Nouveau mandat ou reconduction à la fonction de maire, chacun vit cette mission à sa façon. Le nombre d’habitants, les spécificités du territoire, l’expérience… Autant de facteurs qui participent de la façon dont l’élu mène ses actions mais aussi la façon dont il vit son rôle. L’Echo des communes a donc décidé de s’intéresser à ceux qui façonnent la Côte-d’Or et qui font battre son cœur et rythment la vie des habitants : les maires. Premier rendez-vous avec Gilles Brachotte, maire de Thorey-en-Plaine et 1er Vice-Président de la Communauté de Communes de la Plaine Dijonnaise. Ce professeur des universités a débuté son troisième mandat de marie en mars dernier dans cette commune de 1 176 habitants.
En un mot, un seul, quel mot associeriez-vous à la fonction de maire ? « Engagement »
Pour vous, que veux dire être maire ?
« Être maire, c’est d’abord être à l’écoute. C’est être disponible, comprendre les attentes, les difficultés, mais aussi les envies des habitants. C’est essayer, chaque jour, de faire en sorte que chacun soit heureux de vivre dans son village. Cela veut dire préserver et renforcer le vivre-ensemble, créer les conditions pour que les habitants se rencontrent, se sentent bien, se sentent en sécurité et aient envie de construire quelque chose ensemble. Mon seul véritable guide dans les décisions que je prends, c’est de savoir si elles contribuent à améliorer la vie des habitants et à rendre notre village plus agréable à vivre. »
Avez-vous des regrets parfois ?
« Des regrets, non. Des interrogations, bien sûr. Être maire, c’est prendre des décisions, parfois dans des situations complexes, avec des contraintes financières, administratives ou réglementaires qui ne sont pas toujours visibles pour les habitants. Il arrive que l’on se demande si l’on aurait pu faire autrement ou plus vite. Mais je ne regrette pas mon engagement. Ce qui compte, c’est de pouvoir regarder les décisions prises en sachant qu’elles l’ont été avec sincérité et dans l’intérêt collectif. »
Qu’est-ce qui vous motive jour après jour ? Pourquoi avoir choisi de vous engager dans cette fonction ?
« Ce qui me motive, c’est le concret c’est à dire de voir un projet aboutir, voir un service améliorer réellement le quotidien, entendre un habitant dire qu’il se sent bien dans notre village. Je me suis engagé parce que je crois profondément à l’action locale. À l’échelle d’une commune (et intercommunale), on peut agir de manière très concrète sur la qualité de vie. On connaît les habitants, les réalités du terrain, et l’on mesure directement l’impact des décisions que l’on prend. C’est cette capacité à être utile qui m’a donné envie de m’engager. »
Quelle est la principale difficulté que vous rencontrez dans l’exercice de la fonction et comment la surmontez-vous ?
« La principale difficulté est sans doute de parvenir à concilier les attentes légitimes des habitants avec toutes les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur les communes : contraintes financières, réglementaires, administratives, délais de réalisation… Les habitants attendent naturellement des réponses rapides, alors que certains projets nécessitent beaucoup de temps. La meilleure façon de dépasser cela, c’est d’expliquer, d’être transparent, de rester à l’écoute et surtout de garder un cap. Lorsqu’on sait pourquoi on agit et que l’intérêt des habitants reste la priorité, cela aide beaucoup à avancer. »

Quel projet réalisé ou à venir vous marque ou vous a le plus marqué et pourquoi ?
« Sans hésiter, la création de notre maison de santé pluriprofessionnelle. Elle regroupe aujourd’hui une vingtaine de professionnels de santé et son rayonnement dépasse largement les limites de notre commune. Ce projet me marque particulièrement parce qu’il répond à un besoin essentiel qu'est l’accès aux soins. Au-delà du bâtiment lui-même, nous avons créé un véritable outil au service de tout un territoire en regroupant également la pharmacie du village. Dans un contexte où l’accès à la santé devient une préoccupation majeure dans de nombreuses communes, réussir à attirer et à regrouper autant de professionnels constitue une vraie réussite collective. C’est exactement le type de projet qui donne, pour moi, du sens à la fonction de maire en partant d’un besoin concret et de réussir à fédérer les acteurs, surmonter les difficultés, puis voir quelques années plus tard que le projet améliore réellement la vie quotidienne de milliers de personnes. »
Si c’était à refaire ?
« Oui, sans hésiter. La fonction demande beaucoup de temps, d’énergie et de disponibilité. Elle comporte aussi son lot de difficultés et parfois d’incompréhensions. Mais elle offre quelque chose de rare en permettant d’agir concrètement pour les autres et pour son territoire. Quand on voit un village évoluer, des projets se réaliser et des habitants heureux d’y vivre, on se dit que l’investissement en vaut la peine. Si c’était à refaire (et je l'ai refait plusieurs fois déjà), je le referais donc, avec la même envie d'être utile et contribuer, à mon niveau, au vivre ensemble. Et toujours aussi avec une équipe engagée, solidaire et qui partage la même vision de l’engagement pour la cité. »