SNCF Réseau a souhaité sensibiliser les usagers de la route à leur interaction avec les passages à niveau. À Arc-et-Senans, les équipes se sont mobilisées pour prévenir les comportements à risque, encore trop nombreux.
Le dernier accident mortel au passage à niveau d’Arc-et-Senans date de 2013, mais sur les 937 autres passages à niveau de Bourgogne-Franche-Comté, d’autres accidents se sont produits dans l’intervalle. « Tous les passages à niveau présentent un risque », rappelle Maxime Chatard, directeur territorial SNCF Réseau pour la région. Le Doubs compte pour sa part 129 passages à niveau. Celui d’Arc-et-Senans présente de bonnes conditions de traversées avec une visibilité de la route autant que des voies. « 2 000 véhicules passent ici chaque jour, dont 1,5 % de poids lourds. » Malgré une situation favorable, il peut arriver que des conducteurs de poids lourds, des automobilistes, des cyclistes ou encore des piétons tentent une traversée alors que les barrières se sont abaissées, que les voyants sont au rouge et que les alarmes alertent les usagers. « 22 trains empruntent chaque jour ces voies, que ce soit des trains de fret, des Mobigos ou encore des TGV. »

Pendant plusieurs heures, les équipes de SNCF Réseau, entourées des gendarmes et de bénévoles de la Sécurité routière, ont sensibilisé les véhicules à ces traversées à risque. « Nous avons un objectif commun : préserver des vies. Les accidents sur les passages à niveau sont marginaux dans le Doubs, mais ils coûtent cher car sur sept accidents, nous avons enregistré quatre décès », précise Stéphane Prat, responsable de l’unité de la Sécurité routière du Doubs. Il rappelle également qu’un train lancé à 90 kilomètres-heure aura besoin de 800 mètres pour pouvoir s’arrêter, soit dix fois plus, tandis qu’il pèse 1 500 tonnes. « L’issue ne peut être que tragique. »

La sécurité, une responsabilité partagée
En 2026, SNCF Réseau investira 4,4 millions d’euros en région pour améliorer encore la sécurité aux passages à niveau. Plusieurs expérimentations sont déjà en place pour gagner encore en visibilité et en sécurité, telles que la vidéoprotection qui commence à se déployer. Pourtant, comme ailleurs sur les routes, l’inattention s’inscrit comme une raison majeure des accidents qui se produisent. « Le facteur inattention prend de plus en plus de place jusqu’à représenter 30 % des motifs d’accidents corporels. Il n’y a pas que le téléphone en question, mais aussi le fait d’être perdu dans ses pensées », explique Stéphane Prat. 98 % des accidents qui surviennent lors du franchissement d’un passage à niveau sont liés au non-respect du code de la route, à un comportement à risque ou à une vitesse excessive.

En France, 16 millions de véhicules traversent chaque jour les 15 000 passages à niveau de l’Hexagone. Dans leur globalité, ils se ferment 300 000 fois par jour. Pour rappel, à l’approche d’un passage à niveau, le code de la route encourage à ralentir mais surtout à s’arrêter quand les barrières et les signaux lumineux et sonores se mettent en marche.
Nadège Hubert