La communauté de communes du Pays de Sancey-Belleherbe, avec le soutien de l’Ademe, du Département et de la MSA, a mis en place un schéma cyclable directeur. Plutôt que de tout miser sur des pistes cyclables, la collectivité a mené une réflexion profonde pour penser une stratégie de promotion du vélo et de sécurisation des usages.
Elle n’avait pas la compétence mais elle s’en est quand même saisie ! La mobilité se trouve d’abord être l’affaire du PETR du Doubs central qui réunit trois communautés de communes. À côté de celle du Doubs Baumois et celle des Deux Vallées vertes, la communauté de communes Pays de Sancey-Belleherbe, 27 communes et 5 300 habitants, voulait avancer sur la question des mobilités douces. Pour avancer un peu plus vite sur le sujet, la collectivité a décidé d’initier un projet en parallèle au travail du PETR. « Nous avons saisi l’opportunité de l’appel à projet A vélo 3 de l’Ademe qui pouvait financer l’étude pour un schéma directeur et un poste d’ingénierie sur trois ans », explique le responsable du pôle services à la population et mobilité au sein de la communauté de communes du Pays de Sancey-Belleherbe.
Le dossier a été retenu par l’Ademe qui a pris en charge l’étude préalable et l’équivalent du tiers d’un poste à temps complet. Le projet a également bénéficié du soutien du département du Doubs et de la MSA de Franche-Comté, laissant un reste à charge de 20 % à la collectivité. « Ce financement nous a permis de maintenir un poste en consacrant une partie de son travail à ce projet. » Au moment de choisir le bureau d’études auquel confier la réalisation de l’étude pour réaliser le schéma cyclable directeur, la comm com a été confrontée à un large choix mettant en concurrence des grandes entreprises nationales ou un cabinet local, plus modeste. « La crainte que les bureaux d’études nationaux ne se contentent de dupliquer ce qu’ils auraient déjà fait ailleurs en France, sans que ce soit nécessairement adapté chez nous, à contribuer à porter le choix sur la PME du territoire. » Jules Quentin met en avant les atouts de l’entreprise locale, à commencer par sa connaissance du territoire, sa proximité ou encore sa réactivité. « Le responsable a parcouru plus de 3 000 kilomètres à vélo. L’approche était sans doute plus artisanale mais elle nous convenait et le travail a été fourni. » Pendant un an, la société, les services et les élus ont construit point par point leur stratégie cyclable.

Une stratégie bien pensée
En raison des dénivelés, le travail engagé ne consistait pas à installer des pistes cyclables dans tous les sens. « Nous avons réfléchi à différentes solutions pour favoriser le vélo en nous concentrant sur quatre axes. » Le premier concernait les quatre groupes scolaires de la communauté de communes afin que les trajets domicile-école se fassent dans les meilleures conditions, à commencer par une sécurisation des abords des écoles. Signalétiques, stationnements et aménagements ont donc été imaginés « Il ne s’agit pas de construire des pistes cyclables mais plutôt de déclasser certaines voiries peu fréquentées pour les limiter aux usages agricoles et aux vélos, de revoir la signalisation … ça réduit les dépenses. » Le deuxième axe porte sur les liaisons entre les bourgs-centres et l’Eurovéloroute 6 de Baume-les-Dames avec ses touristes. « Nous avons notamment pensé à des chaucidous, raccourci de chaussées à circulation douce. » Concrètement, les voitures circulent sur une voie centrale, entourée de chaque côté par une portion dédiée aux vélos qu’elles peuvent emprunter au moment d’un croisement.
Le troisième axe de travail s’est dédié au développement du cyclotourisme, cycloloisirs et au VTT, alors que le dernier vise à améliorer la culture du vélo. « Nous voulons encourager les habitants à laisser la voiture pour les courtes distances. » Dans cette optique, la communauté de communes du Pays de Sancey-Belleherbe s’est tournée vers les élèves de CM1 en leur dispensant six demi-journées de formation consacrées à l’apprentissage du vélo et à la circulation en autonomie.

Changer de vitesse
« Le schéma cyclable directeur se révèle un document indispensable pour planifier et penser les aménagements futurs mais aussi pour trouver les financements pour ces aménagements. C’est la première pierre qui permet de construire le reste », insiste Jules Quentin. De cette étude découlent de nombreuses fiches actions, dont certaines dépendent de la communauté de communes, mais pas toutes. Les communes se trouvent en première ligne des actions à mettre en place. « Avec les récentes élections, nous voulons d’abord permettre aux nouveaux élus de prendre leurs marques, de s’approprier les projets évoqués et aux maires réélus de faire de même. Nous pourrons ensuite les accompagner dans la recherche de financement pour la mise en œuvre. » Le responsable met aussi en lumière l’importance de mobiliser d’autres acteurs, eux aussi parties prenantes du développement d’une stratégie cyclable, tels que les associations, les groupes scolaires, les habitants. La comm comm souhaite donc mettre tout le monde en selle sans que les élus ne perdent les pédales !
Nadège Hubert