L'emploi frontalier marque un net ralentissement en Bourgogne-Franche-Comté

01 juin 2026

Dans une étude parue en mai 2026, l'Insee Bourgogne-Franche-Comté révèle que l’emploi frontalier vers la Suisse ralentit nettement en 2025 après une progression soutenue en 2024. Loin d'être "la fin d'un eldorado", cette dynamique s'explique de plusieurs façons. 

48 500 Bourguignons-Francs-Comtois travaillent en Suisse. Un chiffre élévé, qui interpelle pourtant parce qu'il ne croît presque plus. Dans une étude, Jérôme Mathias et Thésée Sztrakoniczky de l'Insee, révèlent que l'an dernier comme en 2024, l'emploi frontalier ralentit davantage dans la région qu'au plan national. "En Bourgogne-Franche-Comté, sept frontaliers sur dix résident dans le Doubs (34 300 navetteurs). Dans ce département, les flux de frontaliers ne progressent plus (+0,1 % sur un an, après +1,3 % en 2024 et +6,4 % en 2023). Les quatre intercommunalités du bassin du Haut-Doubs, principalement orientées vers les cantons de Neuchâtel et du Jura, enregistrent un recul du nombre de travailleurs frontaliers dans un contexte de repli de l’emploi horloger en Suisse. Le repli concerne également le pays de Montbéliard-Agglomération. La communauté de communes du Val de Morteau perd la première place en nombre de frontaliers avec désormais 5 700 navetteurs (-1,6 % en un an)."

Ce ralentissement vient du repli de l'industrie manufacturière et de l'horlogerie, qui s'inscrit dans un contexte de forte hausse des droits de douane aux États-Unis, et de ralentissement de l'écononomie chinoise. D'après l'étude, "les frontaliers bourguignons-francs-comtois sont davantage exposés à cet aléa conjoncturel que ceux d’Auvergne-Rhône-Alpes, dont la progression, bien que ralentie, persiste (+2,4 %)".

Les activités présentielles soutiennent l’emploi frontalier

En revanche, l'étude souligne que le nombre d'emploi frontaliers progresse dans les services aux entreprises, qui affichent une dynamique positive (+4,3 %), notamment dans le nettoyage et la programmation informatique. Le secteur de la santé se distingue particulièrement, avec une progression de 5,0 %, représentant à lui seul près de 70 % des créations nettes d’emplois sur un an. D’autres secteurs comme le commerce, la restauration ou la construction poursuivent leur croissance, bien qu’à un rythme plus modéré qu’au cours des années précédentes.

Accéder à l'intégralité des données sur le site de l'Insee BFC