Plus de 400 maisons familiales rurales françaises (MFR) se sont réunies les 4 et 5 avril 2025 pour leur congrès national au Parc des Expositions et Congrès de Dijon. L’occasion pour les 1800 personnes présentes de découvrir le nouveau projet qui guidera les actions et développement des MFR jusqu'en 2037, elles qui oeuvrent au quotidien pour former avec bienveillance tout en répondant aux besoins des territoires.
Chaque année, près de 100 000 jeunes suivent une formation au sein d’une Maison Familiale et Rurale (MFR). Couvrant des domaines variés, allant de l'agriculture au secrétariat, en passant par les services à la personne ou encore les travaux et aménagements paysagers, ces organismes d’enseignement qui forment de la 4ème au BTS se distinguent par leur modèle basé sur l’alternance : les apprenants passent la moitié du temps de leur cursus en entreprise. « Davantage tournés vers la professionnalisation, ce mode de formation répond en partie aux problématiques de chômage des jeunes actifs et d’insertion sur le marché de l’emploi. C’est une chance pour notre économie et notre société » salue Nathalie Koenders, maire de Dijon. Marie-Claire Leneveu, présidente de la Fédération Régionale des MFR BFC, confirme que les jeunes s’insèrent plus facilement dans le monde du travail après leur formation, certains étant même directement embauchés par les entreprises qui les ont accueillis pendant deux ans.

Répondre aux besoins des territoires
Implantées sur des territoires ruraux, éloignés des grandes villes, les MFR sont au plus près de la population, des associations, des élus. Elles travaillent main dans la main avec ses derniers pour répondre aux besoins des territoires, « contribuant à dynamiser des zones rurales touchées par des problématiques telles que le vieillissement de la population, la difficulté d’accès aux services publics et aux soins médicaux » souligne Nathalie Koenders. En effet, Marie-Claire Leneveu explique que certaines MFR accueillent des écoles maternelle et primaire le temps du midi et préparent leurs repas. D’autres préparent et livrent les repas de personnes âgées. D'autres encore se rendent dans les ehpad pour faire des activités avec les résidents. Par cet ancrage de proximité fort, les MFR contribuent activement à la vitalité économique, sociale et culturelle des territoires.
Un nouveau projet : « Architecte d’avenirs »
Si chaque MFR a son domaine de formation spécifique, leur force réside dans le collectif, le réseau. Leur nouvelle feuille de route commune a d’ailleurs été dévoilée lors du congrès. Basé sur les fondations qui mobilisent les MFR depuis leur création il y a près de 90 ans - la reconnaissance, la valorisation de chaque personne - ce nouveau projet a été construit collectivement, en associant l’ensemble des acteurs internes des MFR ainsi que des partenaires extérieurs. Il s’inscrit dans la continuité des chantiers menés nécessaires pour s’adapter aux transformations territoriales, sociales et sociétales et s’articule autour de quatre ambitions :
- accompagner les transitions sociétales de manière éthique et responsable
- contribuer à une société de dialogue et de coopération
- promouvoir des pratiques pédagogiques et éducatives prenant en compte les rythmes et capacités de chacune et chacun
- encourager la formation tout au long de la vie
- lutter contre les discriminations et les inégalités
Ces ambitions se concrétiseront autour de cinq engagements :
- adapter les apprentissages et pratiques pédagogiques aux attentes, aux publics et innover
- renforcer l’engament des parties prenantes au sein des MFR
- agir avec ambition face aux enjeux des territoires, du local à l’international
- construire un réseau solidaire, responsable et interdépendant
- repenser les modes de travail et de collaboration
Pour le faire vivre et l’ajuster si besoin, les MFR se réuniront tous les deux ans. Avec pour cap 2037, date anniversaire du centenaire de leur création !

