22 janvier 2026
Les Rencontres Je-décarbone Bourgogne-Franche-Comté 2026 se déroulaient ce 22 janvier à la maison des entreprises de Dijon. Industriels et acteurs de l’énergie régionaux se sont donné rendez-vous pour échanger, témoigner et s’informer sur la décarbonation et l'optimisation énergétique de l'industrie.
Urgo, Delfingen, So Bag, ces trois industriels ont témoigné, comme d’autres, pendant les rencontres Je-décarbone qui se tenaient à Dijon ce 22 janvier. Chaque industrie a présenté sa façon d’opérer une transition énergétique et environnementale. Leader dans le domaine de la santé, les laboratoires Urgo ont lancé un important investissement en 2021 à hauteur de 22 millions d’euros. « Nous voulions réduire notre impact en installant des énergies renouvelables. Nous avions le choix entre le photovoltaïque et la géothermie », détaille Denis Frerot, chargé de projet chez Urgo. Le groupe, qui compte 1 000 collaborateurs en Côte-d'Or, a ainsi engagé 800 000 euros pour installer un système de géothermie pour son nouveau centre logistique de 16 000 mètres carrés à Ouges. Inaugurée en octobre 2024, la solution répond aux attentes d’Urgo qui utilise surtout l’énergie pour maintenir le site en température. « L’énergie issue du sol couvre 80 % de nos besoins en énergie, chaud en hiver et froid en été. Nous avons réduit nos consommations d’énergie de 30 %. » Pendant son témoignage, le chargé de projet a souligné que l’Ademe avait soutenu cette installation à hauteur de 375 000 euros, soit 40 % du budget.
Multiplier les exemples pour inspirer
De son côté, Delfingen, équipementier automobile, a réinterrogé son modèle économique et réorienté son marché pour répondre au mieux aux SCOP 1, 2 mais surtout 3. Enfin, le fabricant de big bags de Saône-et-Loire So Bag a multiplié les actions pour réduire son impact carbone. « Grâce au réseau Vitagora, nous avons été mis en relation avec EDF. Nous avons travaillé sur le SCOP 1 et 2. Concrètement, nous avons installé des panneaux solaires mais nous avons pensé global et à long terme en refaisant le toit et l’isolation. Aujourd’hui, nous profitons de 45 % d’autoconsommation mais nous sommes aussi producteurs d’électricité. Demain, nous produirons en coopération avec nos voisins. » Directeur général de l’entreprise, Nicolas Chevalier a également mentionné la mise en place d’un système d’aspiration qui contribue au chauffage en hiver et au refroidissement en été. Pour s’attaquer au SCOP 3, celui qui correspond aux émissions indirectes, le responsable a souligné que 50 % de l’empreinte carbone de So Bag concernent la fin de vie de son produit. « Il n’y avait pas de filière existante donc on s’est dépatouillé tout seul et on a trouvé le partenaire. » En 2027, So Bag pourrait recycler 200 tonnes de big bags, soit 60 % du volume que l’industriel met sur le marché en une année. « On convertit peu à peu les industriels à s’inscrire dans la démarche. » En parallèle, So Bag développe un big bag à base de chanvre produit dans la région qu’il devrait mettre sur le marché en avril prochain.

Savoir vers qui se tourner
Les rencontres Je-décarbone ont également donné la parole à des partenaires prêts à accompagner les entreprises dans leur démarche. La CCI régionale a ainsi présenté les parcours TEE, technique énergie environnement et la démarche Prorefei. « Le but est de faire monter en compétences et de piloter un management de l’énergie efficace et durable », a précisé Claire Nicolas, directrice régionale de la transition écologique. La démarche intègre une formation en trois modules en s’appuyant sur un stage de deux jours et du coaching individuel sur site.
L’Ademe, par la voix d’Antony Celli, ingénieur décarbonation de l’industrie, a détaillé un outil et une méthodologie visant à construire une transition : ACT pas à pas. « Après un bilan carbone initial qui sert de point de départ, ACT fixe un objectif et une trajectoire bas carbone avec un échéancier et des objectifs intermédiaires. » La transition climatique nécessite également des personnes afin de piloter le plan de transition climatique tout en l’adaptant et en l'intégrant à la stratégie globale de l’entreprise. L’Ademe peut financer tout ou partie des accompagnements.
Nadège Hubert