La communauté de communes de Gevrey-Chambertin et Nuits-Saint-Georges débute un nouveau projet structurant en posant la première pierre de son futur pôle périscolaire et extrascolaire. Cet investissement de près de 4,5 millions d’euros s’inscrira dans la durée au service des habitants.
Les constructions des années 70 ne répondent plus aux enjeux de société et aux utilisations du 21ème siècle. L’Arc-en-Ciel de Gevrey-Chambertin ne fait pas exception à la règle. Posant des problèmes fonctionnels et comportant de l’amiante, le bâtiment doit être transformé. « L’urgence nous a guidé pour choisir où positionner nos budgets dans l’intérêt des habitants mais aussi des équipes » a expliqué Pascal Grappin, président de la communauté de communes de Gevrey-Chambertin et Nuits-Saint-Georges quelques minutes avant de poser la première pierre du futur équipement. « Nous ferons un projet global, à tiroir. » La collectivité a reçu de la commune de Gevrey-Chambertin, à titre gracieux, un terrain de 3 800 mètres carrés adossés au nouveau groupe scolaire Roupnel. Sur ce terrain, la communauté de communes a entamé la construction de son nouveau pôle périscolaire et extrascolaire. « Nous aurons aussi un restaurant scolaire qui accueillera 90 enfants de maternelle à table pour un service et 160 enfants en self à travers deux services. Nous compterons aussi deux salles d’activités pour la communauté de communes qui se destineront, entre autres, au contrat local d’accompagnement scolaire s’adressant aux élèves de primaire en difficulté. » Une cinquantaine d’enfants profitent de ce programme entre Gevrey-Chambertin, Nuits-Saint-Georges mais aussi Saulon-la-Chapelle ou encore Gilly-les-Citeaux. « Les retours des enseignants sur ce programme traduisent les progrès réalisés par les enfants. » En complément, le bâtiment abritera une salle dédiée à une conseillère numérique afin d’accompagner toutes personnes en ayant besoin.
Optimiser les financements
Ce projet demande un investissement de près de 4,5 millions d’euros dont 3,9 millions dédiés à la construction. Dans le cadre de son projet global, « à tiroir », la collectivité a sollicité des subventions à commencer par l’Etat qui, à travers la DETR, intervient à hauteur d’environ un million d’euros. Le conseil départemental apporte quant à lui 500 000 euros et la Région, par le biais du contrat avec le pays beaunois, débloque 300 000 euros. L’investissement n’aurait pas pu se faire non plus sans le soutien de la CAF avec une enveloppe de 300 000 euros, de l’ADEME pour 121 000 euros et enfin du SICECO qui finit le tour de table avec un financement de 29 000 euros. Au total, le futur pôle profitera d’un peu plus de 50 % de subventions.
Pour solliciter d’autres subventions, la communauté de communes a décidé de mener son projet par phase. Après le déménagement du périscolaire et de l’extrascolaire prévu pour l’automne 2026, la collectivité prévoit de transformer l’actuel restaurant scolaire en médiathèque. « Nous pourrons casser puis nous installerons le multiaccueil à la place de l’actuel Arc-en-Ciel. » Pascal Grappin n’a pas manqué d’interpeller le sous-préfet de Beaune sur les nécessaires financements pour ses projets et pour d’autres à venir. « Nous aurons aussi besoin d’une salle de répétition pour notre école de musique à Gevrey-Chambertin. » De son côté, le représentant de l’Etat, Benoit Byrski, a salué le projet, « fruit de l’intercommunalité qui porte ce projet. Si nous étions restés à nos petites collectivités, nous n’aurions pas de projet de cette envergure. »

Pour les jeunes des prochaines décennies
Après avoir lancé les travaux de rénovation du gymnase de Brochon avec les élus locaux, le sous-préfet s’est réjoui d’un nouvel équipement susceptible d’impacter l’attractivité du territoire alors que le département perd en habitant. « On attire les familles, on crée de l’emploi local et on remet aussi du beau dans l’architecture tout en amenant du durable. »
L’architecte du projet, le représentant du cabinet Silt, a quant à lui détaillé le projet à naitre. « Nous l’avons pensé dans la continuité de l’existant. Nous avons voulu un projet ancré dans son territoire et son époque. » Evoquant le principe du cloitre avec un jardin central, le futur pôle intègrera du chauffage par forage géothermique, de la pierre de Bourgogne venue de l’Yonne, une isolation en botte de paille et des charpentes et une ossature bois. « Ce sera un bâtiment robuste capable de durer plus de 50 ans. Nous portons une ambition environnementale, presque militante. » En concertation avec les équipes et les élus, l’architecte a repensé les usages, les dispositions mais aussi intégré un préau.
Dans cette démarche de transition, à côté de son financement de 29 000 euros, le SICECO a apporté ses compétences techniques. « Peu de département profite d’un tel accompagnement » ont souligné Pascal Grappin et l’architecte. Référent technique sur le volet énergie, le SICECO apporte une garantie quant aux choix techniques qui permettront d’atteindre les objectifs de performance, de durabilité et de confort. Sur ce projet spécifique, l’économe de flux du syndicat a vérifié que l’ensemble des exigences techniques et énergétiques étaient bien prises en compte telles que l’isolation, le confort thermique et la performance globale du bâtiment. Le SICECO reste aux côtés de la collectivité jusqu’à la livraison du site, et sera encore présent pendant les phases de réglage et d’optimisation des systèmes énergétiques afin de garantir une exploitation à la hauteur des ambitions du projet.
Nadège Hubert
