Voeux : la Chambre d'agriculture s'interroge

13 janvier 2026

Pour ses vœux, la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, par la voix de son président, a mis l’accent sur l’installation des jeunes et l’important sujet de l’eau. S’il a évoqué la dermatose nodulaire en quelques mots dans son discours, il ne s’est pas fait l’écho des problématiques qui amènent les agriculteurs à manifester et à bloquer les routes de Côte-d’Or.

« Il y a un an, nous étions en pleine campagne d’élections à la chambre d’agriculture, avec un slogan : ‘Des agricultures rentables pour des installations durables’ » a introduit Jacques de Loisy à l’occasion de ses vœux pour la nouvelle année. Pour autant, après avoir encouragé la diversification des exploitations céréalières vers la production d’énergie renouvelable rentable, dans son discours, il n’a pas évoqué les agriculteurs installés aux sorties d’autoroute à Beaune ou Pouilly-en-Auxois. Le président a préféré mettre en lumière l’installation des jeunes agriculteurs et agricultrices plutôt que de se positionner sur le Mercosur. Il a toutefois souligné le contexte international qui impacte les exploitations. « Il faut veiller à ce que les installations soient rentables : tout un programme, quand on sait qu’en quelques jours, une épizootie peut fermer les frontières ; qu’une décision, à l’autre bout de la planète, peut voir les exportations viticoles de Côte-d’Or frappées de taxation, limitant leur compétitivité ; et que, sous prétexte de préserver la planète, après avoir fermé les usines de fabrication d’engrais en Europe, cette dernière s’apprête à taxer le principal moyen de production permettant de produire plus et mieux des céréales, et tant d’autres productions végétales, alors que, la semaine dernière, les JA du 71 interceptaient un camion d’asperges péruviennes… »

Garantir la rentabilité agricole

Jacques de Loisy est ensuite revenu sur une préoccupation majeure dans le département comme en France, celle du foncier. « Même si la rentabilité des exploitations est parfois aléatoire, peu de surfaces sont laissées à l’abandon ces dernières années, même si l’on peut s’interroger sur certaines surfaces converties en agriculture biologique, peut-être plus par réalisme de charges que par des convictions profondes. »

Rappelant son engagement pour une agriculture de production, tout autant que pour des relais de croissance qui doivent s’implanter harmonieusement dans le département et dans ses paysages, Jacques de Loisy a regretté que certains projets peinent à aboutir. Il a ainsi mentionné le nord du département, « aux confins d’un parc, où si peu de personnes vivent et travaillent, si ce n’est les exploitations agricoles de céréales, d’élevage, notamment quelques éleveurs laitiers qui subsistent dans le département, viticulteurs de crémants, et, bien sûr, le monde forestier. »

Agir pour garantir l’eau en quantité et en qualité

Le président de la Chambre d’agriculture a fait un important focus sur la question de l’eau et rappelé le travail mené avec le Département et la préfecture au cours de l’année 2025. « 2026 doit être une année de transformation et de réalisation, car, pendant ce temps-là, l’eau s’écoule et, si nous ne la retenons pas, les batraciens ne nous demanderont pas de combien est la pente d’accès à la mare, mais où est la mare. »

Il a rappelé le rôle essentiel de cette ressource vitale pour l’agriculture, les élevages, la production de légumes et toutes cultures à valeur ajoutée comme les semences. « La gestion de l’eau est l’affaire de tous, mais elle est bien souvent présente en quantité, un instant, dans les territoires ruraux où elle tombe naturellement avant de s’infiltrer dans le sol ou de ruisseler ; et c’est bien dans ce deuxième cas qu’il convient de la stocker dans des étangs ou des plans d’eau, et de la redistribuer ensuite en fonction des besoins environnementaux, des productions agricoles, mais également de la défense incendie. » Jacques de Loisy souhaite ainsi que la gestion de l’eau s’inscrive au plus tôt dans un plan d’actions concrètes pour réduire les inondations comme en ont connu l’Auxois ou le Val de Saône, « pour qu’ensuite elle puisse participer à des agricultures rentables pour des installations durables et une production de qualité qui permettront à la Côte-d’Or de rester 100 % souveraine, et aussi exportatrice, afin de créer de la valeur sur nos territoires, de la richesse pour notre pays, et des emplois localement. »

Pour Jacques de Loisy, l’eau et l’emploi sont indissociables. « Lors de nos visites estivales sur des exploitations dans le cadre de la gestion de l’eau, nous avons pu constater que des exploitations ayant un accès sécurisé à l’eau se transmettent à de jeunes agriculteurs, mais sont aussi pourvoyeuses d’emplois. » Le sujet lui a permis de partager son inquiétude quant à l’attractivité de la filière agricole, dont le renouvellement des générations est aussi un sujet.

D’autres sujets de préoccupation

Enfin, les vœux ont permis à Jacques de Loisy de balayer d’autres sujets comme les préoccupations associées à la PAC. « La Côte-d’Or, département de zone intermédiaire, ne peut plus être la variable d’ajustement de la PAC. » Mais aussi le climat capricieux qui pèse sur les économies et sur les activités et la dermatose nodulaire contagieuse. « Je tiens à saluer ici la responsabilité des éleveurs de Côte-d’Or, qui se sont pliés à cette contrainte qui, jusqu’à ce jour, a montré qu’à travers un effort collectif, la réussite et l’issue étaient à portée de main, même si rien n’était simple. » Une actualité qui interroge le président Jacques de Loisy notamment sur l’abattage des bêtes ou les vaccinations.

Nadège Hubert

 

 

 

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