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Les 21, 22 et 23 mai prochain, l’Expérimentarium fêtera son anniversaire au Centre des sciences du goût et au musée des Beaux-Arts. Depuis 25 ans, le programme rapproche le grand public et les scolaires de l’univers de la recherche mettant la vulgarisation scientifique au cœur de ses évènements.
20 000 rencontres organisées en 25 ans ! Le chiffre donne le vertige et traduit le résultat du travail de l’équipe de l’Expérimentarium. Inspiré des expériences de physique organisées par l’université libre de Bruxelles pour des enfants, le programme dijonnais a construit son propre ADN avec des rencontres entre de jeunes chercheurs venus de toutes les disciplines enseignées, et différents publics, qu’ils soient scolaires ou adultes profanes. La première s’est déroulée à Quetigny en 2001.
« Comme je venais du secteur de l’animation, je savais que le contact avec des enfants ne s’improvisait pas, donc nous avons créé une formation pour les chercheurs », explique Lionel Maillot, directeur du réseau des Expérimentariums qui a contribué à la mise en place du programme. Plus de 500 chercheurs de l’université Bourgogne Europe ont ainsi profité d’une vingtaine d’heures d’une formation spécifique pour participer à des rencontres avec le public, jeune ou moins jeune ; plus de 1 000 dans tout le réseau qui réunit aujourd’hui sept territoires entre l’Hexagone, l’outre-mer et le Québec. Toutefois, les échanges n’ont pas vocation à expliquer la science aux néophytes. « Nous avons porté le propos sur la recherche plus que sur la science et les résultats obtenus. » Que fait un chercheur jour après jour ? Commet-il des erreurs ? Quels sont ses succès, ses difficultés ? L’Expérimentarium met en lumière le travail quotidien qu’implique la recherche, et ce dans tous les domaines, de la physique à la littérature, de la sociologie au sport. Il vulgarise le quotidien des doctorants. « Le chercheur vient témoigner de son vécu de l’intérieur de la recherche. Il ne s’agit pas d’une présentation. »

La convivialité au cœur des échanges
La réussite que connait l’Expérimentarium depuis 25 ans tient au soin et à l’attention apportés à ce moment de rencontre, de la considération apportée aussi bien au public, quel qu’il soit, qu’aux chercheurs et doctorants. D’ailleurs, selon Lionel Maillot, ces derniers « prennent plaisir à participer à l’Expé car ils y trouvent le soutien du public par l’intérêt généré mais aussi de notre équipe. Ils repartent motivés, avec le sentiment qu’ils ne sont pas totalement seuls face à leur recherche alors que parfois, il n’y a que quelques personnes dans le monde capables de comprendre ce qu’ils font. » Les rencontres deviennent alors des bouffées d’oxygène et créent une communauté de « ceux qui ont fait l’Expé ».
Connaissance à double sens
Au fil des évènements, un autre constat s’est imposé : le chercheur apprend autant que le public. Parfois des liens se tissent, des collaborations voient le jour entre l’expert et les personnes qui se sont déplacées, qu’elles représentent une association ou une entreprise. « Les rencontres ne servent pas seulement à éclairer les gens mais aussi à apporter quelque chose aux chercheurs. » L’Expérimentarium a par exemple mis en place son dispositif Mon idée pour un chercheur. « C’est une évolution radicale de l’idée que la vulgarisation se limite à aller du savant vers le néophyte », résume Lionel Maillot. Ainsi, après que le chercheur ait présenté son travail, enfants et adultes peuvent le questionner et lui suggérer des orientations, même les plus incongrues, conduisant parfois à des réactions du genre : « Ah mais oui, je n’y avais pas pensé ! ». L’Expérimentarium offre un autre rapport à la recherche et aide les doctorants à rafraichir leur point de vue, à ouvrir leur esprit à d’autres idées. « Avoir un seul objectif, c’est se fermer aux autres enjeux et aux richesses du dispositif. »

Pendant l’anniversaire de l’Expérimentarium, le public pourra découvrir d’autres modules de rencontre comme le speed searching avec des échanges minutés, directs et constructifs ou encore la façon dont un chercheur interprète une œuvre du musée des Beaux-Arts sous l’angle de son travail. Autant de façons de plonger en toute sérénité, avec bienveillance, convivialité ou même amusement dans le monde de la recherche.
Nadège Hubert
