion professionnelle des jeunes.
Vous savez que les Régions mènent en ce moment même un rude combat pour pouvoir continuer d’assurer, en matière d’apprentissage, le rôle qui est le leur : favoriser la péréquation, aménager le territoire. J’ai reçu l’appui, dans ce combat, de nombreux présidents et directeurs de CFA, de nombreux représentants de chambres consulaires, qui s’inquiètent d’un système entièrement dérégulé, qui mettrait en difficulté les CFA interprofessionnels ou ceux qui font l’effort de mettre en place des sections qui n’attirent pas les jeunes, même si elles correspondent aux besoins des entreprises. Je partage leurs inquiétudes. Qu’il faille simplifier un système particulièrement complexe, nul n’en disconvient. Mais la liberté ne peut pas se passer de la régulation. Il y a déjà plus d’un siècle, Lacordaire, natif de la Côte-d’Or, le disait déjà : « Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».
Nous aidons aussi nos entreprises à innover et à exporter. En 2018, nous aiderons nos entreprises à innover, grâce au plan Investissement d’Avenir, avec 10 millions d’euros consacrés à l’accompagnement de nos PME et 10 millions de l’Etat, grâce à la création d’un contrat d’objectif avec les professionnels dans le domaine du numérique. Nous continuerons de soutenir BFC Numérique et la Foodtech. Je tiens vraiment à saluer la structuration du secteur par BFC Numérique, dont j’ai eu la confirmation ce matin en visitant la pépinière d’entreprise HOPE. Grâce au soutien que nous accordons à nos cinq pôles de compétitivité, dont le Pôle VITAGORA basé ici à Dijon.
Innover, exporter, investor, grâce à nos fonds d’investissement, de l’amorçage à la transmission en passant par le retournement, exemple même de partenariat public-privé au bénéfice du développement des entreprises, et aussi à notre incubateur Bourgogne-Franchce-Comté, qui fait notre fierté, et dont je salue la nouvelle directrice. Avec un solde commercial positif, à hauteur de + 3,5 milliards d’euros, notre Région fait partie des principales régions exportatrices françaises. Le vin, l’agro-alimentaire, les entreprises du secteur de la santé comme Urgo, Proteor, CEN Biotech, tirent nos exportations et la croissance de notre économie. Aider nos entreprises à exporter, c’est d’autant plus important que nous sommes, au plan mondial, dans un contexte de croissance forte, supérieure à 3 %. Dans ce contexte, il faut voir loin et viser haut. En 2017, notre réseau international a aidé plus de 1 000 entreprises à conquérir de nouveaux marchés. En 2018, nous accompagnerons nos entreprises sur quarante salons. Pour la première fois, au début du mois, 13 entreprises de notre région étaient présentes au Consumer Electronic Show de Las Vegas, le plus grand salon du monde consacré à l’innovation dans le domaine de l’électronique grand public. Grâce à l’aide de la région, trois entreprises dijonnaises, Morphée +, Options Telecom et Gestion Système Telecom ont pu y participer.
L’Agence Economique Régionale sera en 2018 aux côtés de tous ceux qui créent : nous nous étions engagés à créer cette agence unique régionale, nous l’avons fait. L’événement de lancement, le 7 décembre à Beaune, a permis de réunir plus de 400 chefs d’entreprise. L’AER travaillera aussi pour combler notre retard dans le domaine des services à haute valeur ajoutée et continuera, en 2018, de soutenir nos filières stratégiques : l’automobile, la métallurgie, l’hydrogène, et ici, à Dijon, le tourisme, la santé, l’agroalimentaire, le numérique, autant de priorités partagées avec Dijon Métropole. Après une première subvention de 5 millions d’euros à la Cité de la Gastronomie et du Vin, nous avons apporté une subvention de 4,5 millions d’euros à la Cité des Vins et des climats de Bourgogne. Ces équipements doivent donner à la Côte d’Or la place qui doit lui revenir dans le vignoble français : la première !

En matière de tourisme, notre ambition est à la mesure de notre potentiel… immense ! Nous voulons être la première région d’accueil des touristes chinois en dehors de l’Ile-de-France, et nous tourner vers tous les marchés émergents.
La santé fait également partie de nos priorités communes. Il y a quelques années, la Région avait financé le pôle d’excellence en pharmaco-imagerie, Pharm’image, à hauteur de 1,1 million d’euros. Le troisième plan investissement d’avenir nous permettra d’accompagner efficacement ce secteur à fort potentiel de développement économique et pour lequel les forces conjuguées de Dijon et de Besançon, de leurs deux CHU, de l’Etablissement Français du Sang permettent à notre région d’être pionnière en matière de thérapies innovantes. Merci aux entreprises et aux laboratoires de ce secteur, d’Oncodesign à CEN Biotech.
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La Région soutient aussi de longue date Agronov, pôle européen d’innovation en agroécologie. Il nous semblait donc logique d’appuyer la candidature que Dijon a déposé auprès de la Caisse des Dépôts dans le cadre de l’appel à projet « Territoire d’innovation, Grande ambition ». Nous partageons l’ambition de Dijon de mettre l’innovation scientifique au service d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et je salue donc la labellisation du projet de Dijon. Nous avons aussi eu le plaisir d’avoir un autre lauréat, dans notre région, le pays de Montbéliard, pour son projet de transformation d’un territoire industrielle autour des technologies vertes, et notamment de l’hydrogène. Sur l’hydrogène, nous avons tous les atouts pour devenir un leader mondial de cette technologie propre. En 2016, notre région a été labellisée « Territoire hydrogène » pour ses projets à Dole, dans l’Yonne, et surtout dans le Nord-Franche-Comté. Au laboratoire FC-Lab, 140 personnes travaillent chaque jour au développement des technologies liées à l’hydrogène. Je suis certaine que des industriels, à Dijon, peuvent être intéressés par des partenariats dans ce domaine.
En 2018, parce que l’éducation est synonyme d’émancipation individuelle et collective, nous continuerons de la placer au cœur de nos préoccupations. En 2017, la Région a, entre autres, construit une éolienne à but pédagogique pour le BTS "Maintenance des systèmes" - option "Systèmes éoliens" au lycée Gustave Eiffel de Dijon, restructuré les ateliers du lycée Henri Moisand, construit de nouvelles infrastructures au lycée de Beaune, dont une cuverie qui pourrait faire pâlir d’envie les professionnels du vin. Nous sommes également en train de mener de très gros travaux au lycée de Semur-en-Auxois. Au total, nous avons 20 opérations en cours dans les lycées de Côte-d’Or, sans compter les opérations de petite maintenance, pour un montant de plus de 40M€ d’euros. 88 % des opérations réalisées le sont avec des entreprises locales.
Le plan de raccordement de nos lycées au très haut débit sera terminé en 2018 : cela signifie que tous les lycées de la Région auront été raccordés à la fibre optique, à 60 mega bits par seconde. Les maisons familiales et rurales doivent elles-aussi pouvoir bénéficier de cette technologie et n’en seront pas tenues à l’écart.
La Région continuera, en outre, d’aider les cuisiniers à recourir à des produits bio et des produits locaux pour soutenir nos agriculteurs tout en améliorant la qualité – et le goût ! – des plats qui sont servis dans nos cantines. Nous voulons, d’ici à la fin du mandat, 50 % de produits locaux, dont 20 % de produits bio, dans nos cantines. Les lycées Antoine de Chenôve et le Castel à Dijon sont bien avancés dans cette démarche.
Sur l’université, je crois qu’il ne peut pas y avoir de grande Région sans grande université. Plus de 32 millions d’euros seront consacrés à la recherche et à l’enseignement supérieur. Accueillir davantage d’étudiants à Dijon, c’est un objectif que nous partageons avec le président de Dijon Métropole. Le contrat métropolitain que nous sommes en train d’élaborer avec Dijon métropole y donnera une large place. La création de plusieurs nouvelles écoles d’ingénieur à Dijon sera la pièce maîtresse de notre futur plan pluriannuel d’investissement en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche et je ne ménagerai jamais mes efforts pour que, du Creusot à Belfort, en passant par Dijon et Besançon, l’université de Bourgogne-Franche- Comté soit confortée dans ses immenses potentialités.
En 2018, nous continuerons de nous engager pour la transition écologique et énergétique. Au moment où la récurrence des épisodes climatiques exceptionnels et extrêmes fait comprendre à chacun la réalité du changement climatique, je souhaite que nous soyons tous unis sur ce sujet. Nous lancerons un grand service public de l’efficacité énergétique. Ce service public permettra aux propriétaires de s’informer sur la rénovation de leur logement et de bénéficier d’un audit complet. Cet audit sera gratuit pour les ménages les plus modestes. Permettre aux propriétaires de rénover leur logement en le rendant plus sobre, c’est une façon de lutter contre la précarité énergétique, mais c’est aussi une partie de notre projet social. Les Bourguignons et les Franc- Comtois consacrent en moyenne, 300 euros de plus par an que l’ensemble des Français à leur facture d’énergie. Aider nos concitoyens, et notamment les plus modestes, à faire baisser leur facture d’énergie, c’est une façon de leur redonner du pouvoir d’achat tout en améliorant leur patrimoine. Ce service public de l’efficacité énergétique n’est lui-même qu’une petite partie de notre effort en faveur de la rénovation thermique des bâtiments, que nous allons déployer également auprès des syndics de copropriété et des organismes HLM. Je pense en particulier à la rénovation du quartier de la Fontaine-d’Ouche, qui pourrait faire partie du contrat métropolitain.

Mais permettez-moi de faire une incise : La réforme brutale, sans véritable concertation, du financement du logement social, est bien entendu une très mauvaise nouvelle. Comment aider les bailleurs sociaux à rénover leurs logements, et à faire baisser la facture d’énergie pour les habitants, ce qui, je le répète, est une véritable mesure sociale, si leurs finances sont asséchées ? J’ai rencontré l’ensemble des organismes HLM de notre région en décembre : je partage leur grande inquiétude. La transition écologique, c’est aussi le soutien à la biodiversité : j’espère vivement que nous aurons le plaisir de voir naître en 2018 le parc national des forêts de Champagne et de Bourgogne, dans le Châtillonnais, le premier parc national de feuillus de plaine. La transition écologique ne se décrète pas : elle se construit. La Région est au premier rang dans ce combat. En 2018, nous continuerons de soutenir le développement des énergies renouvelables, y compris l’éolien. Si nous voulons mettre notre pays et notre région sur la trajectoire du mix énergétique, toutes les énergies vertes doivent être poussées, simplement, par n’importe où, pas n’importe comment.
Au service de la transition écologique, nous soutiendrons aussi les modes de transports dé carbonés, notamment le train, qui est au cœur de notre politique de transport.
En novembre dernier, nous avons acheté à Alstom 8 nouveaux trains Regiolis, qui s’ajoutent aux 16 rames déjà notifiées. Au total, ces 24 rames, confortables, accessibles, écologiques, représentent un investissement de 163 millions d’euros. Enfin, en 2018, nous continuerons d’œuvrer pour la construction d’une société plus solidaire et plus fraternelle.
La passion de la liberté et la passion de l’égalité sont des passions nobles, qui se complètent et se renforcent l’une l’autre. La fraternité, c’est souvent, des trois termes qui font la devise de la République, celui qui est un peu oublié. En faisant vivre cette valeur, nous voulons faire vivre pleinement la République. Car la République n’est jamais acquise. La République véritable, à la fois démocratique et sociale, celle dont parle le préambule de notre Constitution, c’est toujours à la fois une promesse, un horizon et un combat.
Et pour ce combat, mon équipe choisit les armes de la fraternité. En deux ans, j’ai beaucoup parcouru notre région. J’ai vu, d’un côté, une Bourgogne-Franche-Comté qui gagne, qui gagne des habitants, qui crée des emplois. C’est la Bourgogne-Franche-Comté des grandes villes, fortement intégrée dans la mondialisation et dans les flux d’échange, c’est la Bourgogne-Franche-Comté du vignoble, dont les produits sont appréciés dans le monde entier. La deuxième, à l’écart de ces flux, c’est la Bourgogne-Franche-Comté des petites villes et des bourgs, celle où les commerces et les services publics ferment, celle des territoires qui se sentent oubliés, celle où grandit un sentiment de relégation et parfois de désespoir. Celle où les élus doivent se battre pour sauver leur hôpital. Les récents résultats du recensement de la population et les statistiques de l’INSEE sur l’emploi viennent conforter ce constat : d’un côté, à l’est de la Région, des territoires qui créent des emplois (3 100 dans le Doubs en un an, 1 100 en Côte-d’Or) et qui gagnent des habitants, de l’autre, à l’ouest de notre région, dans la Nièvre, une partie de la Saône et Loire, de la Côte-d’Or, de l’Yonne, des territoires qui perdent des habitants et des emplois.
Il faut, bien entendu, soutenir sans aucune réserve le dynamisme des moteurs de l’économie régionale que sont les agglomérations de Dijon, de Besançon et l’aire urbaine Nord-Franche-Comté, sans oublier Le Creusot. C’est le sens du contrat métropolitain que nous sommes en train d’élaborer avec François Rebsamen et auquel j’accorde une grande importance. Mais nos compétences accrues en matière d’innovation, d’aménagement du territoire, de développement économique, doivent nous amener également à renforcer notre action à l’égard des territoires qui se sentent abandonnés par la puissance publique. Il faut relever à la fois le défi de la compétitivité et celui de la
solidarité, car la force d’une chaîne se mesure à celle de son maillon le plus faible. Ce que demandent les habitants de ces territoires, c’est simplement d’avoir accès aux mêmes services et aux mêmes opportunités que tous nos concitoyens. Il ne doit pas y avoir, d’un côté, des espaces où se concentrerait la richesse, de l’autre, des espaces où l’on ne ferait que la redistribuer. Nous voulons, au contraire, que ces espaces soient agiles, connectés, solidaires et innovants. C’est pourquoi nous allons consacrer 162 millions d’euros, en 5 ans, au déploiement du très haut débit grâce à la fibre optique. Les 50 tiers lieux que Patrick Molinoz va lancer en 2018 se déploieront bien entendu également dans les espaces ruraux. Nous conclurons également 40 contrats de partenariat avec les pays, afin de financer des centaines de projets portés par les élus locaux et la population, soit des projets qui permettent d’améliorer les services publics, soit des investissements productifs. Ces contrats incarneront le développement équilibré d’une région qui mise non pas sur la compétition entre ses territoires mais sur la coopération entre eux. Nous soutiendrons également la revitalisation des bourg-centres.
Montbard, Seurre, Montigny-sur-Aube et Auxonne pourront compter en 2018 sur un appui renforcé de la Région pour accompagner leurs investissements en matière de revitalisation commerciale, en matière d’aménagement de leur espace public, en matière de rénovation des logements. 750 000 euros seront accordés à chacun des 40 bourg-centre qui bénéficieront de cette mesure. L’Etablissement Public Foncier BFC jouera un rôle majeur à vos côtés dans la revitalisation des centres-villes.
Nous lancerons aussi, en mai prochain, une démarche autour des territoires de mobilité inclusive afin de développer des plateformes de mobilités solidaires en milieu rural, en parallèle de la discussion au Parlement de la loi sur les mobilités.
Au-delà de l’aménagement du territoire, notre région sera également fraternelle et solidaire, grâce à la mise en place d’une tarification solidaire dans les trains, qui permettra aux demandeurs d’emploi et aux personnes en insertion de bénéficier d’une réduction de 75 % sur leur billet, au soutien que nous accordons aux communes pour le renouvellement urbain, à l’élaboration d’un plan ambitieux pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, pour lequel Valérie Depierre va commencer une série de consultations dans les prochains jours. Vous savez que nous allons consacrer plus de 8 millions d’euros à la mise en accessibilité des quais de la gare de Dijon.
Grâce au soutien que nous allons accorder en 2018 aux entreprises d’insertion de Bourgogne comme cela était déjà le cas en Franche-Comté. L’économie sociale et solidaire, c’est un peu notre marque de fabrique. Si le gouvernement, et notamment Christophe Itier, le haut-commissaire en charge de l’ESS, veut trouver des territoires pour expérimenter son « accélérateur d’innovation sociale », la Bourgogne-Franche-Comté sera candidate. C’est un dossier que Denis Hameau suit de très près, par le soutien que nous accordons au sport et au mouvement sportif, vecteur de citoyenneté et de vivre- ensemble. Je pense bien sûr au DFCO, notre seul club de ligue 1, dont nous avons cofinancé une tribune, mais aussi au CREPS dont la responsabilité nous incombe désormais en grande partie. Je pense aussi aux clubs et aux ligues, que nous avons accompagnées dans leur mouvement de fusion, je pense également aux CROS.
Une Région fraternelle et solidaire enfin, par la place qu’elle accorde à la culture et aux arts. Vous savez que nous avons très largement échangé en 2017 avec les milieux artistiques afin de redéfinir nos politiques culturelles à l’occasion de la fusion. Notre engagement se matérialisera, une nouvelle fois, dans le budget 2018 : en deux ans, le budget consacré à la culture aura augmenté de 17 %. La subvention que la Région accorde au bel équipement de musique actuelle qu’est La Vapeur aura doublé entre 2017 et 2019. Nous participons également, comme chacun sait, à la rénovation du musée des Beaux-Arts de Dijon (à hauteur de 9 millions d’euros. Je pense aussi au musée d’Alésia. En dehors de Dijon, la Région soutient de nombreux lieux et équipements, certains très ambitieux, comme le Muséo Parc d’Alésia, d’autres plus modestes, mais non dénués de charme. Je pense par exemple à la Maison Jacques Copeau à Pernand-Vergelesses.

Evoquer le nom de ce précurseur de la décentralisation théâtrale que fut Jacques Copeau m’amène à vous dire un dernier mot sur la décentralisation. Quand Gaston Deferre a lancé ce grand mouvement de décentralisation, en 1982, il voulait rapprocher le lieu de la décision du lieu de son application. C’était une marque de confiance à l’égard des élus locaux et de la population.
En 2018, nous lancerons notre premier budget participatif. Nous nous plaçons ainsi dans la droite ligne de tous ceux qui ont voulu, depuis plus de trente ans, renforcer la participation des citoyens à la décision publique. Renforcer la participation des citoyens, obtenir leur adhésion, c’est une condition essentielle de la vitalité de nos institutions démocratiques, qui font, depuis quelques années, l’objet d’une défiance croissante.
Je ne souhaite pas que les responsables politiques qui tiennent aujourd’hui les leviers de commande nous ramènent à l’état de tutelle que les élus locaux connaissaient avant 1982. Au contraire, je crois que pour répondre à la crise démocratique que nous connaissons aujourd’hui, il faut renforcer la responsabilité et la liberté des élus locaux. Pour conclure, que 2018 soit une année qui permette de faire avancer les nombreux projets de Dijon Métropole, une année qui sourit à la Côte-d’Or et qui vous apporte à tous de nombreuses satisfactions, qui vous apporte aussi l’énergie nécessaire quand les difficultés s’invitent.