26 mars 2025
Moteur d’une dynamique départementale, GRDF, entouré de 24 partenaires, organisait ce 26 mars un salon dédié à la méthanisation à Losne. 300 agriculteurs et acteurs du territoire étaient invités à participer à ce Métha’Salon afin de profiter de la présence de l’ensemble des maillons de la chaine.
Quatre millions d’euros, difficile de faire un méthaniseur pour moins que ça. Face à un tel investissement, mieux vaut être sûr d’avoir toutes les clés en main avant de se lancer. Dans cette optique, GRDF et 24 partenaires, constructeurs d’équipement, financeurs, bureaux d’études, spécialistes de l’épuration se sont réunis pour une journée de salon dédié à la thématique où tous les maillons de la chaine étaient réunis. « Mieux vaut perdre une journée pour gagner du temps ensuite » sourit David Chauvin, chargé de développement biométhane chez GRDF. A Losne, près de 300 agriculteurs situés dans un rayon de 30 kilomètres autour de Seurre et de Genlis, ont été contacté pour venir chercher de l’information. « Ce type d’évènement n’attire pas les curieux, ceux qui viennent sont déjà intéressés. »
Pour s’assurer que l’enveloppe engagée par un exploitant soit pertinente, GRDF accompagne les porteurs de projet en réalisant une étude préalable, gratuite. « Nous étudions l’opportunité et le potentiel du foncier disponible pour créer et raccorder un méthaniseur. Nous nous assurons aussi que la consommation du territoire soit supérieure à la production envisagée. » Le conseiller GRDF établira un document qui détaillera la faisabilité et le coût du raccordement dont 40 % restent à la charge de l’agriculteur. Cette étude préalable, complète, s’avère une première étape utile pour initier les démarches auprès des financeurs. « GRDF accompagne le projet jusqu’à sa mise en service, soit entre trois et cinq ans après le début de la réflexion. Nous sommes là aussi pour la phase de concertation. »

Aucun regret
Si l’exploitant valide son projet, il devra alors réaliser une étude détaillée qui lui coûtera 14 000 euros. Des dépenses qui n’ont pas freiné Nicolas Février, agriculteur sur le canton de Montbard. Eleveur avec 250 bêtes, il cultive des polycultures sur 240 hectares. « Le projet est né de l’histoire de la famille d’un côté et du fait que nous soyons dans une zone intermédiaire avec des rendements faibles ainsi que de l’obligation de stockage des effluents. » L’exploitant a entamé ses réflexions en 2019 puis a mis en service son méthaniseur en janvier 2024. Avec un an de recul, il n’a aucun regret sur le saut qu’il a fait dans la méthanisation. « La ferme connait des revenus aléatoires d’une année sur l’autre. Avec la méthanisation, nous avons des revenus stables. » Des revenus engendrés par le biogaz qui peuvent, les plus mauvaises années, multiplier par trois ceux de la ferme. « C’est aussi du travail en plus. J’ai embauché un salarié à temps plein et je n’exclue pas d’en prendre un second » souligne l’agriculteur. Plus de souplesse, une meilleure visibilité… La méthanisation présente des avantages. « Il faut compter neuf ans d’amortissement pour un méthaniseur tandis que le tarif de rachat du biogaz est fixe pendant 15 ans » complète David Chauvin.

La Côte-d’Or, bonne élève !
Nicolas Février n’est pas le seul agriculteur du département engagé dans la méthanisation puisque la Côte-d’Or compte actuellement six installations qui injectent du biogaz dans le réseau, dont « le plus gros méthaniseur de France » rappelle François Gaillard, conseiller collectivités territoriales de GRDF. L’expert met en avant des chiffres qui traduisent l’engouement de la Côte-d’Or pour la méthanisation. « 14 % de la consommation de gaz du département provient du gaz vert et nous devrions atteindre 25 % d’ici 2030. » Un pourcentage qui fait de la Côte-d’Or le département le plus dynamique de la région en la matière puisque 48 % du biogaz de Bourgogne Franche Comté est produit ici.
Nadège Hubert