Info+ :
Pour rappel, la méthanisation est un processus de revalorisation, qui transforme des résidus agricoles, d’effluents d’élevages ou de biodéchets en biométhane. Chaque année en BFC, près de 150 000 tonnes de matières organiques sont transformées en énergie renouvelable. 168 000 tonnes de CO2 n’ont ainsi pas été rejetées dans l’atmosphère depuis 2015.
23 avril 2026
Alors que la situation géopolitique mondiale impacte fortement le secteur de l’énergie, et que le contexte climatique impose des transitions d’ampleur, GRDF appuie sur l’accélérateur pour renforcer la place du gaz vert, le biométhane, dans le mix énergétique en Bourgogne-Franche-Comté. Source de souveraineté et de valeur économique à l’échelle du territoire, son potentiel de production est estimé à 7,5 TWh à l’horizon 2050.
En Bourgogne-Franche-Comté, 810 communes sont alimentées en gaz avec les 12 500 km de réseau géré par GRDF. Alors que le gaz distribué est historiquement en majorité importé et issu des énergies fossiles, GRDF se fixe depuis plusieurs années comme priorité de transformer activement l’infrastructure pour passer au biométhane, un gaz « vert » produit localement et distribué aux bons endroits. Emmanuel Connesson, directeur adjoint clients territoires du groupe en régions Grand Est et Bourgone-Franche-Comté, alerte : « S’il faut commencer par diminuer notre consommation d’énergie, le réseau gaz continuera à avoir du sens dans la durée s’il contribue à émettre moins de CO2, permettant ainsi de lutter contre le réchauffement climatique en le maintenant à 1,5 degré ». La filière se structure depuis une dizaine d’années en ce sens, et entre dans une phase d’accélération dans la région. Aujourd’hui, le biométhane représente 6,8 % de la consommation régionale de gaz, soit celle de 130 000 logements récents. Alors que sa production atteindra le milliard de kWh d’ici fin 2026, son potentiel est estimé à 7,5 fois plus à l’horizon 2050. 28 sites de méthanisation sont en service en BFC et ce chiffre devrait doubler pour atteindre près de 60 sites d’ici 2030. « Certains départements comme la Côte-d’Or, l’Yonne et la Nièvre sont moteurs, mais il y a des dynamiques partout », précise Eric Passetti, directeur territorial en Bourgogne-Franche-Comté. Si l’agriculture est le principal secteur producteur, il n’est pas le seul. « À Besançon, un appel à manifestation d’intérêt est porté par la collectivité afin d’implanter deux méthaniseurs d’ici 3 ans. »
De multiples bénéfices pour les territoires
Cette montée en puissance de la filière biogaz présente plusieurs atouts pour les territoires. D’abord en contribuant à la souveraineté énergétique aux côtés de l’électricité. « Le système électrique ne peut pas tout absorber, notamment en hiver, pour couvrir les besoins de chauffage », signale Emmanuel Connesson. « Lors du pic de consommation, le système gazier fournit 115 GWh de puissance ». Plus d’une cinquantaine de communes de la région profitent de 50 à 100 % de gaz vert dans leurs réseaux. « Plus vous êtes proches d’un méthaniseur, plus vous utilisez du biométhane produit localement pour chauffer les bâtiments communaux, les maisons, l’eau pour les pâtes », poursuit Eric Passetti. La méthanisation sécurise également une partie des revenus des agricultrices et agriculteurs qui font face à de nombreux défis, et s’avère utile en termes de fertilisation puisque le « digestat », résidu produit par le processus, est un engrais naturel. En plus de l’aspect agronomique et environnemental, cette production locale « ramène de la valeur dans le territoire », ajoute Eric Passetti. « On parle de plus de 400 millions d’euros injectés dans l’économie régionale sur les 28 unités de méthanisation en fonctionnement.»
Accompagner la transition
« Le bon projet est celui qui est bien compris et qui correspond à la géographie et au potentiel du territoire », souligne Eric Passetti. Pour s’en assurer, GRDF travaille à l’appropriation des projets de méthanisation en faisant de la pédagogie en amont auprès des élus – en bâtissant des schémas directeurs de développement pour définir les endroits appropriés à l’implantation –, des citoyens, des agriculteurs. Un soutien qui perdure après l’installation, pour permettre aux porteurs de projets de profiter rapidement d’unités opérationnelles.