Info+ :
La prochaine réunion a lieu jeudi 3 octobre à 19h30 au gymnase des Bourroches boulevard Eugène Fyot à Dijon
Pour les situations non urgentes, et ainsi ne pas saturer le 17 et le 112, vous pouvez accéder à de nombreux services sur le site du gouvernement "Ma sécurité" (déposer une plainte, prendre rdv, signaler un fait, et plus généralement s'informer)
La ville de Dijon propose en ce début d’automne trois réunions publiques sur la sécurité et la tranquillité. L’occasion de réunir tous les acteurs concernés et d’échanger avec les habitants.
Malgré la pluie battante ce mercredi 2 octobre, plusieurs dizaines de citoyens dijonnais se sont réunis au gymnase Maladière à l’occasion de la deuxième réunion publique autour de la sécurité et de la tranquillité. Organisé par la ville de Dijon, ce rendez-vous de démocratie participative a pour but de rappeler les rôles et missions de chaque acteur (élus, police municipale, nationale, préfecture, justice) et bien sûr, de recueillir la parole des habitants.

Nathalie Koenders, 1ère adjointe au maire de Dijon en charge de la tranquillité publique commence la réunion en rappelant que la sécurité est l’affaire de tous. Elle explique que si « l’élu de proximité est la première interface » recevant les plaintes des habitants, « tout ne relève pas de son rôle ni de celle de la police municipale ». Elle poursuit : « Le maire doit veiller, à travers ses pouvoirs de police, à assurer le bon ordre, la sureté, la sécurité et la salubrité publique de sa commune ». Il peut donc intervenir sur les problématiques de stationnement, la circulation, la lutte contre le bruit, la sécurité des lieux accueillants du public… A Dijon, 98 agents assurent ces missions, avec un objectif de 100 et même au delà d’ici la fin de mandat, « pour répondre à la demande sociale des habitants qui augmente sur ces sujets ». Désormais armés de jour comme de nuit, les policiers municipaux travaillent sur le terrain jusqu’à 2h30 du matin. Samid El Ouahidi, directeur de la police municipale de Dijon précise qu’ils sont répartis en 3 groupes : la police de proximité en contact avec l’ensemble des acteurs locaux qui s’inscrit dans une approche de résolution des problématiques du quotidien, le GSI (Groupe de Soutien et d’Intervention) mobilisé sur les problématiques de tranquillité publique de plus forte intensité, la sécurisation dans les transports, la vie nocturne et le centre d’information et de veille opérationnelle (recueillant les appels et gérant la vidéo surveillance des 200 caméras réparties sur la ville de Dijon). A leurs côtés, le préfet peut « faire intervenir les forces de l’ordre » ajoute Olivier Gerstlé, directeur de cabinet du préfet de BFC. Ces forces sont par ailleurs mobilisées au quotidien : « Nous recevons un appel toutes les 6 minutes, nous intervenons toutes les 20 minutes » souligne Bruno Gallot, directeur interdépartemental de la police nationale. A Dijon, ils agissent principalement sur les violences intra-familiales et atteintes aux personnes, sur l’économie souterraine et les problématiques liées aux trafics de stupéfiants, sur la sécurité routière, et sur l’occupation de la voie publique pour lutter contre le sentiment d’insécurité et la délinquance. Le relais passe ensuite au procureur, dont les compétences sont principalement pénales : il décide selon les situations des suites et sanctions adaptées. « Dans ce territoire, l’Etat avance de concert, en parfaite harmonie avec les collectivités territoriales et particulièrement avec Dijon et sa police municipale » conclue Olivier, Caracotch, procureur de la République de Dijon.
Les citoyens inclus dans la chaine de sécurité
Les habitants ont été invités à poser leurs questions et à partager leurs constats du quotidien. Problèmes de stationnement gênant, incivilités routières, renforcement de la prévention par des patrouilles plus régulières, mais aussi et surtout le sujet du trafic de stupéfiants ont animé les débats. Si ces situations, connues des différents services de sécurité, font l’objet de leur mobilisation quotidienne, comme l’ont rappelé Bruno Gallot et Samid El Ouahidi, « démanteler un réseau de trafiquants est très difficile à faire » souligne Olivier Gerstlé. « Le trafic est organisé et structuré pour qu’on ne puisse jamais saisir le trafiquant la main dans le sac ». Un constat partagé par Olivier Caracotch : « Il faut apporter la preuve de la commission de l’infraction et croyez-moi, cela suppose un travail de longue haleine en surveillance, en caractérisation. Nous faisons face à un fordisme du trafic de stup, chacun à sa mission, et il n’y a plus de lien entre l’argent et le produit ». « C’est vider la mer avec une petite cuillère » sourit Bruno Gallot, « des points de deal se créent, bougent constamment, mais on ne se décourage pas, on écope chaque jour et on croit qu’on parviendra à terme à y mettre fin ».
Pour apporter leur pierre à ce colossal édifice, les habitants aussi se mobilisent : en rapportant des faits, en adressant des courriers, en portant plainte, mais aussi en unissant leurs forces. Une habitante du quartier a par exemple signalé la création d’un groupe WhatsApp de voisins, initiative applaudie par la salle, permettant à chacun de prévenir, de réagir et s’entraider.
Déborah Vital
