C'est comment d'être maire à .... Grosbois-en-Montagne ?

14 octobre 2026

Jean-Paul Boulère a été réélu en 2026 pour un second mandat de maire dans cette commune de 110 habitants. Retraité de la fonction publique territoriale, le maire se livre à notre interview pour expliquer comment s’est d’être maire à Grosbois-en-Montagne.

En un mot, un seul, quel mot associeriez-vous à la fonction de maire ? « Servir. »

Pour vous, que veux dire être maire ? « Être utile. Au village de Grosbois-en-Montagne en tant que commune et à ses habitants, les Grosboisiens. Il y a tout un patrimoine bâti et non bâti à entretenir, à préserver des chemins, un réseau d’eaux pluviales vétuste, l’ancienne et la nouvelle mairie, des logements, l’église Saint-Joseph et le lavoir Et puis il faut faire vivre le village. Être à l’écoute, répondre le mieux possible aux attentes des Grosboisiens, en particulier nos Anciens. Leur proposer des moments de rencontre pour leur permettre de sortir de la routine. C’est un travail d’équipe où chacun s’investit selon ses goûts et ses compétences. »

Avez-vous des regrets parfois ? « La commune de Grosbois-en-Montagne est une petite commune (100 habitants environ) et donc pauvre en moyens financiers. Elle ne peut pas faire face à toutes ses obligations. »

Qu’est-ce qui vous motive jour après jour ? Pourquoi avoir choisi de vous engager dans cette fonction ? « Je suis maire depuis mars 2022 (après avoir été élu au conseil municipal en mai 2021 (à la faveur d’élections partielles), élu maire en mars 2022 (encore à la faveur d’élections partielles) et réélu en mars 2026. Ce qui me motive c’est l’amour de Grosbois qui m’a pratiquement vu naître. L’origine de l’engagement ? Par atavisme, le service public, celui de proximité, est dans mes gênes. En particulier mon oncle Jules 1er adjoint, deux mandats ; mon grand-père Henri, conseiller municipal ou adjoint pendant quatre mandats. C’est tellement vrai que lorsque je suis rentré dans la vie active ma première recherche de travail m’a conduit, tout naturellement, dans une commune, dans la fonction publique territoriale que je n’ai jamais quittée ! »

Quelle est la principale difficulté que vous rencontrez dans l’exercice de la fonction et comment la surmontez-vous ? « Ce n’est pas très original, mais c’est l’inflation normative. Quand j’ai débuté le Code des communes devait faire 1 cm d’épaisseur ; aujourd’hui le Code Général des collectivités Territoriales doit bien faire 10 cm d’épaisseur. Heureusement il y a à mes côtés une secrétaire générale de mairie au top. Elle est de bon conseil et maîtrise les dossiers et les outils de gestion modernes. »

Le village de Grosbois-en-Montagne vu de loin ©André Beuchot

Quel projet réalisé ou à venir vous marque ou vous a le plus marqué et pourquoi ? « Un projet en cours : l’église Saint-Joseph dont la toiture a besoin d’être réhabilitée. Deux tranches (le chœur et le transept) ont été réalisées. Nous sommes en train de lancer la 3e tranche (la nef). La quatrième sera le clocher. Si les subventions ne viennent pas à manquer.

Un projet en suspens : la défense incendie dont la commune était dépourvue. Pour des raisons techniques, il fallait installer quatre cuves en différents points. Faute de ressources, nous en avons réalisé deux.

Un projet qui me tient à cœur : l’aménagement de la baignade du Petit réservoir. Depuis 2023 la commune est seule pour en assurer la gestion. Selon l’expression consacrée « la baignade n’est ni aménagée ni surveillée, aux risques et périls des usagers ». Il n’y a aucune structure de sécurité ou de confort (point de restauration rapide)

Je rappelle que ce site est le plus fréquenté du territoire de la Communauté de communes Ouche et Montagne. C’est pourquoi j’ai bon espoir que celle-ci reprenne le dossier d’une façon ou d’une autre.

Par ailleurs, le réservoir de Grosbois se trouve au cœur de la problématique de l’alimentation en eau potable d’une vaste zone géographique de 6 collectivités regroupant 168 communes. »

Si c’était à refaire ? « Je le referais sans hésiter. La passion de servir et d’être utile est là. Avec des hauts et des bas. Avec des réussites (je l’espère) et des échecs. Tout ce je peux dire c’est que ça occupe bien le retraité que je suis. »

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