Pour Catherine Burille, maire de Léry (220 hab.) et professeur des écoles (de la petite section de maternelle au CP) : oui sur le fond, mais méthode à revoir...
L’une des mesures phares du gouvernement Hollande, la réforme du rythme scolaire, sera effective sur la totalité du territoire à la rentrée 2014. Elle prévoit le maintien de 24 heures de cours hebdomadaires pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires, mais reparties différemment, avec l'ajout d'une demi-journée le mercredi matin, sauf dérogation au samedi matin. La durée maximale de la journée de classe est fixée à 5 h 30, la durée maximale de la demi-journée à 3 h 30 et la durée minimale de la pause à la mi-journée à 1 h30.
L’association des grandes villes de France (AMGVF) chiffre à 150 euros/enfant le coût de la mesure. Une enveloppe de 250 millions d’euros a été promise par le gouvernement, dont profiteront essentiellement les communes qui réformeront leur rythme scolaire dès la rentrée 2013 : 50 euros/enfant (90 euros/enfant pour les communes bénéficiant de la Dotation de solidarité urbaine ou de la Dotation de solidarité rurale). Les communes ont jusqu'aux alentours du 1er mars pour indiquer si elles choisissent de passer à la semaine de 4 jours et demi en 2013 ou 2014.
Parmi les villes candidates à la réforme dès la rentrée 2013, Dijon qui va probablement entraîner à sa suite nombre de municipalités en Côte-d’Or. Ce qui ne se fera pas sans mal : les communes devront adapter leur offre tant au niveau des garderies et cantines que du périscolaire, alors que le conseil général devra repenser sa politique de transports.
Catherine Burille est professeur des écoles pour des petits de 2 à 5 ans mais aussi maire de la commune de Léry (220 habitants) et a donc une double expertise sur ce sujet.
Comme professeur des écoles, que pensez-vous de la réforme portée par votre ministre de tutelle, Vincent Peillon ?
Si cela se fait le mercredi matin, je suis pour. Nous aurons le temps d’asseoir les apprentissages calmement, car on ne travaille efficacement que le matin ! Pour les après-midis, il faudrait que nous puissions avoir accès à de vrais intervenants et à de vraies structures dans les domaines de la culture ou du sport.
En tant que maire de Léry cette fois-ci, qu’en est-il ?
Nous avons des inconnues : est-ce que la scolarité du mercredi matin entraîne l’ouverture d’une journée de cantine supplémentaire ? Comment dans ce cas gérer les transports ? Est-ce que les parents et la communauté ont les moyens de ce surcoût ?
Nous devons également penser à l’accueil périscolaire : mais un véritable accueil périscolaire, qui dépasse le gardiennage pour être véritablement pédagogique sera impossible pour des petites communes : il faut deux salariés, avec des compétences validées concernant l’accueil des enfants, des locaux adaptés… Dans ce cas, ce sont les communautés de communes qui vont prendre en charge, mais là encore, cela pose des problèmes d’organisation et de coût des transports. Je crains que des maires ne soient finalement livrés à eux-mêmes et ne finissent, faute de moyens, par décider de ne rien faire et laisser les « nounous », qui elles vont perdre des heures du fait de la réforme, récupérer ces heures le mercredi après-midi.
Au final, que penser de cette réforme ?
Dans l’intérêt de l’enfant, elle est la bienvenue. Mais elle n’a pas été suffisamment organisée en amont, il n’y a pas eu de concertation… Le fond est bon, mais la forme est politiquement incorrecte.
Lire à ce sujet :
Le site de l’association des maires des grandes villes de France : www.grandesvilles.org
Le site de l’association des maires ruraux de France : www.amrf.fr