1.100 panneaux sont nécessaires au rétablissement de la limitation de vitesse à 90km/h sur 1 135 km de routes départementales. Débuté lundi 2 mars le chantier doit s’achever vendredi 6 mars.
François Sauvadet, Président du Conseil départemental de la Côte-d’Or à inauguré symboliquement le 1000ème panneau situé à l'entrée de Mirebeau-sur-Bèze sur la RD70. C'était pour le Président l'occasion de faire le point sur le sujet des 90 km/h après la réunion en préfecture de la Commission départementale de la sécurité routière (CDSR) et sur le déploiement des panneaux sur le réseau routier départemental.
La Côte-d’Or repasse à 90km/h
François Sauvadet présente les raisons qui l'ont amené à repasser certaines routes à 90km/h et les mesures associées
"Plus de 1.100 kilomètres (1.135 km) de routes départementales vont repasser dans les prochains jours aux 90 km/h, sur les 5.670 km du réseau départemental (1/5 du réseau).
Je m’y étais engagé dès le début et je crois au respect de la parole donnée. J’étais et je suis toujours opposé à cette mesure généralisé, la limitation de la vitesse à 80 km/h sur tout le réseau routier secondaire.
Le gouvernement a permis d’y déroger et je saisis donc cette opportunité.
C’est un investissement conséquent pour le Département, près de 600.000 €, pour installer près de 1.100 panneaux.
C’est aussi la démonstration de l’efficacité de nos services. Nous nous sommes réunis avec le Préfet, jeudi dernier. Ce samedi, le retour aux 90 km/h sera effectif. Il ne nous aura fallu que 10 jours pour installer les nouvelles signalisations.
L’hypocrisie du Gouvernement :
Les préconisations des coexperts sollicités par l’Etat, sont tellement restrictives qu’elles visent à empêcher, de fait, les présidents de départements de choisir les routes qu’ils veulent voir repasser à 90 km/h.
En effet, la circulaire du 15 janvier envoyé aux préfets stipule que les départements qui envisagent de mettre fin aux 80 km/h ont l’obligation de solliciter l’avis de la Commission Départementale de la Sécurité Routière présidée par le Préfet.
Or le gouvernement demande aux préfets de donner un « avis systématiquement défavorable » pour les tronçons où :
- est présent des arrêts de transports en commun, de la circulation d’engins agricoles et de riverains, des vélo-routes ou des traversées de chemin de grande randonnée.
- les tronçons doivent faire au moins 10 km de long.
Le retour aux 90 km/h est en outre à la charge des départements.
Une décision gouvernementale déconnectée des aspirations des citoyens
Notre position est responsable. Une telle mesure ne peut être imposée depuis Paris, uniformément sur tout le territoire, et sans aucune concertation avec les élus locaux
En effet, on ne peut pas ignorer les réalités du quotidien de nos concitoyens. Les Français des zones rurales ont besoin de leur voiture au quotidien pour se déplacer, travailler, accéder aux services publiques.
Pour nos concitoyens, une vitesse plus faible, ce sont des journées plus longues. Et pour ceux d’entre eux, dont la voiture est l’outil de travail, ce sont aussi des journées plus dures.
Cette mesure n’est pas comprise car elle ne répond pas aux aspirations des Français. Ils demandent des services publics de proximité, une vie plus facile. On leur impose une mesure qui fait grandir les distances autour d’eux.
Le Département œuvre au service de la sécurité routière
L’administration centrale ne peut pas non plus ignorer les collectivités locales qui représentent nos territoires. Elle doit respecter le travail des agents et l’engagement des élus.
Car oui, nous agissons résolument en faveur de la sécurité routière.
Nos services œuvrent au quotidien pour proposer des routes et des infrastructures, sûres et adaptées à la limitation.
Le contournement de Mirebeau-sur-Bèze où nous nous tenons aujourd’hui est l’exemple type de l’engagement de la Côte-d’Or au service de la sécurité routière et des automobilistes.
Il permet de désengorger la commune de la circulation des poids-lourds, de diminuer les temps de trajet, et de faciliter les transits entre Dijon et Vesoul.
Ce contournement, c’est un projet lancé en 2013. Un projet de long-terme financé par le Département et lui seul, pour un investissement total de 25 M € (18,4 M € aujourd’hui, 25 M € à échéance 2021)
Car, l’engagement du Département en faveur de la sécurité routière, c’est un investissement massif et durable, une planification de long-terme, pour garantir l’entretien et la sûreté des voiries, aujourd’hui et demain.
Nous suivons aussi de très près l’accidentologie sur les routes départementales.
Et que constate-t-on ?
Que la plupart des accidents mortels sont liés à des comportements à risque, alcool, drogue et très grande vitesse. Aucun n’est lié à l’entretien des routes départementales.
Ainsi, à la suite des accidents les plus graves nous réunissons régulièrement un collège d’experts en la matière rassemblant les services départementaux et les forces de l’ordre, avec pour objectif de toujours améliorer la sécurité de nos routes
Nous allons aussi créer un Observatoire départemental de la sécurité routière qui nous permettra de mener ce travail de veille plus efficacement, en menant cette analyse sur le long-terme.
Le Département remet aussi depuis 2008 le prix Christian Myon de la sécurité routière. Ce concours récompense les actions de sensibilisation aux dangers de la route. Les lauréats sélectionnés par le jury peuvent se voir décerner un prix maximum de 1.500 € pour les meilleurs projets.
90 km/h n’est pas une très grande vitesse. Une limitation plus stricte ne protègera pas les Côte-d’Oriens des comportements à risques.
Faisons confiance à nos concitoyens et à nos territoires.
Car si la mortalité a baissée sur les routes, c’est grâce au travail des ingénieurs sur nos véhicules, c’est grâce aux investissements des collectivités territoriales pour nos routes, c’est grâce au changement de comportement des conducteurs… Ce n’est pas grâce aux 80 km/h !
Au niveau national : Selon les chiffres de la sécurité routière (1er février 2020), 3239 personnes ont perdu la vie en 2019, soit une légère baisse de 0,3% par rapport à 2018, malgré la mise en place des 80 km/h.
Sur le Département : En 2010, 28 personnes ont été tuées sur les routes départementales de Côte-d’Or, 22 en 2019. Une diminution de 22%. Pour un total de 215 personnes entre 2010 et 2019.
Pour conclure, je veux donc vous remercier tous, nous faisons de grand progrès en matière de sécurité routière sur notre Département, et c’est surtout grâce à vous".