Petit trésor de Malbrans, l'ancienne tuilerie des Combes de Punay, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, est hélas en triste état. Une grande partie des bâtiments a déjà disparu après des effondrements en 2017 et 2023, le reste étant très menacé.
Les premières constructions remonteraient à 1839, sous l'impulsion de Charles Guyot de Vercia. La fabrication des tuiles était alors artisanale. Peu après, une machine à vapeur flanquée d’une cheminée de section carrée, destinée à mécaniser la production, fut installée dans un local construit à cet effet au bout du séchoir.
À la mort de Charles Guyot de Vercia, l'établissement fut légué à l’hôpital d’Ornans. Puis il changea plusieurs fois de propriétaires. En 1883, l’effectif était de 8 hommes, 2 femmes et 2 enfants. À la fin du XIXe siècle, la tuilerie fut rachetée par un marchand de bois, qui y annexa un atelier de scierie. Un châssis de scie vertical fut implanté dans la halle du séchoir. La machine à fabriquer des tuiles mécaniques fut installée avant 1913. Le fonctionnement de la tuilerie ne nécessitait plus que 4 personnes, celui de la scierie 2 ouvriers.
On aperçoit la partie supérieure des fours, chauffés au bois, l’aire d’enfournement étant aménagée environ quatre mètres sous le niveau du sol. La contenance du four était de 25 000 tuiles et 4000-5000 briques. La durée de la cuisson durait 5 jours.
La tuilerie a cessé son activité vers 1930, alors que la scierie a fonctionné jusqu’en 1965. Le châssis de scie vertical à lames multiples, très rare, vraisemblablement installé en 1900, était entrainé par la machine à vapeur. Aujourd'hui, le local de la machine à vapeur, sa cheminée et le long séchoir dominé par une Vierge pourraient encore être sauvés.
MALBRANS
Avec son clocher décalé encastré dans la maison voisine, l'église Saint-Marcellin étonne. Un joli portail donne accès à une nef toute simple. Elle fut reconstruite en 1854 après un incendie en conservant son clocher du XVIIIe siècle. Elle avait pris la place d'une chapelle du XVIe siècle. Sur le côté du sanctuaire, on remarque une jolie croix portant un Christ, le socle arborant les instruments de la Passion.
En face, la mairie école du XIXe siècle a perdu ses fonctions.
Les fermes anciennes, pour la plupart du XIXe siècle, retiendront les visiteurs de patrimoine rural. Parmi les belles granges accessibles par des plans inclinés, on s'attarde devant l'une d'entre elles bordé par un balcon à la rambarde en bois découpé.
De son côté, le lavoir a été réhabilité. Plusieurs croix ont disparu, mais au sud du village, on en trouve encore une portant un Christ.
Dominant la bourgade, le belvédère de la Vierge et sa table d'orientation attirent les visiteurs. Dressée sur une colonne en pierre entourée par quatre piliers, une Vierge à l'Enfant polychrome surveille la contrée.
La commune est connue des spéléologues avertis qui visiteront le gouffre de Vauvougier, à 1 km au nord, dans lequel plusieurs puits se succèdent.
À l'inverse, la grotte de la Colombière, 1 600 m au sud de Malbrans, reste plus facilement accessible.
André Beuchot