Une nouvelle unité du service de médecine légale du CHU Dijon Bourgogne a ouvert ses portes au sein de la clinique Bénigne Joly à Talant. Destiné aux femmes victimes de violence, le lieu s’adresse plus largement à toutes les femmes ayant des questions sur sa santé.
Un médecin légiste, un(e) psychologue, une assistante sociale, une infirmière spécialisée dans la prise en charge des violences, une sage-femme et un(e) gynécologue composent l’équipe pluridisciplinaire au service des femmes dans la nouvelle Maison des femmes, inaugurée ce 7 janvier à Talant. Installé dans la clinique Bénigne Joly, ce nouvel équipement s’inscrit dans la dynamique gouvernementale de doter chaque département d’un dispositif similaire. « Il y a actuellement une centaine de maisons dans 81 départements », a souligné Paul Mourier, préfet de Bourgogne-Franche-Comté.

Ouvert depuis l’été 2025, le lieu a déjà accueilli un peu plus de 120 femmes. Elles y sont accompagnées et reçoivent un bilan de situation et un suivi dans les six mois. Si la Maison des femmes répond, en toute confidentialité, à toutes celles qui seraient victimes de violences conjugales, sexuelles ou psychologiques, la structure s’adresse également à celles qui s’interrogeraient sur leur contraception, un suivi de grossesse, la prévention des infections sexuellement transmissibles, mais aussi sur le dépistage du cancer du col de l’utérus ou l’IVG. Les femmes qui ne disposent pas de suivi gynécologique régulier peuvent être accueillies pour un accompagnement en santé sexuelle. La Maison des femmes couvre enfin un troisième volet en apportant une réponse aux femmes victimes d’excision. Elles peuvent bénéficier d’un accompagnement spécifique, incluant une évaluation médicale, un accompagnement psychologique, et une prise en charge chirurgicale de réparation si nécessaire.
Un outil tristement nécessaire
« Nous vivons un moment privilégié mais aussi un regret et une satisfaction », a précisé Fredd Serveaux, directeur général du CHU Dijon Bourgogne en évoquant le travail de longue date mené par les équipes pour aboutir à l’inauguration de l’établissement, le « phénomène effroyable » que vivent les femmes, chiffres à l’appui, et enfin, la satisfaction de pouvoir leur apporter une prise en charge. « C’est un lieu pensé comme un maillon complémentaire aux solutions existantes. »

"Cet espace de soin indispensable et sécurisant" ; comme l’a souligné Kildine Bataille, adjointe à la maire de Dijon, déléguée à la petite enfance, l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes ; devrait assurer trois missions détaillées par la marraine de l’établissement Claudie Haigneré, astronaute et ancienne ministre. « Cette maison soignera le corps et l’esprit, fera de la prévention en brisant le silence et sera un plaidoyer pour faire évoluer les politiques publiques. »

Soutenue par l’État, l’ARS, le Département de la Côte-d’Or, la Ville de Dijon, Vyv Bourgogne, la fondation Accor et la fondation Engie, la Maison des femmes a rejoint le collectif ReStart et s’inscrit parmi les 32 maisons du genre du réseau. Une nouvelle maison devrait ouvrir ses portes dans les prochains mois à Besançon.
Nadège Hubert


