A Ornans, le Verger des Queuteux sème la solidarité et récolte le bien-vivre ensemble

A Ornans, le Verger des Queuteux sème la solidarité et récolte le bien-vivre ensemble

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Contact : vergerdesqueuteux@gmail.com


04 mai 2026

A Ornans, au cœur de la vallée de la Loue, une association s'active pour prendre soin de l'ensemble du vivant sur son territoire. Plantation et entretien d'un verger, remobilisation sociale, sensibilisation à la biodiversité, création de liens... Bienvenue au Verger des Queuteux ! 

Nul ne l’ignore, consommés dans le cadre d’une alimentation équilibrée, les fruits sont bons pour la santé. Mais à Ornans, ils sont aussi bons pour la société, grâce à l’association « Le Verger des Queuteux ». Fondée en décembre 2023 par Jérôme Pina, qui en est aujourd’hui le chargé de développement, l’association crée un verger partagé afin d’en faire, entre autres, un outil de remobilisation à l’emploi. « J’ai travaillé en tant qu’accompagnant socio-professionnel pendant dix ans pour l’association "Tri" à Quingey qui mène un gros chantier d’insertion. Mais c'est à 30 km d'Ornans, soit 45 minutes de voiture. Il y avait un manque sur notre territoire », explique Jérôme Pina. Soutenue par la municipalité, qui met à sa disposition un terrain d’1,5 hectare, l’association donne vie au verger petit à petit. Aujourd’hui, 100 arbres sont plantés : cerisiers, mirabelliers, noyers, pruniers, pommiers… « Nous voulions une grande variété pour avoir un maximum de saisonnalité. » Si ces derniers sont encore trop jeunes pour produire des fruits, l’association organise déjà des ateliers de remobilisation sociale, grâce à un partenariat avec le Super U local qui lui permet de récupérer les fruits invendables et de les transformer. Des personnes volontaires orientées par les travailleurs sociaux - l’association a notamment signé une convention de partenariat avec la mission locale, et en prépare une autre avec le Département du Doubs - et des bénévoles de l’association se donnent rendez-vous chaque semaine dans le local prêté lui aussi par la mairie à quelques mètres du verger, pour donner une seconde vie à 15 kg de fruits, suivant des process et règles d’hygiène stricts. « L’objectif est de redonner de la confiance aux participants dans une ambiance bienveillante, grâce à un projet qui a du sens : la lutte contre le gaspillage alimentaire, et plus largement l'entretien du verger. Du lien social se crée, les personnes sortent de l’isolement », souligne Jérôme Pina. Les 30 à 50 pots produits sont commercialisés dans plusieurs établissements de la commune et trouvent chaque semaine leurs clients.

Un lieu d'apprentissages

Après un peu plus de deux ans d’existence, l’association est déjà bien enracinée sur son territoire, grâce aux liens qu’elle noue avec différents acteurs. Qualifié d' "aire territoriale éducative", le verger accueille régulièrement les élèves de CM1 de l’école primaire municipale Courbet. « Nous faisons intervenir des associations spécialisées comme la LPO pour sensibiliser les enfants à l’environnement, leur permettre d’acquérir des connaissances sur la faune et la flore ». Le terrain étant une prairie naturelle, il y a de quoi observer ! Jérôme Pina sourit : « On a déjà vu une pie-grièche écorcheur, une espèce protégée au niveau européen, vous vous rendez compte ?! ». Une classe de bac pro du CFA de Chateaufarine (qui propose des formations dans les domaines de l'agriculture, l'alimentation, la forêt, le bois, le paysage et l’environnement) accompagne également le projet en aidant lors de la plantation d’arbres et en donnant des conseils d’entretien et de taille. Les connaissances se partagent aussi entre pairs : « L’association “Les fruits au pays de Courbet” nous transmet ses savoirs autour de la taille et de la greffe d’arbres. Ils participent à nos animations et nous aux leurs. Nous créons des ponts ». 

 

Et de vie sociale

À terme, le Verger des Queuteux entend vendre sa production, biologique et locale, en circuit court, en suivant le modèle des Jardins de Cocagne. « Ce sont des lieux de réinsertion professionnelle, soutenus par un réseau de consommacteurs qui achètent des paniers hebdomadaires », précise Jérôme Pina. « Mais on ne sera jamais qu'un lieu de production. » C'est avant tout un lieu de rencontre. Des événements sont d'ailleurs déjà organisés pour inviter les habitants à s’approprier le lieu de manière ludique, à se rencontrer : visites avec des spécialistes des plantes, ateliers d'aquarelles, lecture de contes… Les idées ne manquent pas. L’association cherche d’ailleurs à financer l’acquisition d’un pressoir, pour faire des jus en plus des confitures. Et pouvoir ainsi récupérer les fruits abimés au pieds des arbres des particuliers afin d’eux aussi, les transformer !

Déborah Vital

 

 

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