Afin de sensibiliser les collégiens et les jeunes plus largement à l’esprit critique face à la multitude d’informations et de sollicitations auxquelles ils sont soumis, la préfecture de Côte-d’Or a lancé un serious game. À travers quatre scénarios, « Carte de presse » plonge les utilisateurs dans la peau d’un journaliste confronté à des sujets de société.
Faut-il partager la photo de deux camarades qui se tiennent la main ? À quel protagoniste faut-il donner la parole dans un débat ? Le journaliste doit-il prendre position sur des sujets de société ? Autant d’interrogations auxquelles les utilisateurs de « Carte de presse » doivent trouver une réponse. Ce serious game pédagogique imaginé par la commission départementale Valeurs de la République et laïcité s’adresse aux collégiens et plus largement à tous les jeunes qui voudraient se confronter aux enjeux de l’information et des médias.
Les protagonistes peuvent choisir entre quatre scénarios et se positionner sur le harcèlement scolaire, les fake news et théories du complot, les discriminations ou encore les influenceurs et la publicité ciblée. « Ce jeu s’adresse aux jeunes de 13 à 16 ans qui consomment massivement des réseaux sociaux, ces mêmes réseaux dont certains se servent pour déverser des contenus faux, haineux ou idéologiques », a précisé Aurélie Contrecivile, directrice de cabinet du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté. Le serious game doit les aider à mieux identifier les contenus crédibles.
« L’une des missions de l’école de la République est de former des esprits critiques, qu’ils n’acceptent pas un fait sans en avoir reconnu la véracité. Il faut développer les pratiques de s’informer, d’évaluer l’information, d’identifier les éléments sous-jacents… », a complété David Muller, directeur académique des services de l’Éducation nationale.

Vérifier la compréhension des plus jeunes
Une trentaine d’enseignants ont été formés à l’outil tandis que le site compte plus de 2 500 utilisateurs individuels qui ont pu travailler avec des classes entières. « Une fois le scénario terminé, nous avons intégré des quizz pour que les professeurs évaluent les notions assimilées et jugent s’ils doivent revoir certains points », précise Martin Caye, coscénariste et membre de l’association Magna Vox, en charge de la conception du projet aux côtés de la startup Da Viking Code.
Du côté des jeunes, l’expérience semble pertinente. « On se met vraiment dans la peau des journalistes et on essaie de vérifier les informations pour relayer les bonnes choses », précise Louise. « On voit que selon les sujets, on peut agiter le collège ou la ville. Le journal peut se mettre des gens à dos selon ce qu’il décide », complète Célio.
Pour encourager le plus grand nombre à tester son esprit critique, le serious game est accessible gratuitement en ligne. Ici.
Nadège Hubert
