Carte scolaire : les élus de la Nièvre tirent la sonnette d'alarme

07 avril 2026

Suite à l'annonce de la carte scolaire pour la rentrée 2026-2027 dans le département de la Nièvre, les élus et les acteurs éducatifs locaux se mobilisent. Dans une déclaration,les élus départementaux, les représentants des maires et les associations d’élus alertent sur la dégradation continue des moyens alloués à l'éducation sur le territoire, et annoncent leur décision de ne pas siéger au Conseil Départemental de l'Education Nationale (CDEN). 

"Madame la Directrice académique,
Au nom du Président du Conseil départemental de la Nièvre, des conseillers départementaux et des représentants des associations d’élus de la Nièvre, nous prenons la parole aujourd’hui avec gravité. Après moins 16 postes en 2023, moins 18 postes en 2024, moins 17 postes en 2025, vous nous annoncez aujourd’hui moins 8 postes dans nos écoles et moins 18 postes dans nos collèges, en précisant que notre département serait « le mieux loti de l’académie ». Comment dire ? Nous sommes déjà à l’os ! Il n’y a plus de marge ! Et pourtant, vous continuez.

À cela s’ajoutent les annonces de fermetures de formations supérieures ou professionnelles, notamment des BTS à Decize et Nevers ou encore du BAC pro de Varzy, qui viennent encore réduire les perspectives offertes à nos jeunes. Ce que vous appelez un ajustement, nous le vivons comme un affaiblissement organisé. Ce que vous présentez comme une répartition, nous y voyons une remise en cause progressive de l’égalité territoriale.

Nous dénonçons avec force une stratégie de la calculette, qui ne prend en compte ni le bien-être des enfants, ni les conditions de travail des personnels de l’Éducation nationale, ni les réalités concrètes de nos territoires. Car derrière les chiffres, il y a des classes surchargées. Il y a des enseignants épuisés. Il y a des élèves dont les conditions d’apprentissage se dégradent.

Aussi, nous nous opposons fermement et sans ambiguïté à cette carte scolaire. Non par posture. Mais par responsabilité, par lucidité face à la réalité du terrain et par attachement à un service public d’éducation digne de ce nom. Nous dénonçons également l’absence de cohérence des décisions annoncées. Comment justifier des fermetures de classes dans des établissements déjà sous tension ? Comment accepter des situations où les surfaces de classes ne permettent pas d’accueillir les effectifs envisagés, comme à Cosne ? Comment comprendre la fermeture d’une classe à l’école Jules Ferry à Nevers, au moment même où le Conseil départemental ouvre la Cité de l’enfance, avec des besoins éducatifs renforcés ? Comment expliquer que des décisions soient prises sur la base de données contestées, alors même que les acteurs de terrain – enseignants, élus, communautés éducatives – vous alertent avec précision ?

Nous dénonçons aussi une méthode inacceptable. La tenue du CDEN, avec une transmission des éléments de la carte scolaire seulement deux jours avant, ne permet ni un travail sérieux, ni un dialogue loyal. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. Ce n’est pas respectueux des élus locaux. Ce n’est pas respectueux des communautés éducatives.

Madame la Directrice académique, ce que nous vous disons aujourd’hui est simple. La Nièvre n’est pas un territoire d’ajustement. La
ruralité n’est pas une variable d’économie. Nos enfants ne sont pas des lignes dans un tableau. Nous vous demandons d’ouvrir enfin un véritable dialogue, fondé sur des réalités partagées et une ambition éducative digne de nos territoires, comme l’a proposé le Président du Conseil départemental dans le cadre du contrat « Nièvre, Terre d’ambition », construit avec le ministre Pap Ndiaye et signé avec le précédent recteur d’académie pour travailler, entre autres, une carte scolaire à trois ans.

Parce que derrière chaque classe fermée, il y a une commune fragilisée.
Parce que derrière chaque poste supprimé, il y a une promesse républicaine qui recule.
Parce que derrière chaque décision prise à distance, il y a une réalité que vous ne pouvez plus ignorer.

Dans ces conditions, et compte tenu de la gravité des décisions annoncées comme de la méthode employée, nous ne participerons pas à ce CDEN. Nous resterons pleinement mobilisés pour nos enfants, pour nos écoles et pour la Nièvre.

Je vous remercie."

Fabien BAZIN, Président du Conseil départemental de la Nièvre
Wilfrid SEJEAU, Vice-président du Conseil départemental en charge des collèges et de l’enseignement supérieur
Daniel BARBIER, Président de l’union amicale des maires de la Nièvre
Gilles NOEL, Président de l’association des maires ruraux de la Nièvre
Jean-Pierre CHATEAU, Référent départemental de l’association des petites villes de France

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