1ère adjointe d'Alise Ste Reine … c’était en courant aprés une sono qui flanche, une cérémonie officielle et un coup de main en jolies chaussures à talon et lunettes de soleil … quelque part le long du Ru de vau entre Frôlois et Corpoyer la Chapelle. Un peu plus au calme, nous nous sommes retrouvées, un joli matin ensoleillé sur sa terrasse préférée pour un « café promenade
Amandine Monard a 28 ans, est première adjointe dans sa commune d’Alise Ste Reine ou elle la responsabilité du GIP BOURGOGNE et siège à la Communauté de Commune d’Alésia et de Seine « Et je suis devenue première adjointe, comme ça, très vite, sans avoir connu au préalable un mandat de conseillère municipale…cela m’a fait un peu drôle… »
Mais nous en parlerons après quelques échanges préalables, car les passions… plurielles… ne se dévoilent pas ainsi !
Après un peu de timidité, Amandine se révèle comme les fleurs s’ouvrent au soleil du matin, avec ses forces, ses fragilités, ses envies, ses ambitions et son parcours atypique.
Amandine a étudié le droit, est diplômée d’un Master2 Juriste des Collectivités Territoriales « Je savais qu’en faisant du droit, ce ne serait pas pour être avocate …non je savais que ce serait du droit public et j’ai commencé par le droit constitutionnel ». Et c’est pour parler avec simplicité de son parcours professionnel … déjà brillant … qu’Amandine pose sa cuillère dans la soucoupe. « A la communauté de communes de Montbard, j’étais chargée de projet et notamment pour la maison de santé, puis à la COPAS en charge du projet environnemental et technique de la gare et du centre d’art et de congrès … des dossiers porteurs pour le territoire … car je crois aux projets, aux personnes de projets et au territoire ».
Entre deux clins d’œil au soleil, Amandine embrasse sa maman qui passe dans la rue avec le petit Octave
« J’ai grandi à Alise, mes parents et ma sœur y vivent, je n’aurais pas voulu être élue ailleurs qu’ici où j’ai toujours vécu, où j’ai mes racines et où on croise toujours quelqu’un qu’on connaît dans la rue … je n’aimerai pas travailler non plus ailleurs, loin, mon travail aurait moins de sens car je suis attachée à ce territoire et à ses habitants… ».
Amandine a besoin de confiance réciproque et parle avec un infini respect ... et de l’admiration aussi … d’Aleth, secrétaire de mairie à Alise et de toutes les secrétaires de mairie « dont le travail est méconnu et qui font face à tout … à l’état civil bien sur, mais à tous les changements de textes de lois, de dispositions territoriales ou plus générales … qui accueillent le public pour qui il est souvent évident que les secrétaires de mairie savent ce qu’il vient chercher sans avoir à préciser … On demande beaucoup aux secrétaires de mairie et leur rôle dans le bon fonctionnement d’une commune n’est pas assez mis en avant. Entre réglementation et législation, leur travail est devenu complexe et le public ne prend pas forcément conscience que c’est un travail à part entière et pas seulement une présence aux heures d’ouverture !» A Alise, poursuit Amandine qui devient intarissable, nous avons 3 agents, un stagiaire et Laurent Maillard qui s’occupe de la SEM Alésia (Museoparc). Nous gérons la Maison Jouard ou naquit le chanoine Kir.
http://www.mairie-alise-sainte-reine.fr/
Amandine est une jeune élue capable d’une vision au jour le jour dans la gestion quotidienne de sa commune, mais aussi une élue dont la vision au long cours laisse entrevoir « que les communautés de communes pourraient prendre à leur charge la compétence des routes qui ne peut plus être portée localement par les communes…ainsi que la compétence des marchés publics ». Un éclat de rire, Amandine rit beaucoup, « finalement quand on passe de l’autre côté … le bureau, le courant et les photocopieuses sont anxiogènes … j’ai besoin d’être dans l’action et d’aller de l’avant ».
Alise Ste Reine est toute la vie d’Amandine « Alise c’est le Mystère de Ste Reine que je jouais déjà enfant…j’avais tout juste 3 ans … avec mes parents, ma famille, tous les habitants du village, et puis je suis bénévole investie dans les associations … je ne pourrai pas être une bonne élue si je n’étais pas proche des habitants, de leur vie, de nos fêtes …et quand on est élue, on ne s’en va pas au bout de six mois … on s’investit et on prend la mission qui nous est confiée à bras le corps et on fait en sorte de réaliser les projets pour lesquels les habitants d’Alise nous on fait confiance en nous élisant ».

Amandine est facétieuse avec un sourire près à nous raconter de bonnes farces et avec un air de rien mais de beaucoup à la fois « je suis membre de la Fabrique à Berlue » et le stylo tombe d’un coup mais sans être étonné et c’est moi qui éclate de rire !
Amandine est étonnante et surtout de convictions solides autant que d’engagements et de fraîcheur.
Mais nous avons aussi surpris le conservateur du musée dont c’était l’anniversaire en 8mn chrono et marier le Père Noel « d’ailleurs j’étais déguisée en sapin ».

« Au festival des Curiosités de Montbard, nous avons commis Serial Bonheur, une vraie action secrète pour les amoureux ou pour donner du bonheur simple aux gens avec l’Opération Fraisiers et aussi notre action Délation Positive ou le super Faux Kidnaping d’une victime qui retrouvait ensuite son amoureux … ils ont bu du vin de Champagne et dégusté des petits desserts rouges en forme de cœur.
Ce qui est drôle c’est de faire des choses uniques qu’on ne refera pas après, des actions éphémères pour apporter du bonheur. La Fabrique à Berlue c’est aussi le Bal à Soupe à Lucenay le Duc avec un concert délirant pour faire danser les gens. «J’aime donner des envies aux gens, des envies gaies, des envies de vie».
http://fabriqueaberlue.canalblog.com/archives/2013/08/07/27803017.html
Amandine est insolite, elle se définirait comme ça, insolite.
Secrétaire de l’Association Souvenir de la Résistance depuis 1 an, elle est la seule femme du bureau. « Mon père trouvait ça étrange pour une jeune fille, car cela fait longtemps que j’ai envie d’être membre de l’ASR, c’est important, mais c’est lui qui m’a donné la passion de l’histoire, de cette époque de l’histoire des deux guerres mondiales ». Au collège elle a participé au Concours de la Résistance « finalement c’est une continuité logique, je suivais mon père sur les commémorations et cela me fascinait … c’est bien de mettre des gerbes de fleurs, mais ce n’est pas suffisant, il faut aller vers un autre travail de mémoire et de transmissions et j’aimerai être porteuse d’un projet dans ce sens ou aider à porter un projet ».
Amandine a assisté aux manifestations des commémorations Normandes ce printemps comme une évidence et ce fut une surprise de constater que cette période à la fois sombre … mais qui a ouvert la paix … est autant valorisée sur la côte normande et les plages du débarquement … « et c’est toute l’année, pas juste quelques jours … le mémorial de Caen m’a beaucoup impressionné et la ville de Caen aussi …. c’est magnifique après avoir été autant démolie par la guerre ».
« Petite, j’étais comme un garçon manqué, ça tombait plutôt bien, mon père voulait un garçon et la première fois que j’ai mis une robe c’est en arrivant à Manchester pour mes études, mais j’ai quand même fait du piano et de l’équitation comme les filles … mais le monde des filles je l’ai découvert plus tard. Mais j’ai mon permis de chasse et je chasse avec mon père ».
Manchester c’était un choix à un moment où ce n’était pas à la mode d’étudier le droit à l’étranger et Amandine y a découvert qu’on pouvait être une fille , avec des jupes de filles car le regard de l’autre Outre Manche n’est ni jugement ni accusation. « On peut être beau ou moche, gros ou fin, habillé comme on veut et cela m’a décomplexée ».
C’était aussi rêve d’enfant pour Amandine que de voyager, mais pour revenir et toujours revenir à Alise. Elle a passé 1 an à Ottawa, a rencontré l’Irlande, l’Ecosse, Amsterdam, l’Italie, le Québec et New York comme le Cambodge et aussi l’Algérie « mais je voyage en mode route … je ne vais pas dans les hôtels, je vais voir les gens, leur vie, leurs coutumes, leur espace … d’ailleurs c’est comme cela que je me suis rendue compte que chez nous le repas français conditionne toute une organisation sociale ».
« Ce qui me ferait plaisir, ce sont des photos des rues ou des portes d’Alise, il y en a toujours une qui s’ouvre avec quelqu’un pour vous proposer une salade ou un panier de cerises ».
Photos copyright Marie Quiquemelle
mariequiquemelle@gmail.com