L'église Saint-Jean-l'Evangéliste de Bard-le-Régulier, joyau de l'art roman bourguignon a été inaugurée !

L'église Saint-Jean-l'Evangéliste de  Bard-le-Régulier, joyau de l'art roman bourguignon a été inaugurée !

Info+ :

Eglise restaurée ©Mairie de Bard-Le-Régulier

Avant les travaux ©Marie Quiquemelle

Les femmes et les hommes du chantier

Maîtrise d’œuvre et suivi

Dominique Jouffroy ; Antoine Leriche ; Céline Leriche.

Entreprises citées par la commune

Dauges • Bougenot • Tartre • Naudet • Frotey • Plaire • GTPM • E3 Patrimoine • Leblond • Toitot • Le Verre de Voûte • De l’Or à la Lumière • Arcams • Beringuer.

Partenaires et soutiens

DRAC • Conseil départemental • Région • Sauvegarde de l’Art Français • Fondation du patrimoine • Les Amis de Bard • association Sauver La Bussière • particuliers et mécènes.

La commune remercie également les services administratifs, les conseillers municipaux, les habitants et toutes les personnes ayant contribué au projet.

Eglise restaurée ©Mairie de Bard-Le-Régulier

©Marie Quiquemelle


21 octobre 2026

Après 7 ans de travaux  de restauration intérieure et extérieure, l’église Saint-Jean–L’Evangéliste de Bard-Le-Régulier a retrouvé son lustre. Celui d’un patrimoine unique de l’architecture romane bourguignonne, qui donne à voir l’histoire préservée et singulière du village, ancré dans les terres morvandelles. C’est donc avec émotion et fierté que Patrick Genotte, maire de la commune a pris la parole pour ouvrir la cérémonie  marquant l’aboutissement de ce  projet exceptionnel.

Patrick Genotte, entouré de nombreux élus, partenaires et habitants a introduit ce temps d'inauguration avant de présenter la génèse du projet « Cette journée revêt une importance toute particulière pour notre commune, à la mesure de celle qui, en son temps, avait vu l’honneur insigne de la visite de la Reine Mère d’Angleterre dans notre église. Elle l’est parce qu’après plusieurs années d’études, de travaux, de réunions, de dossiers administratifs, de recherches de financements et parfois de difficultés, nous pouvons enfin nous retrouver devant cette église restaurée et prête à ouvrir à nouveau ses portes.» 

Ancienne église d’un prieuré de chanoines réguliers de saint Augustin, Saint-Jean-l ’Evangéliste conserve un ensemble exceptionnel où l’architecture romane dialogue avec un mobilier de plusieurs siècle avec ses trente stalles médiévales, son gisant de Jean de Brazey, ses statues mais aussi son autel, son tabernacle ainsi que des textiles et objets de dévotion. La campagne menée depuis les années 2010 a sauvegardé l’enveloppe de l’édifice, puis restauré ses intérieurs et une partie de son mobilier.

L’histoire de cette restauration commence bien avant les travaux quand , en 2012, un diagnostic montre l’état d’abandon de l’église et son état très abîmé. En 2015, l’étude concernant les travaux extérieurs avait été réalisée par l’architecte Dominique Jouffroy. Les travaux ont finalement débuté en 2017, sous son suivi.

Une histoire de près de neuf siècles !

Le prieuré de Bard-le-Régulier est fondé autour de 1100. Il appartient au monde des chanoines réguliers de saint Augustin et dépend de Saint-Germain-en-Brionnais. L’église, seul témoin monumental majeur de l’ensemble prieural disparu, est édifiée par campagnes successives aux XIIe et XIIIe siècles.

Son plan en croix latine, sa nef de quatre travées, son transept saillant, son chœur et ses chapelles latérales témoignent de la vigueur de l’architecture romane. Le clocher appartient à une phase plus tardive, généralement placée au début du XIIIe siècle. Après le départ des chanoines au XVIIIe siècle et l’union du bénéfice au chapitre de Notre-Dame de Semur, les bâtiments conventuels disparaissent ; l’église, devenue paroissiale, demeure.

Au XVIIIe siècle, l’érudit Claude Courtépée visite Bard. Il remarque la vaste église et ses stalles. Son témoignage est précieux, mais il rappelle aussi que l’histoire se corrige : le tombeau qu’il attribuait à un seigneur de Bard est aujourd’hui identifié comme le gisant de Jean de Brazey.

Crédit ©Marie Quiquemelle

Les stalles ou le trésor de Bard

Trente stalles de bois, disposées sur quatre rangs, forment l’un des ensembles les plus remarquables de l’église. Datées du XIVe siècle, elles sont souvent situées vers le milieu du siècle. Leur décor mêle scènes religieuses, figures, animaux et motifs plus familiers ou grotesques. Elles rappellent que le chœur était d’abord l’espace de la communauté canoniale, rythmé par l’office et la prière.

Le gisant de Jean de Brazey

À l’entrée de l’église repose un gisant identifié comme celui de Jean de Brazey, chevalier mort en 1305. La figure allongée, les mains jointes, la tête posée sur un coussin et les pieds accompagnés d’un animal appartiennent au vocabulaire funéraire médiéval. La présence de ce monument dans l’église relie la mémoire aristocratique locale à celle du prieuré.

Les murs retrouvés avec leurs  inscriptions et décors

La restauration intérieure n’a pas seulement remis l’édifice en état : elle a rendu visibles des traces que les enduits et les reprises avaient longtemps dissimulées. Plusieurs inscriptions peintes en rouge et fragments de polychromie sont désormais lisibles sur les piles et les murs.

Objets, autels et dévotions

L’église n’est pas un musée figé: son mobilier raconte les usages successifs du lieu. Autels secondaires, statues, troncs de dévotion, chandeliers, reliquaires et objets liturgiques témoignent de la vie paroissiale après la disparition du prieuré. Une tradition locale signale également des déplacements d’objets entre les églises du secteur, notamment un bénitier de Bard aujourd’hui à Savilly. Cette mémoire orale mérite d’être conservée tout en étant distinguée des provenances établies par les inventaires.

Textiles et objets liturgiques

La sacristie conserve des vêtements et accessoires liturgiques qui permettent d’évoquer la couleur des célébrations: chasubles, étoles, ornements et autres pièces textiles. À côté de ces vêtements, chandeliers, croix et objets d’exposition du Saint-Sacrement prolongent l’histoire matérielle du culte.

Une visite royale dans la mémoire du village

Des photographies conservées localement documentent la visite à Bard-le-Régulier d’une personnalité identifiée par la mémoire communale comme la reine mère du Royaume-Uni. Les clichés constituent un témoignage remarquable de l’histoire récente du village. La date exacte reste à fixer entre les indications transmises localement (1977 ou 1985) ; elle n’est donc pas affirmée ici sans pièce d’archive complémentaire.

Crédit ©Marie Quiquemelle

Monsieur le maire évoque les financements qui ont permis la réalisation de cette restaurtion majeure !

Pour les travaux extérieurs, le montant s’élève à 511 000 euros hors taxes. 

La commune a bénéficié de 229 000 euros de la DRAC, de 102 700 euros du Département, de 71 300 euros de la Région, de 17 000 euros des Amis de Bard, de 22 353 euros de dons de particuliers à la Fondation du Patrimoine, de 6 000 euros de mécénat par l’intermédiaire de la Fondation du Patrimoine, de 2 500 euros de l’association « Sauver La Bussière » et de 1 500 euros de réserve parlementaire. Le reste à charge pour la commune s’est élevé à 58 360 euros.

Pour les travaux intérieurs, le montant s’élève à 595 000 euros hors taxes.

Ils ont été subventionnés à hauteur de 212 500 euros par la DRAC, de 207 000 euros par le Département, de 101 000 euros par la Région, de 15 000 euros par la Sauvegarde de l’Art Français, ainsi que par 27 900 euros de dons de particuliers à la Fondation du Patrimoine, dont 10 000 euros provenant des Amis de Bard, et 5 700 euros de mécénat par la Fondation du Patrimoine.

Le reste à charge pour la commune est de 26 165 euros. Au total, sur l’ensemble de l’opération, qui représente 1 100 650 euros, le reste à charge de la commune représente 7,65 % du coût total.

Le premier grand poste a concerné la maçonnerie, avec la réfection de l’ensemble des enduits muraux, la reprise d’une partie de la voûte tout cela recouverte d’un badigeon, ainsi que la restauration des sols. Ces travaux ont également compris le déplacement du gisant et de l’autel principal, contribuant ainsi à une meilleure mise en valeur de l’espace intérieur.

Le deuxième grand poste a été consacré à la restauration des peintures murales. Ce travail minutieux, qui a nécessité de nombreuses heures d’intervention, a permis de faire réapparaître des décors anciens ainsi que des inscriptions dissimulées sous plusieurs couches de peinture. Il a également révélé et mis en valeur les arcs et les piliers, redonnant tout leur éclat à ces éléments architecturaux.

La menuiserie a également représenté un poste important de cette restauration, avec la reconstruction des parties manquantes des stalles et la remise en état du mobilier, permettant de préserver et de retrouver une partie du caractère et de l’authenticité de l’édifice.

« À ces travaux majeurs se sont ajoutées d’autres interventions indispensables avec la restauration du vitrail principal, la réfection complète de l’installation électrique, la restauration des objets classés et inscrits au titre des monuments historiques, ainsi que la serrurerie sans oublier la lustrerie avec ce magnifique lustre dans la nef. L’ensemble de ces travaux, réalisés avec soin et dans le respect du patrimoine, a permis de révéler à nouveau la richesse des décors, la qualité des aménagements et l’harmonie de cet édifice, tout en préservant son histoire et son identité» explique Patrick Genotte.

 ©Mairie de Bard-Le-Régulier

Pour conclure, Patrick Genotte exprime sa reconnaissance à tous « Je veux également remercier les conseillers municipaux qui m’ont accompagné et qui m’accompagnent aujourd’hui. Ils m’ont fait confiance et ne se sont jamais opposés à ce projet, malgré ces montants importants pour notre petite commune. Je veux enfin adresser un grand merci aux habitants de Bard-le-Régulier. Vous avez accepté que la commune s’engage dans ce projet avec ses contraintes et ses conséquences. Cette église est aujourd’hui restaurée pour vous, mais aussi pour les générations qui nous suivront. Aujourd’hui, nous ne célébrons pas uniquement la fin de travaux. Nous célébrons la transmission d’un patrimoine. Nous avons réussi à préserver une partie de l’histoire de Bard-le-Régulier. Nous avons restauré un édifice, mais nous avons surtout transmis un patrimoine. Et derrière les chiffres, derrière les études, derrière les dossiers administratifs et derrière les travaux, il y a surtout des femmes et des hommes. Des personnes qui ont donné de leur temps, de leur énergie, de leur savoir-faire et parfois même de leur soutien personnel pour que ce projet puisse aboutir. »

 ©Mairie de Bard-Le-Régulier

 

 

 

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