24 juin 2025
La caisse régionale du Crédit Agricole atteint un à un les objectifs qu’elle se fixe. Après trois années de modernisation et d’investissements sur le territoire, la banque a déjà écrit le scénario de celles qui suivront avec le même souci de soutenir l’attractivité des territoires en répondant aux besoins des habitants et des acteurs économiques.
En sortie de Covid, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne a voulu faire évoluer son modèle, comme le souligne Emmanuel Vey, le directeur général. « Nous voulions nous préparer à des crises avec la volonté de voir loin, mais elles ont finalement été brutales et rapprochées » précise-t-il en faisant allusion tout à la fois à la dette publique, aux enjeux environnementaux et au contexte géopolitique mouvant. « Pour autant, l’économie ne va pas si mal » sourit le responsable. Malgré un recul de 25 % des crédits à l’habitat en 2024, il se réjouit que le premier semestre 2025 affiche une forte progression des simulations, signe avant-coureur d’une envie d’investir.
Du côté du monde économique, bien que le Crédit Agricole enregistre des défaillances post-PGE, les entreprises continuent à investir pour répondre à des carnets de commande qui tiennent la barre. « Malgré ce contexte, nous enregistrons un haut niveau de performances avec 91 millions d’euros de résultat. C’est autant que l’année précédente, mais dans un contexte plus compliqué. » Une situation financière qui a permis à la banque de prouver sa solidité, mais aussi de s’appuyer sur 2,2 milliards de fonds propres. « Cela nous donne une vision à moyen terme, un cap et une capacité à investir pour façonner les territoires en lien avec les parties prenantes et les acteurs locaux. La croissance passe par des projets de territoires ! »
En un mot, l’attractivité
Emmanuel Vey a résumé les défis à venir pour sa banque en un mot : l’attractivité. Elle concerne d’abord les clients avec l’objectif d’en acquérir 100 000 dans les trois ans et ainsi rester leader avec 30 % des parts de marché. « Nous devons être innovants avec de nouvelles solutions et de nouvelles activités comme notre banque des RH qui contribue à structurer une offre pour suivre les besoins de nos clients employeurs. » Pour séduire de nouveaux clients, le Crédit Agricole s’appuie également sur son modèle, cher à Jean-Yves Remilley, président de la caisse régionale. « Nous nous différencions par la force du modèle coopératif ; parce que nous sommes une banque de territoire avec des décisions prises sur le territoire et par notre envie de façonner le territoire. Et ça marche, puisque nous fêtons cette année nos 140 ans. »
Cette attractivité affichée passe par les locaux qui accueillent cette clientèle. L’investissement, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne l’a donc mené en rénovant ses agences, la 100?, sur 120, ayant récemment été achevée. « C’est une façon d’affirmer notre rôle d’acteur local en investissant localement. »

À côté, chacune des caisses locales du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne a réalisé un pacte territorial. « Il s’agit de voir ce qu’elles veulent amener et impulser avec les acteurs locaux. » Une centaine de projets ont ainsi émergé. Pour Emmanuel Vey, l’attractivité doit rimer avec territoire. Pour cette raison, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne s’implique au sein de Dijon Bourgogne Invest, mais lance aussi sa filiale d’investissement, CACB Invest, pour « accompagner les projets de territoire autour de quatre défis. » En tête de liste, la banque place la transition agricole, suivie de près par le soutien à la démographie à deux niveaux. « Cela signifie soutenir les générations futures à travers des structures comme l’Ecole des métiers, mais aussi des jobs dating. Cela passe aussi par le vieillissement de la population et agir contre le problème des déserts médicaux. » À ce titre, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne déploie la solution Omedys (ndlr, lire ici) avec une première expérimentation à Laignes, dans le Châtillonnais. La banque s’engage également aux côtés de CetteFamille pour installer son concept de colocation sénior (à lire ici) dans 20 communes de sa zone d’action.
Enfin, dernier axe de travail, la transition énergétique. « La région fait partie de celles qui seront le plus impactées par les pics de température, donc il faut entamer la rénovation énergétique de l’habitat. C’est également un élément d’attractivité. »
Attractive jusque dans ses bureaux
Pour porter cette image d’attractivité et de modernité, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne entend métamorphoser son siège, à deux pas du centre de Dijon. Le bâtiment construit il y a 50 ans, profitera d’une transformation en profondeur grâce à un investissement d’environ 20 millions d’euros. « Dans une première phase prévue en septembre prochain, nous allons créer un auditorium de 200 places, mais aussi repenser le restaurant de l’entreprise pour y apporter une offre plus large, à toute heure, et répondre aux nouveaux usages » détaille Laurent Haro, directeur général adjoint. Le futur site, qui devrait être finalisé au deuxième semestre 2027, se dotera également d’un atrium. En plus d’apporter de la lumière, il jouera le rôle de hub, point de convergence des différents bâtiments. La toiture intègrera des panneaux photovoltaïques tandis que l’ensemble du site bénéficiera d’une profonde végétalisation. « Nous avons pris un cabinet d’architectes local et nous ferons le choix d’entreprises locales » rappelle le président, complété par le directeur général : « Le siège fait partie des projets de territoire et pourra, par exemple, répondre aux demandes d’accueil des associations avec lesquelles nous collaborons. »
Nadège Hubert

