AMD : La force du collectif

AMD : La force du collectif

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Photo ©CUENOT Pauline


24 juin 2026

Nouveau président de l’association des maires du Doubs, Jean-Claude Grenier, maire de l’Hôpital du Grosbois et président de la Communauté de communes Loue Lison, entend s’appuyer sur la force du collectif pour écouter les problématiques mais surtout proposer des solutions.

Echo des Communes : En vous portant candidat à la présidence de l’AMD, vous avez mis l’accent sur le collectif, pourquoi ?

Jean-Claude Grenier : « Nous avons un territoire rural avec plus de 560 communes et chacune doit se retrouver dans l’association. Les responsables de l’AMD, représentants et ambassadeurs des territoires, doivent aller sur le terrain pour les rencontrer. Nous ne devons pas nous contenter de proposer une information descendante. Un élu parle plus librement chez lui, donc je veux aller à leur rencontre, que ce soit dans les cantons ou les EPCI. Nous enregistrons 30 % de renouvellement sur ce mandat. Nous devons rencontrer en priorité ces nouveaux maires mais voir aussi les anciens, pour identifier leurs problématiques mais aussi être force de proposition. On ne peut pas se contenter de dire ce qui ne va pas, nous devons être force de proposition. Les élus font preuve de bon sens sur leur territoire, il faut partager leurs solutions à d’autres et les faire remonter au national. »

EdC : Quels sont les défis et priorités du mandat ?

J.-C. Grenier : « L’autonomie financière des collectivités locales s’inscrit comme la première priorité selon moi. Avec la suppression de la fiscalité, la taxe d’habitation, l’État a placé les communes sous tutelle en la remplaçant par des dotations. Au fil du temps, les budgets baissent et les élus se retrouvent étranglés sans avoir la possibilité de prélever l’impôt comme elles le souhaitent. Chaque collectivité doit pouvoir se projeter avec une dotation pérenne, sans devoir attendre la loi de finances pour savoir ce qu’elle pourra faire. Elle est obligée d’attendre pour initier ses projets et cela impacte l’économie locale. »

EdC : La loi ZAN est votre deuxième dossier, n’est-ce pas ?

J.-C. Grenier : « Oui. Si réduire la consommation d’espaces est nécessaire, l’application est complexe. On se confronte à une incohérence avec d’un côté la volonté de réindustrialiser et de l’autre la loi ZAN. On n’oublie pas qu’il faut s’occuper de la réhabilitation des friches, mais il nous faut des moyens en face. Je pense par exemple à notre zone frontalière en souffrance. Il faut une stratégie cohérente qui prenne en compte le besoin de développement économique du territoire. Les élus doivent avoir plus de liberté pour installer des entreprises alors que la loi ZAN est trop restrictive pour intégrer de nouveaux projets. »

EdC : Le département du Doubs est pilote sur la réorganisation de la carte scolaire. Les maires sont ainsi aux premières loges, qu’en est-il pour vous ?

J.-C. Grenier : « Nous subissons une baisse démographique importante, mais le calcul sur le nombre de classes ne doit pas se limiter à tant d’enfants en moins, c’est tant de classes qui ferment. Le raisonnement ne peut pas simplement se faire en chiffres. Il faut s’interroger sur ce que l’on veut pour l’école de demain, pour la qualité d’éducation de nos enfants, mais aussi prendre en compte la dimension rurale, très différente d’une école de ville. Le transport, le temps acceptable de déplacement, les services périscolaires et extrascolaires doivent être pensés. Les regroupements, c’est bien, mais il faut adapter les services et là encore, c’est une question de moyens. Nous aimerions une étude d’impact pour chaque secteur mettant en avant les coûts grâce à une ingénierie financée. L’État met un instituteur, mais derrière, il y a des bâtiments, des équipes. Sans moyens, c’est facile de remettre la responsabilité sur les maires qui ne pourront pas faire. Le service public de la petite enfance, reporté à septembre 2027, vient s’ajouter encore à la problématique. »

EdC : En conclusion, quelle est votre ambition pour ce mandat à la tête de l’AMD ?

J.-C. Grenier : « Ne pas attendre que l’on nous trouve des solutions, faire remonter nos propositions ! »

Propos recueillis par Nadège Hubert