Mon palais à moi !

Mon palais à moi !

Info+ :

Pour connaitre les prochaines visites guidées organisées par l'office de tourisme de Dijon, c'est ici ! 


Récemment Nathalie Koenders, maire de Dijon, expliquait à de jeunes Dijonnais que le palais des ducs était autant leur maison que la sienne. Du coup, j’ai voulu en savoir plus sur cette demeure particulière où tous les habitants sont les bienvenus. Visite gratuite avec l’office de tourisme.

Rendez-vous est pris pour un mercredi après-midi d’avril à 14h30 à l’office de tourisme de Dijon. Le soleil brille, les badauds se promènent, les terrasses se vident après le déjeuner. Nous sommes nombreux à patienter quand une guide demande aux personnes ayant réservé une visite de la tour Philippe le Bon de se placer derrière elle. Il a fallu faire un choix, certes cornélien, mais je ne partirai pas à l’assaut de la tour et de ses 316 marches aujourd’hui. Le premier groupe s’éloigne tandis qu’une seconde guide rejoint ceux qui sont restés. Difficile de donner une moyenne d’âge à ce melting-pot de visiteurs qui m’entoure. Des jeunes et des moins jeunes, sans doute quelques retraités. Sont-ils Dijonnais, Français ? Viennent-ils d’ailleurs ?

Le groupe rencontre la guide Sarah ©Nadège Hubert

Tandis que les retardataires galopent pour rattraper le premier groupe, notre guide Sarah obtient une réponse aux questions que je me posais en interrogeant sur le nombre de Dijonnais présents dans le groupe. Ils sont nombreux, majoritaires même. La visite du palais des ducs débute par une introduction sur ce monument, le plus imposant de la ville, le cœur du pouvoir des siècles durant qui porte aujourd’hui différentes casquettes : Bureau de la maire et des adjoints, archives municipales, état civil, salle des mariages … Des fonctions multiples qui font écho à la diversité de genres architecturaux qui se mêlent dans cette construction. Du médiéval ici, du 17ème par là sans oublier un peu de style Renaissance par ailleurs. « Nous ne ferons pas forcément une visite chronologique à cause de cette architecture variée » précise Sarah qui conduit le groupe jusqu’aux parties les plus anciennes.

Et c’est parti

Quelques pas nous mènent jusqu’à la place de la Sainte Chapelle où trônait autrefois le lieu de culte privé des ducs. D’ailleurs, la guide vérifie les connaissances du groupe quant au nom des quatre ducs qui ont marqué l’histoire de Dijon, si possible dans l’ordre ! Qui de Jean ou de Philippe était le père ? Et Charles, il arrive quand ? Y’a pas un deuxième Philippe dans l’histoire ? La guide évoque les Capétiens, fait une référence au cellier de Talant, explique l’origine du nom de la Toison d’Or… Et nous apprend même que Nicolas Sarkozy fait partie de ce dernier ordre.

Place de la Sainte Chapelle ©Nadège Hubert

« Le musée des Beaux-Arts, qui date de 1799, a peu à peu envahi le palais des ducs » explique Sarah qui pointe ensuite les sculptures au-dessus de la porte sur la place, des allégories à la peinture et la sculpture. La visite se poursuit cour de Bar. Place aux potins de l’époque avec Marguerite de Flandre qui n’est pas épargnée par l’humour de la guide. Si l’oreille se montre attentive aux propos historiques, l’œil s’égare lui vers les hauteurs pour observer les courageux du premier groupe qui profitent de la vue depuis la tour Philippe le Bon. D’ailleurs Sarah aborde la question des tours. « Plus elle est large, plus elle est haute, plus on montre qu’on a de l’argent », indique-t-elle en parlant d’abord de la tour de Philippe le Hardi. De là à parler d’un certain complexe d’infériorité de ces messieurs et d’une symbolique phallique, il n’y a qu’un pas que la guide ne franchit pas, trop élégante et cultivée pour le faire. Elle préfère expliquer les origines du nom de la cour de Bar que les Dijonnais d’aujourd’hui doivent à un prisonnier d’hier.

Cour de Bar ©Nadège Hubert

Voyage temporel

Les anciennes cuisines ducales, la paneterie disparue qui a laissé une porte donnant dans le vide, la galerie du musée, son extension ou encore l’architecture qui a été ajoutée lors de la récente rénovation du musée des Beaux-Arts, Sarah fait remarquer qu’en ce lieu se trouvent des éléments architecturaux du 14ème au 21ème siècle. Après avoir médité un instant sur toutes celles et tous ceux qui ont marché là où mes pieds se posent en cet instant, le groupe repart vers le square à l’arrière du palais des ducs et des états de Bourgogne, de son complet.

Le square derrière le palais des ducs ©Nadège Hubert

« Savez-vous ce que l’on conservait dans la salle qui sert maintenant à la célébration des mariages ? » Impossible de ne pas parler de vin à un moment de la visite. Nous sommes en Bourgogne pardi !  Intarissable, Sarah reconnait à Philippe le Hardi les origines de la culture locale du pinot noir. « Il disait du gamay que c’était une méchante vigne moult nuisible à nature humaine et déloyale. » Rien que ça ! D’autres informations plus ou moins insolites ponctuent le discours de Sarah qui nous entraine dans le passage du roi pour jeter un coup d’œil aux tombeaux des ducs installés dans le musée.

Des noms bien connus des Dijonnais

L'escalier monumental ©Nadège Hubert

Jules Ardouin Mansart, l’architecte de Versailles, apparait dans les discussions. « Il voulait tout raser ! » Un drame heureusement éviter. Le temps file, déjà une heure que nous déambulons dans le palais des ducs mais nous voici au clou du spectacle. Inaccessible à l’envie, Sarah nous ouvre les portes qui conduisent au majestueux escalier sous lequel se cachaient et se dissimulent toujours les archives municipales. Ah c’est à ça que mène ces portes !  Au fil des marches, l’escalier porte le visiteur jusqu’à la sublime salle des Etats. Tandis que j’admire les peintures, j’entends Sarah citer Auxonne, Semur-en-Auxois, Autun ou encore Beaune… Mince, absorbée par mes pensées, je n’ai pas écouté le pourquoi de cette énumération.

Salle des Etats ©Nadège Hubert

Je me reconcentre pour tenter de répondre à sa prochaine question : Qui est représenté sur le tableau monumental en fond de salle ? Pour le savoir, une seule solution, s’inscrire pour la prochaine visite du palais des ducs et des États de Bourgogne !

Nadège Hubert