Pour qu’une communauté de communes fonctionne, la collaboration s’avère indispensable entre les élus et les territoires qui la composent À Auxonne Pontailler Val de Saône, l’intérêt général reste la préoccupation de tous sans négliger les communes qui forment la collectivité.
« La cellule première de la démocratie locale, c’est la commune. Chacun habite une commune et y attache un sentiment d’identité fort. Nous partageons cette conception », introduit Marie-Claire Bonnet-Vallet, présidente de la communauté de communes Auxonne-Pontailler-Val de Saône. Le territoire regroupe 35 communes et abrite 23 500 habitants. Alors qu’elle entame un nouveau mandat à ce poste, seule femme du département à tenir ce rôle, Marie-Claire Bonnet-Vallet rappelle qu’elle a été élue par ses pairs autour d’un projet de territoire. Elle met également l’accent sur les valeurs communes qui animent les élus locaux, à commencer par la solidarité au profit des communes. « Les maires gardent la liberté de mener leurs projets et quand une difficulté se présente, qu’elle relève des moyens techniques, humains, matériels ou financiers, ils peuvent s’appuyer sur la communauté de communes. » En ce sens, la collectivité a mis en place des fonds de concours. 1,3 million d’euros a ainsi profité à 23 des 35 communes, un soutien financier plafonné à 100 000 euros. La communauté de communes met aussi l’accent sur la mutualisation pour engager des marchés communs, plus économiques pour les mairies, mais toujours dans le respect des prérogatives de chacun.

« On ne se pose pas de questions »
Si la commune demeure l’échelon de base, la communauté de communes doit toutefois mener ses propres actions. « Souvent, on ne se pose pas de questions. L’intérêt général de la collectivité se traduit avec de grands projets comme celui de la cuisine centrale prévue pour début 2029 et qui profitera à tous les enfants du territoire. » La structure servira par ailleurs avec la communauté de communes du Mirebellois-Fontenois voisine qui s’appuiera dessus pour gagner en capacité.
Le tourisme relève lui aussi d’une dimension qui dépasse la stricte frontière communale et qui fédère les élus locaux. « La Saône est une chance pour notre territoire, un élément fort et fédérateur pour la majorité de nos communes. » Deux tiers d’entre elles sont en effet traversées par la voie bleue. « Et quand la Saône ne passe pas, elles y ont un intérêt en proximité avec un impact sur l’économie locale. »
Chaque fois, charge à la collectivité de s’assurer que le projet exposé n’est pas dommageable à une commune et qu’il répond à l’intérêt général. « Nous devons nous affranchir de tout intérêt particulier. Et même si toutes les décisions n’ont pas un intérêt pour les 35 communes, il faut regarder le projet dans sa globalité, mesurer l’impact pour l’ensemble du territoire, trouver des contreparties. Nous devons prendre en compte la soutenabilité et l’acceptabilité pour tous. » Cette recherche constante de l’équilibre, la présidente la garde en permanence en tête, afin qu’il n’y ait pas de perdant dans les actions concrètes mises en place. « Il n’y a pas de solidarité communautaire sans preuve de solidarité communautaire ! »

Un pour tous et tous pour l’intérêt général
Loin des querelles de clocher passées qui ont pu ponctuer les relations entre élus, Marie-Claire Bonnet-Vallet considère qu’ils ont plus de raisons de se rassembler que de se diviser. « Tous les élus partagent cette vision ! » se réjouit la présidente. Avec les récentes élections municipales, « la comcom » compte 40 % de nouveaux élus tandis que le conseil communautaire a été renouvelé à plus de 50 %. « Nous nous appliquons à ce que chaque territoire soit représenté dans les 19 membres du bureau et les commissions. » La collectivité met aussi un point d’honneur à rapprocher les élus des services pour garantir une meilleure compréhension de tous. Concrètement, tous ont été invités à participer à des ateliers avec les agents de la communauté de communes, une façon pour les nouveaux maires de mieux appréhender les missions et compétences, et pour les anciens de renforcer les liens tout en revoyant les bases. « C’est aussi un moyen pour les élus de faire connaissance et donc de mieux travailler ensemble. »
Jusqu’à cinq fois par an, la communauté de communes organise sa conférence des maires, moment privilégié où chacun peut s’exprimer. « Toutes les communes, petites ou grandes, ne disposent que d’une voix. Nous sommes tous sur un pied d’égalité », insiste Marie-Claire Bonnet-Vallet qui défend ce principe et souhaite encourager la parole de chacun, même quand il s’agit d’exprimer un désaccord. Tant que l’intérêt général prime !
Nadège Hubert