15 juin 2025
Le groupe SEB, spécialiste des articles culinaires et du petit électroménager, a investi 30 millions d’euros à Til-Châtel pour se doter d’une nouvelle plateforme logistique. Ce nouvel équipement participe pleinement de la vie économique du territoire.
Il était une fois un rétameur ambulant, Antoine Lescure, qui décida de s’installer à Selongey en 1857. Au fil des ans, l’activité de l’artisan est devenue une PME puis un groupe international aux 33 000 salariés dont 500 en Côte-d’Or. L’entreprise a en effet maintenu son implantation historique à Selongey où elle produit désormais ses célèbres autocuiseurs mais elle dispose également d’une usine de reconditionnement à Is-sur-Tille. Un nouvel équipement vient désormais renforcer son ancrage local puisque le groupe a dégagé une enveloppe de 30 millions d’euros pour construire une plateforme logistique.
« C’est un bâtiment de 36 000 mètres carrés où 52 000 palettes pourront être stockées. Nous y recevrons et expédierons les autocuiseurs venus de Selongey mais aussi les poêles et les casseroles fabriquées à Tournus et à Rumilly » souligne Jean-Baptiste Pavec, responsable des entrepôts SEB en Europe de l’Ouest. Le nouveau site compte également 30 places de poids lourds et 37 quais de déchargement.

Dynamique économique rurale
Le fabricant d’articles de cuisine s’est installé sur un terrain de 18 hectares. « Initialement, notre PLU voté en 1994 prévoyait 100 hectares de terrain économique non viabilisé à trois kilomètres du village » explique Alain Gravelet, maire de Til-Châtel. Depuis, le PLU a été modifié, réduisant la surface à 30 hectares. La municipalité a été confrontée à un problème pour réaliser la viabilisation du site. « La COVATI a amené l’eau et l’électricité car c’était compliqué pour nous techniquement et financièrement. » Le maire se réjouit de l’installation de la multinationale. « Ça va amener des emplois locaux ainsi que du travail aux entreprises locales. » De son côté, Luc Baudry, président de la communauté de communes des vallées de la Tille et de l’Ignon, COVATI, veut développer l’économie sur son territoire. « S’il y a des emplois, il faut ensuite des commerces et des services, cela crée une dynamique qui apporte de nouveaux habitants. » Alors que la collectivité se réjouit de compter 14 000 habitants dont 1 162 à Til-Châtel, le nouveau centre logistique devrait créer une cinquantaine d’emplois sous l’enseigne Rhenus à qui SEB a confié la gestion du site.

Industrie et ruralité
Bien que cette implantation, facilitée administrativement par la communauté de communes, soit une bonne chose, le maire s’inquiète toutefois des conséquences de la loi Climat et Résilience qui, selon lui, met le monde rural sous cloche, rendant la réindustrialisation nationale complexe en raison des normes environnementales.
« Notre région s’inscrit comme les bons élèves de l’industrialisation mais c’est un défi à relever en permanence. L’industrie a un impact vertueux tant sur le social que sur la démographie. Nous devons prouver aux jeunes que notre territoire peut offrir un avenir enviable » a souligné le préfet de la région, Paul Mourier, présent pour l’inauguration. Pour lui, la Bourgogne doit encore jouer cette carte de la logistique en raison de son emplacement stratégique, au carrefour de l’Europe. « Til-Châtel est un centre de gravité pour les flux » a précisé Jean-Baptiste Pavec, qui entend livrer la France, mais aussi la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas depuis la nouvelle plateforme. « La logistique est la part cachée de la stratégie. Nous croyons à l’industrie, à la France et à l’avenir » a conclu Thierry de la Tour d’Artaise, président du groupe SEB.
Nadège Hubert
