« 6 mois intenses s'annoncent pour les élus », Patrick Genre, président de l'AMF 25

26 mars 2026

À l’aube de rendre son « écharpe » de président de l’AMF 25, Patrick Genre revient sur ces dernières élections, les défis qui attendent les nouveaux maires mais aussi la façon dont l’Association des maires du Doubs pourra les épauler.

Quel regard portez-vous sur les dernières élections municipales ?

Patrick Genre : « Plus de 80 % des élus ont été élus dès le premier tour. Avec la nouvelle loi électorale, la plupart des communes n’avaient qu’une liste, voire deux. Le fait de ne plus avoir la possibilité de panacher a modifié les habitudes des électeurs. D’ailleurs, le taux de bulletins nuls dépasse les 15 %, plus élevé qu’à l’accoutumée, sans doute car, volontairement ou non, les électeurs ont continué à modifier les bulletins. Du fait des listes réduites, je ne m’attendais pas à un taux de participation si important dans les plus petites communes, tandis que les grandes villes ont fait baisser les statistiques. »

Quels sont les enjeux du mandat qui débute ?

PG : « Les élus vont être confrontés à un environnement incertain. D’abord à l’échelle internationale mais qui impacte le local au niveau du prix du carburant et du pouvoir d’achat des habitants. Ensuite, l’environnement budgétaire et financier va contraindre les élus et ils devront travailler pour dégager de l’épargne et continuer à investir. La politique nationale avec les élections présidentielles et législatives contribuera à créer une instabilité puisque nous allons traverser une année de campagne. Et bien sûr, il y a l’environnement social et économique qui en découle.

Dans ce contexte, il faut trouver des solutions pour répondre aux attentes des habitants, que ce soit quant au développement urbain, au monde associatif, aux mobilités douces, à la sécurité… »

Ça s’annonce plus dur d’être maire ?

PG : « Ça a toujours été dur d’être un élu, surtout alors que les budgets seront particulièrement difficiles à boucler. Parfois, le programme électoral ne pourra sans doute pas être transformé en projet pour cette raison. Malgré tout, c’est un mandat excitant, fait de proximité, de contact, face aux réalités du terrain et à la population. 

Les réseaux sociaux font aussi beaucoup de mal avec des comportements outranciers, comme on a pu le voir pendant les campagnes. »

Comment l’association des maires du Doubs peut-elle faciliter les choses aux élus ?

PG : « Nous avons travaillé au local et au national sur ce point. Le dimanche soir à 19h00 on est un citoyen lambda et à 20h00, on devient responsable d’une ville ou d’un village sans y être formé. En collaboration avec la préfecture, le Département et l’AMR 25, nous travaillons sur un programme de formations, en présentiel ou en distanciel. Les nouveaux élus seront d’ailleurs réunis en préfecture d’ici la fin avril, mais toute l’année ils sont accompagnés sur les sujets importants comme l’urbanisme, le budget, l’état civil. Ils peuvent ensuite solliciter des formations plus spécifiques.

Plus tard, nous poursuivrons aussi les formations dispensées par le GIGN sur la négociation ou les situations de crise pour répondre aux incivilités que subissent les élus. Nous reconduirons aussi le travail engagé sur le plan communal de sauvegarde qui doit être mis à jour. En attendant, six mois intenses s’annoncent pour les nouveaux élus mais aussi pour les anciens. »

Propos recueillis par Nadège Hubert