La première pierre de la future légumerie départementale a officiellement été posée à Auxonne. Avec un investissement de six millions d’euros, le Conseil départemental poursuit sa stratégie de souveraineté alimentaire.
Après l’inauguration du pôle de maraîchage de Perrigny-lès-Dijon en mai dernier, le Conseil départemental de Côte-d’Or a posé la première pierre de sa future légumerie qui verra le jour à la rentrée 2027 à Auxonne grâce à un investissement de six millions d’euros. « Ça n’a pas été facile de trouver le lieu pour cette légumerie et finalement ce sera ici, sur un territoire connu pour son histoire maraîchère et la qualité de ses légumes », explique Fabrice Vauchey, maire d’Auxonne, tandis que Marie-Claire Bonnet-Vallet, présidente de la communauté de communes Auxonne Pontailler Val-de-Saône, met l’accent sur l’indispensable confiance qu’a nécessité ce projet ainsi que l’implication des différents acteurs. « Tout projet demande de la détermination mais aussi le travail d’hommes et de femmes qui ont décidé que ce projet allait aboutir. Devant la difficulté, nous aurions pu détourner le regard et jeter l’éponge sans nous soucier de l’origine des produits, mais nous ne l’avons pas fait. »

Nourrir et éduquer
Dans un bâtiment de 840 mètres carrés, les légumes en provenance du pôle de maraîchage départemental mais aussi des exploitations agricoles de Côte-d’Or seront lavés, coupés et prêts à l’emploi pour rejoindre les cantines d’une quarantaine de collèges. « Il faut reconnecter ce que mangent les enfants à la cantine avec ce qui est produit à proximité. Le bien manger est un enjeu de santé publique », estime Marie-Claire Bonnet-Vallet. « Nous avons voulu faire de la légumerie un lieu d’éducation au goût, à la saisonnalité et à la lutte contre le gaspillage », complète François Sauvadet, président du conseil départemental. Ce sera également un lieu d’insertion pour 5 à 15 personnes éloignées de l’emploi et un projet à fort impact économique local puisque 10 des 16 entreprises intervenant sur le chantier se situent en Côte-d’Or, les autres, dans les départements voisins de la région.

Penser global
Alors que la légumerie pourra transformer 50 tonnes de produits la première année et jusqu’à 200 tonnes ensuite, l’équipement s’inscrit dans la stratégie de souveraineté alimentaire portée par le département. « C’est un enjeu aussi puissant que la souveraineté énergétique », a souligné le président.
Sur la même plateforme que la légumerie, une cuisine centrale est vouée à sortir de terre en 2029. Porté par la communauté de communes Auxonne Pontailler Val-de-Saône et celle du Mirebellois-Fontenois par l’intermédiaire d’un syndicat mixte, le projet nécessitera lui aussi une enveloppe de six millions d’euros et bénéficiera du soutien financier de l’État, du Département et de l’Europe. Une façon de répondre au souhait de François Sauvadet de « maitriser la chaine alimentaire. »
Nadège Hubert

