25 février 2026
Les MFR forment en alternance de la 4áµ? au BTS et, comme d’autres cursus, ces établissements offrent à leurs élèves la possibilité de réaliser un stage à l’étranger. Fortes de leur expérience dans le domaine, et avec le soutien du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne, les MFR accompagnent également d’autres acteurs de l’enseignement.
Dans l’esprit collectif, en rimant avec ruralité, les MFR ne sont pas les premiers organismes spontanément associés au programme Erasmus et aux séjours internationaux. Pourtant, en Bourgogne-Franche-Comté, 25 des 29 MFR ont sauté le pas et envoient leurs élèves au-delà des frontières de l’Hexagone, comme l’explique Jean-Yves Metin, responsable du pôle Europe et international pour la fédération régionale des MFR : « Erasmus représente le plus gros travail du pôle. Les MFR engagées proposent à leurs élèves, même mineurs, en bac pro ou en BTS, de partir trois semaines en stage professionnel en immersion à l’étranger. » Pour le service organisateur et les équipes pédagogiques, cette démarche n’est pourtant pas de tout repos puisque l’ensemble d’une promotion part de façon collective, dans un même territoire géographique, aux mêmes dates, impliquant de trouver des entreprises d’accueil regroupées. « Les équipes ont un réseau qui s’est construit dans le temps. En général, nous connaissons 90 % des entreprises d’accueil. » Une façon de procéder qui rassure les jeunes autant que leur famille. Sur l’année 2025-2026, 360 élèves partiront ainsi à l’étranger par groupe de 8 à 20.

Mutualiser les compétences
Pour financer ces départs massifs, le pôle Europe et international pour la fédération régionale s’occupe de solliciter les aides européennes. « Nous gérons les demandes mais nous accompagnons aussi les MFR pour garantir la rigueur nécessaire, demandée par l’Europe, ainsi que la qualité pédagogique attendue. » Cette expérience et cette connaissance des procédés et de l’administration, la fédération des MFR les met à disposition d’autres établissements de la région tels que des CFA ou des lycées professionnels pour qu’ils profitent de la dynamique collective. « Ce sont eux qui décident ou non d’ouvrir leur projet et nous accompagnons ensuite le référent mobilité de l’établissement. » Actuellement, 106 établissements ont rejoint le consortium piloté par la fédération des MFR pour faire bouger un total de 1 400 personnes en 2025-2026, élèves mais aussi personnels.
Une banque volontaire
Le financement européen atteint ainsi cette année 3,4 millions d’euros. Une somme qui a encouragé l’Union européenne à solliciter un cautionnement afin de sécuriser le financement. « Nous nous sommes naturellement tournés vers le Crédit Agricole pour obtenir un cautionnement bancaire car c’est notre banque historique et que la dimension rurale nous réunit. » Pour le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne, la démarche est nouvelle, ce qui ne l’a pourtant pas empêché de répondre positivement à la demande en apportant une offre sur-mesure. « Ce soutien de la banque nous permet d’obtenir une avance sur la subvention et ainsi d’avoir la trésorerie nécessaire pour que les établissements paient les billets d’avion, de train et bloquent les hébergements. » Une bouffée d’oxygène comptable qui aide à patienter jusqu’au versement de la totalité de la subvention européenne en fin de projet, parfois, longtemps après. Et des élèves de partir découvrir l’Europe et le monde, l’esprit plus tranquille.
Nadège Hubert