Vendredi dernier, le DFCO exhibait fièrement sa coupe puisque le club occupe la tête du classement du championnat de National. Une position qui lui permet de retrouver la Ligue 2 et d’insuffler une fierté renouvelée aussi bien dans le cœur des Dijonnais que des Côte-d’Oriens. Mais plus qu’un engouement renouvelé pour le club de foot local, ce retour progressif vers le haut niveau impactera le territoire à plusieurs niveaux.
Les feux d’artifice ont illuminé le ciel dijonnais le 15 mai dernier pour célébrer la première place du DFCO au classement du championnat de Nationale. Plus qu’une coupe à ranger sur les étagères du club, cette réussite est synonyme de Ligue 2 pour la saison prochaine, tout comme un autre club régional, Sochaux. Une belle année pour le football de Bourgogne-Franche-Comté qui devrait aussi être une belle année à venir pour les territoires qui accueillent ces clubs.
« Quand vous demandez aux gens s’ils savent combien il y a d’habitants à Guingamp, ils ne pensent pas qu’il y en a à peine plus de 7 000. C’est le décalage entre la réalité et le ressenti lié au football », met en relief Pierre-Henri Deballon, président du DFCO depuis bientôt deux ans. Le foot a ce pouvoir sur la notoriété d’une ville. Si Dijon n’en manque pas, ne serait-ce grâce à sa moutarde, le sport participe d’une certaine reconnaissance supplémentaire. Rappelons-nous toutefois que même si la ville dispose de sa renommée, tous les Français ne savent pas forcément la positionner sur une carte de l’Hexagone. Avec cette montée en Ligue 2, (la première datait de 2004), le DFCO inspire un certain sentiment de fierté aux Dijonnais et plus largement aux habitants du département.

Tactique économique
Ce retour au niveau supérieur aura également un impact plus facilement quantifiable sur l’économie locale. « Nous allons remplir des hôtels avec des matchs qui vont attirer plus de public. Ces gens vont consommer dans les boutiques. Le DFCO, c’est une centaine d’emplois directs mais aussi près de 600 emplois indirects en Ligue 2 », estime Pierre-Henri Deballon qui chiffre les retombées à 20 millions d’euros pour le territoire. « Les sièges et les loges du stade servent aussi aux affaires, de façon moins formelle. On y invite ses clients, ses collaborateurs. » Le président constate également que le poids de la remontée se mesure aux partenaires qui viennent toquer à la porte. « C’est la première fois en deux ans que l’on vient me demander combien ça coûte de figurer sur le maillot des joueurs. C’est bon signe », sourit-il.
Un système de jeu tourné vers le 21
Pour autant, Pierre-Henri Deballon le rappelle, « acheter un club de foot, c’est un très mauvais investissement. Le modèle du foot n’est pas rentable. » La passion reste le premier moteur de celui qui se qualifie plutôt de mécène vu le contexte financier. « Mais on se confronte à certaines limites. On voit des clubs vendus à des investisseurs étrangers. Je me bats pour maintenir ce modèle local, détenu par un entrepreneur local. Je crains que ce modèle soit en voie d’extinction. » L’appât du gain n’a jamais été la source de motivation de l’entrepreneur dijonnais qui porte une autre ambition : « redonner un rôle local au DFCO et susciter des émotions chez les spectateurs. » Cette volonté passe notamment par le centre de formation où chaque année, des centaines de jeunes apprennent plus qu’un sport. « On leur inculque aussi des valeurs sportives. »
Un club qui sait se démarquer
Dans sa vision du club, Pierre-Henri Deballon a également souhaité recréer du lien aussi bien avec la ligue de Bourgogne qu’avec les petits clubs du district. « Nous ne sommes pas là pour les regarder de haut. Je nous vois comme des partenaires. » Une conception du club qui se traduit aussi par un soutien apporté aux associations locales à travers une taxe Tobin de 0,5 %, que le club s’impose sur chacun de ses transferts de joueurs. « Chaque année nous choisissons une association. En 2025, c’était l’association de Stéphane Jobard pour les enfants en situation de handicap. En 2026, c’était l’association Coup de pouce. » Conscient que le club fait partie du tissu local, qu’il soit sportif, économique, social… ; Pierre-Henri Deballon met aussi l’accent sur la relation avec le public. « Notre rôle, c’est aussi de créer des moments de communion dans le stade. » Et le président se réjouit que l’entraîneur, issu du circuit amateur, entretienne une certaine proximité avec les supporters. « Il apporte des valeurs différentes, plus proches des gens. »

Même si le DFCO reste une entreprise, avec ses charges et son déficit, Pierre-Henri Deballon rappelle aussi sa dynamique, ses amateurs, la popularité de ce sport, sa médiatisation. « Il faut en profiter pour lancer des mouvements. Même nos actions modestes peuvent contribuer au mieux vivre ensemble. » Et rien n’empêche également de rêver grand même pour un club perçu comme petit : « J’ai la folie de croire que nous pourrons faire plus un jour. Pourquoi pas une coupe de France, …, d’Europe ! » Des rêves sans doute partagés par tout un territoire, et pas uniquement par les experts du football. Si le DFCO gagne, au final, la Côte-d’Or y gagne aussi.
Nadège Hubert