Morteau : une communauté engagée pour sécuriser la ressource en eau

27 mars 2026

En première ligne face à la crise, la commune de Morteau repense en profondeur son approvisionnement en eau potable, afin de le sécuriser. Interconnexion, modernisation des infrastructures, sensibilisation de la population… la municipalité active tous les moyens à sa disposition et invite l’ensemble des territoires à s’emparer de cette problématique désormais collective.

Depuis 2018, la commune de Morteau fait face chaque année à des tensions en approvisionnement en eau potable. « Nous avons connu un point de bascule cette année-là, avec des inondations jamais vues sur le premier semestre et une sécheresse record de juin à novembre. La commune a dû être alimentée par camion-citerne », détaille le maire Cédric Bôle. Historiquement, la commune se fournissait principalement auprès de la commune de Montlebon et complétait le tiers restant de ses besoins grâce à sa propre unité de production. « Sur les 1600 m³ dont nous avions besoin chaque jour, environ 600 m³ servaient à alimenter le syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable du plateau des Combes, qui approvisionnait les communes des Combes, de Fournets-Luisans et de Fuans », précise l’élu. Pour sécuriser sa situation, la commune de Morteau suit alors plusieurs pistes. Sur les conseils de l’ARS (l’agence régionale de santé), elle met en place un système d’ultrafiltration dans le Doubs. Elle opère par ailleurs une interconnexion avec le syndicat du haut plateau du Russey, « mais la capacité était limitée ». Finalement, la municipalité décide d’interconnecter le syndicat du plateau des Combes au syndicat mixte des eaux de la Haute-Loue (SIEHL) « qui a des capacités abondantes de production en eau potable ». Ainsi, depuis l’an dernier, Morteau n’a plus besoin d’approvisionner le syndicat du plateau des Combes et peut même alimenter les hauteurs de Morteau.

Sécuriser la production de Montlebon

Il restait donc à sécuriser l’approvisionnement auprès de l’unité de production de Montlebon. C’est chose faite, depuis la signature d’une convention entre les deux communes mi-mars. Elle encadre d’une part l’engagement de la commune de Montlebon à réaliser d’importants travaux sur ses équipements de production (changement du système pour optimiser la production) et de traitement de l’eau (modernisation des équipements). Soit un investissement de 1,2 million d’euros. D’autre part, elle formalise la participation de Morteau à hauteur de 57 % du total des investissements et garantit l’achat d’un certain volume d’eau chaque année.
A noter que ces ajustements nécessaires auront aussi un impact financier pour la population : Cédric Bôle précise que le prix du m³ d’eau potable va augmenter de 50 centimes en 2026.

Une commune engagée pour protéger l’eau

Confrontée directement par les conséquences d’un manque d’eau, la commune agit pour réduire sa consommation : « Nos services techniques utilisent uniquement de l’eau pluviale. Nous investissons régulièrement pour maximiser les performances de nos réseaux. Aujourd’hui, 90 % fonctionnent de manière optimale ». La municipalité sensibilise également sa population aux bonnes pratiques de consommation, notamment en période de sécheresse. « L’eau est une denrée rare, nous l’avons bien vu ces dernières années. Il faut rester vigilants », insiste l’édile. Il ajoute que, loin de se cantonner à Morteau, la question de l’approvisionnement en eau potable concerne l’ensemble des territoires. Et qu’il reste encore bien du chemin à parcourir pour s’emparer pleinement du problème. « La notion de gestion des risques n’est encore pas suffisamment abordée. Comment réagir en cas d’une ressource complètement tarie, ou de sources polluées ? Quelles sont les interconnexions entre les territoires ? C’est un sujet d’avenir, qui nous concerne tous ».

Déborah Vital