Des travaux de restauration de cours d'eau d'une ampleur inédite dans le Parc naturel régional du Morvan

Des travaux de restauration de cours d'eau d'une ampleur inédite dans le Parc naturel régional du Morvan

Info+ :

L’Anguison déploie ses méandres

Là où l'ancien lit est bien formé aucune intervention n'a été réalisée

Crédit photos ©Parc naturel régional du Morvan


06 octobre 2026

Débutés le 31 août, les travaux de restauration de l’Anguison à Montbaron, sur les communes de Vauclaix (58) et Cervon (58), touchent à leur fin. Le lit restauré sera prochainement remis en eau. Portée par le Parc naturel régional du Morvan, en accord avec le propriétaire, l’opération va permettre à la rivière de retrouver un fonctionnement plus naturel.

Un peu d’histoire…

En 1871, Eugène Dupin, propriétaire à Raffigny (Gâcogne), est autorisé à construire 3 barrages d’irrigation dans l’Anguison en amont de Montbaron.

Dans le règlement d’eau dressé par l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, on apprend que « la rivière, flottable à bûches perdues, [y] a été redressée il y a quelques années sur près de 1 100 mètres de longueur et, sur tout ce développement, le nouveau lit est parallèle à la route impériale n°77bis ». L’ingénieur ajoute que « la pente du cours d’eau [est] considérable »...

Des dysfonctionnements de plus en plus marqués

Cette pente « considérable », ajoutée à une largeur et une profondeur augmentées, font de l’Anguison un canal. L’eau file… En cas de crue, les débordements se font plus rares. En période de sécheresse, le débit dans la rivière diminue plus rapidement. La rivière, perchée par rapport au fond de vallée, ne peut plus être réalimentée par la nappe de bas fond. La situation s’aggrave au fil du temps, car la rivière, entravée dans ses débordements, s’enfonce. Les arbres sur les berges dépérissent. Le talus de la route s’effondre, nécessitant des enrochements.

La reconnexion à l’ancien lit de l’Anguison

Les travaux ont consisté à :

- remettre la rivière dans un tracé ancien, défini à partir du cadastre napoléonien, des observations de terrain et d’un modèle numérique de terrain. En passant d’un tracé rectifié aux anciens méandres, le linéaire de rivière augmente de 700 m et la pente diminue ;
- façonner un gabarit de rivière permettant les débordements en cas de crue. Le niveau d’intervention est adapté à la - -configuration existante. Sur près de 800 m, aucune intervention n’est prévue car l’ancien lit est encore marqué. Il évoluera de façon spontanée ;
- dans les secteurs non boisés, planter des arbustes sur les berges et les protéger par une clôture ;
restaurer un ancien pont à deux arches.
 

La reconnexion d'un ancien méandre

De nombreux bénéfices attendus

Par ces travaux, ce sont les fonctions de la rivière qui seront réhabilitées :

- débordement en cas de crue faisant une zone d’expansion et protégeant des secteurs à risques à l’aval ;
- étiages moins précoces et moins prononcés ;
- amélioration de la biodiversité grâce à des habitats plus nombreux et plus diversifiés ;
- amélioration de la qualité de l’eau grâce aux échanges entre la rivière et les zones humides...

Un projet impliquant plusieurs partenaires

Ce projet a vu le jour grâce à l’engagement conjoint du propriétaire des parcelles et du Parc naturel régional du Morvan. Le Parc exerce la compétence « gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations » sur le bassin versant de l’Yonne amont et de la Cure. La Fédération de Pêche de la Nièvre a effectué des pêches de sauvegarde pour éviter tout impact sur les poissons au moment des travaux.

Ces derniers sont réalisés par l’entreprise Bongard Bazot et Fils, une entreprise dotée d’une forte expérience pour ces interventions en milieux sensibles, sous maîtrise d’œuvre de BIOTEC ingénierie. La restauration du vieux pont a été confiée à l’entreprise Thivent.

L’opération bénéficie d’un financement à 100 % grâce à l’Agence de l’eau Seine-Normandie, aux fonds européens et à l’établissement public Seine Grands Lacs.

Quelques chiffres :

- 1,8 km : linéaire de rivière restaurée
- 265 548€ TTC : coût des travaux de restauration du cours d’eau 16 semaines : durée des travaux

Et maintenant ?

Un suivi après travaux sera effectué pour documenter l’évolution de la rivière et évaluer les effets sur les poissons, la flore des milieux humides, la profondeur de la nappe… Cette expérience est déjà riche d’enseignements pour d’autres opérations qui seront portées par le Parc.

Erosion du talus de la route départementale 977bis le long du lit existant de l’Anguison

Modelé du nouveau tracé



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